Week-ends

Un week-end à Esquelbecq

Esquelbecq a été élu Village préféré des Français 2023 ! Et il le mérite bien :) Situé au sud de Dunkerque, au cœur de la campagne flamande, le charmant village d’Esquelbecq est traversé par l’Yser. Faites-en le tour à pied via ses ruelles pavées pour découvrir son château et ses jardins, son église, ses bâtiments anciens et ses nombreuses festivités.

Ah oui ! Au cas où vous vous poseriez la question : le nom de la ville se prononce “ess quel bec” ;)

L’histoire d’Esquelbecq

Le village existait au moins au 9ᵉ siècle, car c’est là que l’évêque Folquin, devenu Saint par la suite, mourut en 855. On parlait alors d’Hiclesbeke, d’Ekelsbeke… C’est bien entendu un nom flamand, signifiant la “rivière aux glands” ou “le ruisseau aux chênes”, dû sans doute à la rivière Yser et à la présence de nombreux chênes.

Après que le village a été détruit par les invasions vikings en 880, les seigneurs locaux (châtelain de Bergues et comtes de Flandre) décidèrent de construire un château. Le village appartenu d’abord aux de Ghistelles, puis aux d’Hallewyn qui furent obligés, sous la domination espagnole, de vendre leurs biens à Valentin de Pardieu, gouverneur de Gravelines. À sa mort en 1595, ses terres revinrent à son neveu Philippe Levasseur de Guernonval, dont la famille posséda le château jusqu’à la Révolution.

Ruinée par la bataille d’Esquelbecq d’août 1793 et 15 jours d’occupation anglaise, cette famille abandonna le château, puis finit par le vendre en 1821 à Louis Colombier, un négociant lillois. C’est lui qui fut à l’origine de l’essor de la commune pour laquelle il obtint la création d’une voie ferrée et d’une gare. Et avec l’arrivée des premiers trains en 1848, des industries et des commerces s’implantèrent dans le village.

Durant la Grande Guerre, Esquelbecq accueillit des troupes de passage et, lors de la grande offensive allemande sur les monts de Flandre en avril 1918, des milliers de soldats revenant du front tout proche furent soignés ici. Plus de 600 d’entre eux succombèrent et furent enterrés dans un cimetière militaire.

En mai 1940, Esquelbecq subit l’un des pires massacres lorsque des Britanniques empêchèrent les Allemands de passer par Wormhout pour remonter vers Dunkerque. 81 prisonniers furent exécutés par les SS au lieu-dit “la Plaine au Bois”. Un émouvant mémorial, en témoignage de ce crime de guerre, a été érigé route de Wormhout, et plus récemment la grange du massacre a été reconstruite à l’identique.

La maison du Westhoek

Passez d’abord dans cette grande maison qui se dresse sur la place du village, vous y serez bien accueilli. Elle abrite le Bureau d’Information Touristique, le musée de la Plaine au bois (voir plus bas) et l’espace culturel Jean-Michel Devynck (expositions, cinéma, réunions, spectacles, théâtre…).

L’office du tourisme organise durant l’été des visites guidées du village. Pour connaître les dates, n’hésitez pas à le contacter au 03.28.62.88.57 ou à maison.westhoek@esquelbecq.com

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse :
9, place Alphonse Bergerot 59470 Esquelbecq
Horaires :
10h-12h et 15h-18h sauf le lundi. De Toussaint à Pâques : fermé les lundis, les jeudis après-midis et les dimanches.

L’église Saint-Folquin

Dressée sur la place du village, vous ne pouvez pas la manquer, d’autant plus que sa façade particulière attire l’œil.