Week-ends

Un week-end à Arras

img 20210626 140436

À Arras, on se promène le nez en l’air ! Pour admirer le beffroi ou les superbes maisons entourant les places, pour s’assurer que le plafond ne touche pas votre tête dans les boves ou la carrière Wellington, pour contempler les œuvres du musée des Beaux-Arts ou de la Cathédrale… En me promenant dans la capitale du Pas-de-Calais, j’ai également découvert qu’Arras a un très joli héritage Art Déco (mon dada) en plus d’un patrimoine de mémoire marqué par la Grande Guerre.

Arras n’est pas une ville très étendue et vous pouvez en parcourir tout le centre à pied. Si vous venez en voiture, je vous recommande de vous garer sur l’un des vastes parkings relais gratuits (Crinchon, Aquarena, Citadelle, Marseille) puis d’utiliser « Ma Citadine« , la navette électrique gratuite qui traverse la ville de long en large.

L’Office de Tourisme

Avant tout, passez à l’Office de tourisme pour obtenir de la documentation, réserver une visite guidée ou acheter un joli souvenir dans la boutique. Situé au rez-de-chaussée de l’Hôtel de Ville, l’Office de Tourisme propose de nombreuses visites guidées : les boves, la montée au beffroi, l’Hôtel de Ville, mais aussi des visites spécifiques durant l’été (le cœur de ville, la Citadelle…). Il est ouvert tous les jours de l’année, sauf Noël et jour de l’An.

Horaires : du lundi au vendredi : de 14h à 18h. Samedi et dimanche : de 10h à 12h et de 14h à 18h.

Plus d’infos sur les visites sur le site « Arras Pays d’Artois Tourisme »

office tourisme arras

L’hôtel de ville d’Arras

Situé sur la Place des Héros, le magnifique hôtel de ville d’Arras est sans doute le monument le plus célèbre de la ville.

img 20210626 140331

La construction de l’hôtel de ville a débuté en 1501, en lieu et place de l’ancien échevinage. Agrandi en 1517 et 1572, restauré en 1867, il est resté debout jusqu’à la Première Guerre mondiale, durant laquelle il a été presque entièrement détruit par l’artillerie allemande.

arras bombarde hotel de ville
Carte postale issue de Wikipedia ; éditions Lévy fils & Cie à Paris

Il a été reconstruit (en béton armé) presque à l’identique entre 1924 et 1932, sur décision de Pierre Paquet, architecte des monuments historiques chargé de la Reconstruction à Arras.

Le bâtiment est inspiré de l’hôtel de ville de Saint-Quentin, dont on retrouve le style lorsqu’on regarde sa façade : des arcades en arc brisé, un premier étage composé de fenêtres en arc brisé en dessous d’œils-de-bœuf, un toit pointu composé de lucarnes et recouvert d’ardoises.

En réalité, l’hôtel de ville d’Arras se divise en deux parties : la première halle construite à partir de 1501 (la « façade ») est d’un style gothique flamboyant et les pavillons ajoutés par la suite en retrait (« l’arrière ») sont de style Renaissance.

img 20210626 140036

La décoration intérieure de l’hôtel de ville d’Arras dévoile quant à elle trois époques différentes : néogothique (les voûtes en croisées d’ogives dans l’entrée), néo-Renaissance flamande (la splendide tapisserie marouflée de la salle des fêtes) et Art déco (les grilles en fer forgé, l’escalier, les bureaux aux étages, les luminaires, les vitraux aux formes géométriques…). L’ensemble est pourtant homogène et d’une grande élégance.

img 20210826 095945
img 20210826 145657
img 20210826 145725
img 20210826 145758
img 20210826 145831
img 20210826 153226

La salle du Conseil impressionne par son style sobre et l’élégance du chêne de Hongrie, du sol au plafond, sur le parquet, les meubles et le plafond à caissons. (Pour l’anecdote, les Allemands durent payer des dommages de guerre à partir de 1919, ce chêne représente un paiement en nature). On peut également admirer de superbes luminaires Art déco.

img 20210826 151852
img 20210826 152017

Mais c’est surtout la grande peinture chatoyante qui attire l’œil.
Réalisée par le peintre arrageois Charles Hollart en 1932, elle est intitulée « Arras renait dans le travail et la paix ». Elle représente des figures de l’art et de la culture d’Arras et des objets caractéristiques de la ville : le trouvère Adam de la Halle et le poète Jehan Bordel, la tapisserie (jusqu’à la fin du 15e siècle, les tapisseries d’Arras étaient renommées au point que, dans toute l’Europe, on n’utilisait plus le mot « tapisserie », mais « arrazi »), la porcelaine bleue d’Arras, la dentelle…
Le pan figurant au centre est le Plan d’alignement et de recréation de la ville d’Arras, réalisé après la Grande Guerre.

img 20210826 152740

(Si vous voulez voir un exemple de tapisserie « arrageoise », aller admirer « une Histoire de saint Piat et saint Éleuthère » au trésor de la cathédrale de Tournai. À Arras, l’incendie du palais Saint-Vaast en 1915 a détruit la quasi-totalité des collections sorties des ateliers de la ville.).

Dans la salle des Mariages, la grande toile marouflée de Gustave Louis Jaulmes – réalisée en 1925 – est une allégorie du Printemps, évoqué par des paysages rappelant la région, des femmes, des enfants, des oiseaux, des fleurs… Peu d’hommes sont présents, sans doute parce qu’ils étaient peu nombreux à la sortie de la Grande Guerre.

img 20210826 152943
img 20210826 153156
img 20210826 153202

S’il y a bien un endroit à ne pas rater lorsque l’on visite l’Hôtel de Ville d’Arras, c’est la Salle des fêtes ! Vous pouvez y admirer, sur les quatre murs, limmense et foisonnante fresque de Charles Hoffbauer représentant la vie journalière des habitants d’Arras au début du 16siècle.

img 20210826 154110

Inspiré par les peintures de Brueghel l’Ancien et des illustrations anciennes, Hoffbauer a créé entre 1931 et 1932 un ensemble de 800 personnages : kermesse et ses danseurs, musiciens et convives, place du marché où des villageois vendent leur production, vie domestique des femmes, fileuses avec leur quenouille, tisserand travaillant à sa tapisserie, procession religieuse, cortège des échevins, métiers des artisans… Si vous regardez bien, vous découvrirez une foule de détails amusants ou pittoresques.

img 20210826 153402
img 20210826 153408
img 20210826 153455
img 20210826 153459
img 20210826 153949

Admirez également les panneaux sculptés de centaines de figurines, reprenant à l’identique les panneaux qui existaient avant la guerre… à l’exception de certains personnages plus modernes 😉

img 20210826 153322
img 20210826 153803
img 20210826 154015

Classé aux monuments historiques, l’hôtel de ville d’Arras est un bâtiment incroyable qui symbolise la renaissance d’Arras après la Première Guerre mondiale. Les plus grands artisans d’art des années 1920-1930 ont travaillé à sa « recréation » et le résultat est tout simplement magnifique.

img 20210826 153232
img 20210826 153726
img 20210826 151625

Il est possible de réserver une visite guidée auprès de l’Office du Tourisme sous réserve de disponibilités des salles.

Avant de partir, jetez un œil aux sous-sols de l’hôtel de ville. Entre l’entrée des Boves et l’accès au beffroi, une petite exposition raconte l’histoire de la reconstruction du bâtiment après la Grande Guerre, et notamment comment certaines sculptures ont été recréées grâce aux moulages en plâtre des originaux.

img 20210826 100924
img 20210826 100935

« Les deux soldats » figuraient sur la façade de l’hôtel de ville. L’architecte Pierre Paquet les a recréés après en avoir fait un moulage par empreinte.

img 20210826 101005
img 20210826 101104

Le chien aux raisins serait un symbole de vigilance, peut-être un gardien de la porte vers l’au-delà… Ce chien se situe à présent au-dessus de l’une des deux portes de la salle des fêtes.

img 20210826 101130
img 20210826 101146

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Place des Héros 62000 Arras
Horaires : voir avec l’office du tourisme, mais principalement au printemps et durant l’été.
Tarif : l’entrée dans l’hôtel de ville se fait uniquement en visite guidée. Tarif plein 4,40 €. Tarif réduit : 3,20 €.

Le Beffroi de l’hôtel de ville

L’hôtel de ville d’Arras est adossé à un beffroi classé aux monuments historiques, élu monument préféré des Français en 2015 et inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Excusez du peu !

img 20210626 141656

Lorsque sa construction a commencé, en 1463, la ville d’Arras venait d’acheter sa liberté et son indépendance à Philippe le Bon, Duc de Bourgogne, et cette grande tour devait en être le symbole.Son édification, en style gothique flamboyant, s’acheva en 1554. Lorsque Louis XIV rattache la ville d’Arras à la France, les édiles décidèrent de surmonter le beffroi d’un lion doré à la gueule ouverte, pour rendre hommage au Roi. En 1914, sa taille lui offrait une vue imprenable sur la ligne de front et les Allemands choisirent logiquement de le bombarder. Tout comme l’hôtel de ville, il fut reconstruit de manière très similaire, mais en béton armé et en métal, de 1927 à 1931.

img 20210826 110401

Son carillon joue des ritournelles différentes chaque quart d’heure, dont une chanson arrageoise : « Iras-tu vir e’l fête d’Arras ? » 😉
Après les destructions de la Première Guerre mondiale, un nouveau carillon (électrifié et automatisé) fut installé en 1930. Il compte 37 cloches fixes auxquelles s’ajoutent 3 cloches de volée, disposées sur un beffroi en bois à deux niveaux, portant chacune un élément de la devise républicaine : « Liberté. Égalité. Fraternité. »

img 20210826 110138
img 20210826 110048

Vous pouvez monter jusqu’à la « première couronne » du beffroi grâce à un ascenseur (suivi d’une quarantaine de marches). À 55 mètres de hauteur, vous profiterez d’une vue panoramique sur la ville et ses environs.

img 20210826 110224

La hauteur permet également de voir autrement les maisons de la place des Héros, notamment celles du coin, qui sont réellement de biais !

img 20210826 110531
img 20210826 110709

Les ateliers Monduit ont recréé le fameux Lion doré qui surmonte le beffroi et l’on peut admirer l’original au Musée des Beaux-Arts d’Arras ainsi qu’une copie au château de Pierrefonds (qui conserve une collection provenant des ateliers Monduit).

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Place des Héros 62000 Arras (l’entrée se fait par les sous-sols de l’hôtel de ville)
Horaires : Basse saison : le lundi de 10h à 12h et de 14h à 18h, du mardi au samedi de 9h à 12h et de 14h à 18h, le dimanche de 10h à 12h30 et de 14h30 à 18h30. Haute saison : du lundi au samedi de 9h à 18h30.
Dernière montée 30 minutes avant la fermeture.
Tarifs : 3,40 €, réduit (enfants et étudiants) 2,30 €. Visite guidée possible.

Les boves d’Arras

Comment soupçonner que, sous les pavés de la place des Héros, vous marchez au-dessus d’un labyrinthe ? Une véritable ville souterraine s’étend à 12 mètres de profondeur sur une vingtaine de kilomètres.

img 20210826 101707
img 20210826 101824
img 20210826 102219

Les « boves » sont d’anciennes carrières de craie qui ont été creusées au 9e siècle pour construire les édifices religieux et le premier rempart de la ville. À partir du 12e siècle, elles sont devenues des caves et des silos pour les marchands. Pensez donc ! Une température de 11°C toute l’année, 80% d’hygrométrie, des conditions parfaites pour les céréales, les légumes, le vin, la bière…

img 20210826 103540
img 20210826 104111
img 20210826 104123
img 20210826 102829
img 20210826 103739

Elles ont également été utilisées par des milliers de soldats du Commonwealth (avant l’assaut de la célèbre Bataille d’Arras en 1917), qui ont relié entre elles ces caves et galeries disparates. Des photos et des cartes témoignent de leur travail titanesque et de leur vie sous terre avant les combats.

img 20210826 104305
img 20210826 104344
img 20210826 105005

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Boves ont servi d’abri à la population civile lors des bombardements anglo-américains de 1944.

img 20210826 103218

La visite des Boves est possible depuis 1982, elle offre un voyage surprenant au cœur des galeries de l’époque médiévale, puis des tunnels creusés par les soldats. On y découvre des puits d’extraction, des caves où l’on aperçoit encore les traces de tonneaux, des escaliers créés spécifiquement pour les marchands, ou encore des vestiges d’électrification datant de la Seconde Guerre mondiale.

img 20210826 103245
img 20210826 102241

On monte, on descend, on remonte… Heureusement que le guide est là pour éviter que l’on se perde dans l’obscurité !
Ne repartez pas avant d’avoir jeté un œil à la petite exposition d’objets de deux guerres retrouvés dans les boves.

img 20210826 105807

Prévoyez un vêtement chaud et des chaussures fermées (les Boves sont humides) et ne vous y rendez pas si vous êtes claustrophobe ou avez des difficultés à vous déplacer.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : la visite des Boves se fait par les sous-sols de l’Hôtel de Ville
Horaires : Hors vacances scolaires : Départs réguliers du mardi au vendredi de 14h à 18h et le week-end de 10h à 12h et de 14h à 18h. Pendant les vacances scolaires : Départs réguliers du mardi au dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h.
Fermé le 1er janvier, du 6 au 26 janvier et le 25 décembre.
Tarif : 5,60€ – 3,40€

Les places d’Arras

Après cette visite des sous-sols, revenons en surface ! Nous allons nous promener sur les deux magnifiques places d’Arras, prendre le temps d’y flâner, de nous asseoir pour y manger ou y boire un verre, acheter une douceur sucrée… ou simplement admirer les innombrables et superbes façades des maisons.

img 20210626 140436
img 20210826 114919

On confond souvent les deux places d’Arras, située l’une à côté de l’autre. Celle qui accueille l’hôtel de ville (et les tables des restaurants) est la place des Héros. La plus vaste, où se garent les voitures, est la Grand’ Place. Les deux places sont reliées par la rue de la Taillerie.
155 façades rythmées par 345 colonnes. Impressionnant !

img 20210826 110434

La place des Héros se nommait auparavant « Petite Place », elle a été renommée en 1945, en hommage aux résistants de la commune fusillés durant la Seconde Guerre mondiale (nous en reparlerons plus bas, en visitant la Citadelle d’Arras).
Mais c’est durant le premier conflit mondial que les deux places ont été fortement dégradées par les bombardements. Les maisons qui étaient détruites ont été reconstruites à l’identique et 52 des façades sont classées aux monuments historiques depuis 1919 et 1921.

img 20210826 095651

Sur les deux places, l’influence flamande est flagrante dans les pignons à volutes et les arcades au-devant des habitations. On a l’impression de voyager dans le temps, à l’époque où la Grand’Place était encore un immense marché aux grains, qui a rythmé la vie de la ville du 11e siècle jusqu’au début du 20e siècle. Au 18e siècle, il était même le plus grand de France !

img 20210826 114559
img 20210826 114547

Galeries, arcades, baies, pilastres et burguets (accès vers les boves), chaque détail attire l’œil. Mais si vous levez les yeux, vous remarquerez des épis de blé sculptés sur de nombreuses façades, qui rappellent avec fierté cet ancien marché.

img 20210826 113327
img 20210826 155317
img 20210826 113342

Vous entendrez peut-être parler des « rats d’Arras » (qui ne sont pas uniquement de délicieux chocolats) : à l’époque du marché aux céréales, ces dernières attiraient immanquablement les rongeurs ! Au point qu’au 19e siècle, on célébrait une fête des rats. Ils sont même sculptés sur l’hôtel de ville. Cherchez-les !

Unie dans la diversité, chaque maison des Places offre un visage à la fois semblable et différent.

Ces deux superbes places existent encore grâce à un édit de Philippe II d’Espagne (Arras appartenait jusqu’en 1659 aux Pays-Bas espagnols) qui, en 1583, imposa la construction en pierre et en brique, assurant la solidité des habitations contrairement à celles construites en bois (dont il ne reste que de rares exemples dans la région).

img 20210826 111640

Laissez-vous tenter par le circuit « Cœur de ville » (seul.e ou en visite guidée) : vous découvrirez les petits secrets de certaines maisons des deux places, comme l’hôtel des 3 Luppars (un immeuble gothique du 15e siècle).

img 20210826 100053
img 20210826 114230

Grâce au Timescope, une jumelle panoramique étonnante, vous êtes invités à découvrir la place à 360° et le beffroi en 1518, alors qu’il est en pleine construction. Une immersion saisissante de réalisme dans la vie arrageoise du Moyen Âge, et l’animation de la Place des Héros. Le Timescope est situé à l’angle de la rue de la Housse.

Si vous voulez en savoir plus sur Arras durant la Première Guerre mondiale et la Reconstruction d’Arras dans les années 1920 et 1930, un site passionnant y est consacré.

Le Musée des Beaux-Arts

Le Musée des Beaux-Arts d’Arras occupe l’ancienne Abbaye Saint-Vaast, un des grands ensembles monastiques français, fondé en 667 et qui connu son heure de gloire au 18e siècle. L’abbaye possédait trois cours, un cloître majestueux et un réfectoire des moines. Les bâtiments furent confisqués durant la Révolution, puis l’immense église abbatiale devint en 1804 la nouvelle cathédrale Notre-Dame et Saint Vaast d’Arras.
En 1825, les vastes bâtiments de l’abbaye accueillirent le Musée des Beaux-Arts d’Arras, mais l’ensemble fut ravagé par un incendie durant la Première Guerre mondiale. L’édifice fut reconstruit à l’identique, avec des structures en béton invisibles à nos yeux modernes…

Le portail monumental de l’abbaye donnant sur la cour d’honneur fut édifié entre 1863 et 1865. Les sculptures (symbolisant les sciences et les Arts, mais aussi la religion) furent réalisées par les célèbres frères Duthoit (qui ont travaillé sur la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, la collégiale Saint-Vulfran d’Abbeville, la chapelle du Saint-Esprit de Rue, l’abbatiale de Saint-Riquier…)

img 20210626 101423

Les collections du Musée des Beaux-Arts d’Arras, constitué en 1795 à partir des saisies révolutionnaires puis enrichies avec les années, sont particulièrement riches ! Reparties sur 6000m² et trois niveaux, elles offrent un parcours exceptionnel : sculptures médiévales, peintures des Pays-Bas et tableaux français du 17e siècle, peinture religieuse française du 17e siècle, mobilier, porcelaines, céramiques du 18e siècle (porcelaines d’Arras et de Tournai), peinture du 19e siècle, plan-relief de la ville daté de 1716… ainsi qu’un exemplaire unique des tapisseries (« Arrazi ») qui firent la réputation d’Arras au 15e siècle.

img 20210626 101924

Le parcours débute dans les couloirs de l’ancien cloître où sont exposés des gisants, des sculptures, des tapisseries, des tableaux, des miniatures…

img 20210626 102030

J’avoue avoir été particulièrement impressionnée par la richesse et la beauté de la collection médiévale du musée.

img 20210626 102221
img 20210626 102510
img 20210626 103551

Le « transi de Guillaume Lefranchois », médecin et chanoine de Béthune, date de 1446. En pierre noire, il représente un cadavre en état de putréfaction… Les détails, très bien rendus, sont peu ragoutants.

img 20210626 103932

Le vitrail « Le Christ servi par les anges » provient de l’atelier Hemmel de Strasbourg et a été créé vers 1470.

img 20210626 104439

Les souriants anges d’Humbert et anges de Saudemont, qui datent de 1260-1270, sont de très beaux exemples de la sculpture médiévale du nord de la France.

img 20210626 105024
img 20210626 103152

On trouve dans la collection de peinture du musée, entre autres, des œuvres de Jehan Bellegambe, Pieter Brueghel, Paul Rubens, Jacob van Es, Charles Le Brun, Louis Joseph Watteau, Camille Corot, Théodore Rousseau ou Eugène Delacroix.

Voici par exemple « L’Adoration de l’Enfant Jésus » (vers 1528) et « Le Christ aux Bourreaux » (entre 1530 et 1540) deJehan Bellegambe, un peintre flamand surnommé le Maître des couleurs. Et on comprend pourquoi !
(Plusieurs de ses œuvres sont exposées au Palais des Beaux-Arts de Lille, au Musée de la chartreuse de Douai, mais aussi au Met de New York ou à l’Ermitage de Saint Petersbourg)

img 20210626 105604

Le très beau « plan relief » de la ville d’Arras a été créé en 1716 par l’ingénieur-architecte Ladevèze. Louis XIV (représenté en arrière-plan sur son cheval) et Vauban avaient eu l’idée de réaliser ses villes miniatures pour que les militaires les étudient afin de mieux défendre les villes conquises par le roi.

img 20210626 105142

« La Grand’Place d’Arras un jour de marché » de Charles Desavary (1878).

img 20210626 105302

On aperçoit depuis l’extérieur le jardin du cloître au milieu duquel, aux beaux jours, on peut s’asseoir un moment.

img 20210626 110151
img 20210626 111534

Le grand escalier débouche sur l’immense « salle des Mays » et ses peintures religieuses du 17e siècle (dont sept proviennent de la cathédrale Notre Dame de Paris). Pourquoi les « Mays » ? Un panneau indique que : « Les « Mays » ont été commandés presque chaque année, de 1630 à 1707, par la Corporation des orfèvres parisiens pour les offrir chaque printemps, le 1er mai, à leur cathédrale en l’honneur de la Vierge Marie, dans le cadre d’une fête religieuse grandiose. »

img 20210626 112030

« L’école d’Arras » est représentée par de grands tableaux réalistes. On voit ici « La Bénédiction des blés » de Jules Breton (1827-1906).

img 20210626 114457

Nous terminons la visite par la grande salle de tableaux et de sculpture des 17e et 18e siècles.

img 20210626 115002
img 20210626 115053

Depuis 2012, le Musée des Beaux-Arts est partenaire du château de Versailles. Cette collaboration a permis la présentation de « Roulez Carrosses ! » (2012 –2013), du « Château de Versailles en 100 chefs-d’œuvre » (2014 – 2016), de « Napoléon. Images de la légende » (2017-2018), du « Traité de Versailles, le centenaire de la signature » (2019)…

Le Musée des Beaux-Arts propose également des activités diverses ouvertes à tous les publics : visites guidées, ateliers de pratique artistique, conférences, lectures, concerts, spectacles…

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 22, rue Paul Doumer 62 000 Arras 
Horaires : du mardi au dimanche de 10h à 18h. Fermeture le lundi et les 1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre.
Tarif : gratuit

Le jardin de la Légion d’honneur 

Ce grand parc est bordé à la fois par la cathédrale et par le Musée des Beaux-Arts. C’est le lieu idéal pour un moment de détente, assis sur un banc, entre massifs de fleurs et arbres remarquables (tilleuls, hêtres, chênes…).

img 20210627 113333
parc de la légion d'honneur arras

Mais c’est également un endroit de mémoire : juste à côté de son portail d’entrée (rue Paul Doumer) se dressent trois monuments commémoratifs.

– Le premier est consacré aux combattants britanniques de 3e et 7e régiments de chars tués durant la bataille d’Arras en 1940, et à leurs prédécesseurs de 1917.

img 20210627 113101

– Le second commémore les travailleurs chinois volontaires venus en France durant la Grande Guerre. À partir de 1917, au sein du « Chinese Labour Corps » de l’armée britannique, des milliers ont été démineurs, blanchisseurs, ouvriers, manœuvres, terrassiers de tranchés… et 2500 d’entre eux sont décédés (en majorité de la grippe espagnole).

img 20210627 113137

– Enfin, le troisième rappelle les nombreux soldats gallois (Welsh Guards) qui ont combattu à Arras, et ont sauvé 300 blessés de l’hôpital durant la Seconde Guerre mondiale.

img 20210627 113111

La cathédrale Notre-Dame-et-Saint-Vaast d’Arras

Notre-Dame fut édifiée entre 1766 et 1792 en tant qu’église abbatiale de l’abbaye Saint-Vaast et devint cathédrale en 1804. Les travaux (interrompus par la Révolution) reprirent en 1815, jusqu’en 1848.
Son style classique est assez austère, comparé aux églises gothiques que l’on a plus souvent l’habitude de croiser dans la région.

img 20210627 113755

La cathédrale fut en partie détruite en 1915. Les travaux de restauration, commencés en 1920, durèrent quatorze ans. Comme nombre d’autres bâtiments arrageois, les voûtes et la charpente furent reconstruits en béton armé, sans changer l’aspect intérieur de la cathédrale. La décoration fut refaite dans un style néoclassique plus sobre que l’original, avec des murs blancs.

800px arras cathedrale comble
Les combles -en béton- de la cathédrale. Photo issue de Wikipedia – Coyau
img 20210826 171824

Pour information, on entre dans la cathédrale « par l’arrière », rue Albert 1er de Belgique 😉

img 20210826 162628

L’intérieur de l’église impressionne par ses dimensions : elle mesure 102 mètres de long, possède une vaste nef (26 mètres de largeur) et des colonnes corinthiennes, qui supportent un grand entablement faisant tout le tour de l’édifice.

img 20210826 171242
À droite et à gauche : deux reliquaires qui proviennent de l’ancienne abbaye Saint-Vaast.
img 20210826 163117
img 20210826 170818

Le grand orgue a été créé dans les ateliers de la maison Roethinger de Strasbourg en 1937.

img 20210826 163345

Les fonts baptismaux en marbre ont été réalisés par Marcel Gaumont, célèbre représentant de l’Art Déco dans les années 1920 et 1930 (il a également conçu les quatre sculptures qui ornent les angles du beffroi de Cambrai). La cuve représente le baptême de Jésus par Jean-Baptiste.

img 20210826 171034

Les stations du chemin de croix sont également de style Art Déco.

img 20210826 163816

De nombreuses cathédrales de la région accueillent des « plaques commémoratives » placées entre 1923 et 1936 en mémoire du million de morts de l’Empire britannique durant la guerre 1914-1918. Arras n’échappe pas à la règle, car des troupes y ont été cantonnées.

img 20210826 170847

L’autel du calvaire, dans le bras nord du transept, a été réalisé par Henri Bouchard (dont l’atelier et les œuvres ont été installés au Musée de la Piscine de Roubaix).

img 20210826 170813

La chaire a également été décorée par Marcel Gaumont. Ses sculptures représentent le Christ qui enseigne au milieu de ses disciples, sur les côtés, les quatre évangélistes, ainsi que l’Alpha (le commencement) sous les trais d’un ange et l’Omega (la fin) sous les trais d’un ange armé d’une épée (symbole de la parole de Dieu).

img 20210826 163835
img 20210826 170707

La nef accueille huit statues de saints en marbre réalisées dans la deuxième moitié du 19e siècle. Elles étaient destinées à l’église Sainte-Geneviève de Paris, mais lorsqu’en 1885, l’édifice devint le Panthéon, l’État les transféra à Arras. 

img 20210826 170531

On peut également admirer plusieurs peintures dans la cathédrale d’Arras, et notamment :

Une toile consacrée à saint Vaast par Henri Marret dans le transept.

img 20210826 170839

Le transept est également décoré de toiles réalisées par Charles Hollart.

img 20210826 170828
img 20210826 170749

Dans la chapelle de la Vierge, la fresque de la coupole représente les épisodes de la vie de la Vierge, réalisée par Henri Marret en 1933.

800px arras 62 cathdrale notre dame et saint vaast chapelle daxe coupole 2
Photo issue de Wikipedia – Pierre Poschadel

L’Art Déco à Arras

Comme tant d’autres villes situées sur le front durant la Première Guerre mondiale, Arras a été ravagée par les bombardements. Elle a donc été reconstruite après la guerre et de nombreux bâtiments ont été créés dans le style Art Déco, en vogue à l’époque.

img 20210626 130845
img 20210626 131213
img 20210626 131421
img 20210826 171554
img 20210626 132039
img 20210626 132507
img 20210626 132710
img 20210626 155322
img 20210626 132736
img 20210626 132837
img 20210626 133149
img 20210626 153506
img 20210626 133312
img 20210626 134239
img 20210626 134447
img 20210626 135546
img 20210626 135609
img 20210626 135656

La Citadelle d’Arras

Pour la plupart des gens, lorsqu’on dit « Citadelle d’Arras », ils pensent au Main Square festival 😉
Mais la citadelle a une histoire multicentenaire, des espaces verts qui invitent à la promenade et des perspectives adorées des photographes.

img 20210826 135434
La porte royale de la citadelle d’Arras
img 20210826 135713

Construite par Vauban de 1668 à 1672, pour défendre la place d’Arras, la citadelle est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Jamais attaquée, cette citadelle a été surnommée « la belle inutile ».
Mais la citadelle a malgré tout été marquée par la guerre. D’août 1941 à juillet 1944, 218 personnes (en majorité des résistants) ont été fusillées dans les fossés de la citadelle d’Arras.
Démilitarisée en 2010, la citadelle conserve de ses 3 siècles d’histoire militaire un patrimoine exceptionnel qui s’étend sur 72 hectares. Le site accueille à présent le siège de la Communauté Urbaine d’Arras, un data center, un fromager, une miellerie, un hôtel d’entreprises, des logements, un pôle loisirs…

Le cimetière militaire britannique « du Faubourg d’Amiens »

Juste à côté de la citadelle s’étendent un grand cimetière militaire et un mémorial de la Première Guerre mondiale.
Le mémorial commémore les 35 000 militaires du Commonwealth tombés dans le secteur d’Arras entre le printemps 1916 et août 1918.
Comme tous les cimetières militaires du Commonwealth, c’est un endroit paisible et fleuri, très bien entretenu.

img 20210626 164651
img 20210626 164306

Les 2650 officiers et soldats enterrés là sont en grande majorité Britanniques, mais provenaient aussi du Canada, de la Nouvelle-Zélande, d’Afrique du Sud et d’Inde. Un Français et 28 Allemands sont également inhumés dans ce cimetière.

Le lieutenant-colonel d’artillerie Henry Norrington Packard a été gravement blessé durant la bataille de l’Aisne en septembre 1914, mais il est revenu sur le front en mai 1915. Il a été tué par un sniper à Arras le 12 avril 1916, à l’âge de 46 ans. Le lieutenant-colonel d’infanterie Henry Thomas Cantan, qui avait participé à la guerre de Boers en Afrique du Sud, est décédé seulement 4 jours après Packard, à l’âge de 47 ans.

img 20210626 164437
img 20210626 164933
img 20210626 164834

Le jardin du souvenir

L’association Art & jardins Hauts-de-France a sollicité des paysagistes du monde entier pour qu’ils créent des jardins sur de hauts lieux de bataille, afin de commémorer différemment le centenaire de guerre 1914-1918.
À Arras, juste à côté du mémorial, ce sont deux paysagistes écossaises, Anna Rhodes et Melissa Orr, qui ont rendu hommage aux 2 500 joueurs de cornemuse écossais de la Grande Guerre.

img 20210626 170607

Les végétaux choisis rappellent les magnifiques paysages écossais. Le long du chemin reproduisant le plan d’une tranchée, des tubes rappellent les « bourdons » des cornemuses.

img 20210626 170633
img 20210626 170804

La citadelle

La citadelle d’Arras préserve un témoignage vivace de la construction militaire du 17e siècle.
Se dressant au sud-ouest de la ville, près de deux cours d’eau, elle forme un pentagone composé de cinq remparts : les courtines.

img 20210826 143828
img 20210826 135813
pano 20210626 172525

L’immense « Place d’Armes » est entourée de bâtiments qui racontent chacun une histoire. 1500 soldats pouvaient y résider !

img 20210626 171911
img 20210626 171918

La chapelle Saint-Louis rappelle, avec ses pignons à volutes, l’architecture d’inspiration flamande des maisons des Places d’Arras. Érigé en 1674 en briques et en pierres, c’est le plus ancien édifice religieux de la ville.
Lors de sa construction, sa façade principale était nettement plus simple. Les éléments de décor ne sont apparus qu’en 1860, lors d’une importante restauration : notamment, un médaillon à l’effigie de Louis XIV et un médaillon à l’effigie de Napoléon III (qui a restauré la chapelle).

img 20210626 171959

L’intérieur de la chapelle est tapissé de plaques où figurent les noms de soldats dont les bataillons ont été stationnés à Arras (principalement le Régiment du 3e Génie), et qui sont morts durant des conflits, de 1914 à nos jours.

img 20210626 172105

Vous trouverez un autre « Timescope » sur le côté de la chapelle Saint-Louis. Grâce à lui, vous serez plongé.e en 1678, soit 10 ans après le début de la construction de la citadelle.

img 20210626 172738

Vous pouvez découvrir à pied les ouvrages fortifiés en faisant le tour de la citadelle, en particulier les bastions « du Roi », « d’Anjou » et « d’Orléans ». Le tour des douves et du bois de la citadelle permettent de mieux comprendre le système défensif imaginé par Vauban, en voyant certains éléments de « l’extérieur ».

img 20210826 140500

Vous pouvez descendre du bastion de la Reine jusqu’au bois de la citadelle grâce au site d’accrobranche Cit’Loisirs.

img 20210826 140555

Prenez un petit bain de nature en faisant le tour des douves et du bois de la citadelle (environ 3 km), au travers du bois du Polygone, des abords de la réserve naturelle (inaccessible) et en longeant les bords du Crinchon, un affluent de la Scarpe.

img 20210826 140824
img 20210826 141114
img 20210826 141637
img 20210826 142621

Le mur des fusillés

Sur la façade de l’hôtel de ville se dresse un monument qui commémore les résistants locaux fusillés à Arras durant la Seconde Guerre mondiale. On retrouve les mêmes noms sur le « mur des fusillés » de la citadelle.

img 20210826 100121

Les 218 personnes fusillées entre 1941 et 1944 dans les fossés de la citadelle d’Arras étaient pour la plupart de nationalité française, mais également belge, hongroise, italienne, polonaise, portugaise, soviétique, tchécoslovaque ou yougoslave. Le plus jeune des fusillés avait seulement 16 ans et le plus âgé 69 ans.
Sur le Mur des fusillés ont été accrochées des plaques portant chacune le nom d’une des 218 victimes.

img 20210826 142331

En plus de leur nom figure sur chaque plaque le groupe auquel appartenait le résistant, son appartenance politique et son métier. Si nombre de fusillés appartenaient au Parti communiste (PCF), on réalise qu’ils provenaient de toutes les couches sociales (sur cette photo : instituteur, cordonnier, mineur, soudeur, ouvrier d’usine).

img 20210826 142423

Le Mur des Fusillés, situé au sud de la citadelle, est accessible librement de 14h à 19h.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : accès par le boulevard du Général de Gaulle (parking de la citadelle gratuit, en face du cimetière britannique du faubourg d’Amiens). Passage principal par la Porte Royale.
Tarif : gratuit, accès libre.

La Carrière Wellington

Si je vous dis Le Seigneur des Anneaux, vous allez me répondre : « Quel est le rapport avec Arras ? » Hé bien, Peter Jackson, le réalisateur néo-zélandais de la trilogie de films, a également réalisé un émouvant documentaire sur la Première Guerre mondiale, et notamment la carrière Wellington. Lui-même est né dans une ville qui se nomme… Wellington.
Entre octobre 1916 et le 9 avril 1917, des milliers de soldats britanniques et néo-zélandais se sont cachés dans ces souterrains. Parmi eux, des mineurs ont agrandi, creusé et prolongé les anciennes boves jusqu’aux lignes allemandes. Juste avant l’assaut, le système de tunnel était devenu assez grand pour abriter 24 000 hommes !
Le 9 avril 1917, des milliers d’hommes ont surgi de dessous terre et ont surpris les premières lignes allemandes. Ce système a permis d’épargner la vie de nombreux soldats alliés en les faisant passer par le sous-sol.

En arrivant sur le site de la carrière Wellington, vous êtes accueillis à l’entrée du site par une œuvre (« La terre se souvient« ) créée en 2017 par l’artiste Néo-ZélandaiseMarian Fountain. On reconnait la silhouette d’un soldat avec son haut chapeau caractéristique (que les soldats surnommaient « presse citron »).

img 20210811 100902

N’hésitez pas à passer la tête à l’intérieur : on y reconnait des visages de soldats et d’officiers, et on peut y lire des extraits de courriers envoyés aux familles.

img 20210811 101011

Le mur gauche du hall d’entrée est recouvert de photographies de tunneliers néo-zélandais. Des voix lisent en français, anglais et maori d’émouvantes lettres écrites par ces soldats.

img 20210811 101434

Juste avant l’accueil, vous pouvez admirer la grande maquette représentant les combattants sous terre, dans la carrière Wellington.

img 20210811 101941

Avant de descendre, vous pouvez visiter une petite exposition qui retrace la Bataille d’Arras en la replaçant dans le contexte de la Grande Guerre. Vous en apprendrez plus sur la présence de l’Armée britannique et sa relation avec les civils, le voyage des tunneliers néo-zélandais jusqu’à Arras, etc.

img 20210811 102350
img 20210811 102321
img 20210811 102514
img 20210811 102418
img 20210811 102719

Juste avant de prendre l’ascenseur, le guide vous invitera à visionner une courte vidéo à 180° figurant la ville d’Arras détruite par les bombardements entre 1914 et 1918.

img 20210811 102929

Puis, vous prenez un ascenseur qui vous mène à 20 mètres sous terre, et, avec un guide, vous plongez dans l’ambiance de la Carrière Wellington telle que les tunneliers néo-zélandais l’ont découverte puis creusée il y a plus d’un siècle.​

img 20210811 103823
img 20210811 111038
img 20210811 105015

Les indications de direction peintes durant la Première puis la Seconde Guerre mondiale sont toujours visibles.

img 20210811 111026

Des systèmes électriques (qui datent eux aussi du premier ou du second conflit mondial) permettaient d’amener un peu de lumière sous terre.

img 20210811 110020
img 20210811 103739

Dans une galerie exiguë, on a laissé en place des rails et une berline pour figurer le travail éreintant des tunneliers qui ont creusé la carrière.

img 20210811 112230
img 20210811 104329

Des objets ayant été utilisés par les soldats sont également exposés dans la carrière Wellington : des bouteilles, des pots de moutarde, des boites de conserve ou de thé, des couverts…

img 20210811 105856
img 20210811 110702

En levant la tête de temps à autre, vous remarquez une longue galerie creusée vers le haut : un tunnel d’aérage, qui était le seul moyen de faire entrer de l’air frais et d’évacuer l’air vicié.

img 20210811 104433

Les soldats sont restés de longs mois dans les sous-terrains et il fallait « tuer le temps ». Certains ont donc gravé ou dessiné leur nom, des messages ou des formes féminines dans le calcaire.

img 20210811 103841
img 20210811 110856

Des projections de vidéos sur des écrans tendus entre les parois et les commentaires du guide évoquent les épreuves et le courage des soldats, la vie quotidienne sous terre, l’effet de surprise sur les Allemands le jour de l’attaque.​..

img 20210811 105654
img 20210811 110345
img 20210811 112740
img 20210811 103921

En remontant à la surface, on vous invite à visionner un film qui vous fait revivre le choc de la Bataille d’Arras. 

img 20210811 112426

C’est une visite unique et passionnante que je vous recommande chaudement !

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Rue Arthur Delétoille 6200 Arras (parking gratuit à 200m)
Horaires : du mardi au dimanche de 10h à 12h30 et de 14h à 18h (dernier départ à 17h). Fermée le 25 décembre, et du 1er janvier au 21 janvier inclus.
Tarifs : 9€ / Réduit : 4,50€, gratuit pour les moins de 5 ans.

Le cimetière d’Arras

D’une superficie de 10 hectares, le cimetière d’Arras a vu le jour en 1794, mais n’a réellement été organisé qu’à partir de 1805. Ce grand cimetière de 13000 concessions fut restauré après la Grande Guerre, car des tranchées y avaient été creusées en 1914 !

Un carré militaire est gardé par la statue d’un poilu de la Grande Guerre. 310 militaires et des civils y sont regroupés, mais il accueille surtout des tombes de soldats tombés pendant la Grande Guerre et quelques tombes d’aviateurs britanniques. Toutes reposent sous des croix épées de l’association du Souvenir Français.

img 20210627 094145

Romain Pere est né dans les Pyrénées-Atlantiques. Il est décédé à l’âge de 22 ans à Ronville, dans le Pas-de-Calais en octobre 1915.
Léon Potier est né dans la Manche. Il est décédé à 33 ans à Saint-Laurent-Blangy en décembre 1914.

img 20210627 093512
img 20210627 093822

Un monument aux morts avec une statue d’un soldat de la guerre de 1870 s’élève depuis 1910 près du carré militaire entretenu par le Souvenir français. 

img 20210627 094258

On trouve également la tombe d’Arthur Clarke Richards, un ressortissant britannique résidant à Arras depuis 1920, qui dirigea un réseau de résistance permettant à des aviateurs britanniques de rejoindre l’Angleterre. Arthur Richards « a tenu en main le destin de centaines de Français et d’alliés, leur procurant gîte et couvert chez des gens sûrs. »

img 20210627 095143

Le cimetière accueille des tombes anglo-saxonnes de la Seconde Guerre mondiale (et principalement de mai 1940).

img 20210627 095211

Des tombes de civils alignées contre un mur rappellent combien les combats de mai 1940 furent terribles. Une plaque rappelle que 95 victimes civiles furent tuées par des bombardements durant cette période.

img 20210627 095850

Au fond du cimetière, c’est la section communiste d’Arras qui a commémoré ses membres morts durant la Seconde Guerre mondiale. La plupart étaient des résistants qui ont été fusillés.

img 20210627 101110
img 20210627 101058

Le plus « célèbre » d’entre eux fut René Camphin, dit « Colonel Beaudoin ». Secrétaire de la fédération communiste du Pas-de-Calais, il combattit dans l’infanterie en mai 1940 et fut fait prisonnier. Il parvint à s’échapper en septembre 1941 et retourna en France où il recruta et encadra les résistants FTP. Ses deux frères, Maurice et Paul, résistants eux aussi, furent arrêtés et fusillés en 1942. René ne fut pas arrêté. Organisateur de la mise en ordre de bataille des FTP pour la libération de Paris, il participa lui-même aux combats. Après la guerre, il devint leader du parti communiste français. Souffrant d’un cancer, il mourut en 1954.

img 20210627 101121

De nombreuses tombes sont décorées de statues, de symboles funéraires, de roses Art déco, de mosaïques, de vitraux…

img 20210627 094757
img 20210627 100059
img 20210627 101735
img 20210627 102218

Un grand nombre de tombes anciennes ont disparu, mais il est reste encore quelques-unes, témoins de l’histoire socio-économique de la ville avec ses dynasties d’industriels et d’artisans… et ses politiques.

img 20210627 101808
img 20210627 101925
img 20210627 102240
img 20210627 102313
img 20210627 102707
img 20210627 102729
img 20210627 103025
Émile Lenglet (1811-1878), député républicain avec des membres de la famille de Lannoy
img 20210627 103202
img 20210627 104315

L’une des tombes les plus célèbres du cimetière d’Arras est celle de Madame Grandguillaume, dont la statue tenant une chaise a été créée par Émile Thomas (qui a sculpté pour de nombreuses églises et pour Napoléon III). Mme Grandguillaume était l’épouse du photographe Léandre Granguillaume (1807-1865), connu pour ses portraits de célébrités de l’époque. Elle est représentée debout, comme prenant la pose dans l’atelier du photographe, pour l’éternité…

img 20210627 103633

La tombe du lieutenant Albert Beaucourt, décédé au tout début de la Grande Guerre, porte un rare message (presque) pacifiste : « 4 ans de guerre implacable, 300.0000 de mutilés, 1.500.000 morts. Souvenez-vous !!! »

img 20210627 105443

Terminons par les très jolies céramiques bleutées de la chapelle Crespel Pinta, dont les vitraux, dans les mêmes tons, sont tout aussi remarquables.

img 20210627 105802

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse :
au croisement des rues Georges Clémenceau et Gustave Colin
Horaires : du 1er avril au 1er novembre : 8h – 19h, du 2 novembre au 31 mars : 8h – 17h.
Tarif : accès libre

Il y a encore tant de choses à voir à Arras ! Je pense que cet article va s’enrichir dans les mois à venir… 😉

Le top 5 à ne pas manquer

  1. L’hôtel de ville et son beffroi
  2. La carrière Wellington
  3. La place des héros et la Grand’Place
  4. La citadelle
  5. Le musée des Beaux-Arts

J’espère que cet article vous aura donné des idées sur les choses à faire, quoi voir et quoi visiter à Arras pour une journée ou un week-end.


Cet article vous a plu ? Gardez-le ou partagez-le.

weekend arras 683x1024
les places arras 683x1024
weekend a arras 683x1024

5 commentaires

  1. 8e2db61acaf7c2b04ac406382e208281
    Catherine Beloeil a dit :

    Superbe site!! des reportages très complets et pleins de découvertes.
    Excellent!
    J’ai redécouvert ma région (et la Belgique) grâçe à vos reportages
    Un grand merci

    1. 7f624bec79b4c066fad3be4af864ba57

      Un grand merci, heureuse que le site vous plaise. Je mets toujours du temps et du coeur pour écrire mes articles, un commentaire comme le vôtre me va droit au cœur.

  2. 58e290ccf030dc2bdada15af4e2dbdef
    PJ Paris a dit :

    Site des plus instructifs et superbement documenté, un grand merci. Nous irons visiter Arras et sa région.

  3. 0171b9dbfe8f6adbe0536a12686c8613
    Pilet Eric a dit :

    ce document est remarquable, bravo

    1. 7f624bec79b4c066fad3be4af864ba57
      Emily a dit :

      Merci beaucoup !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.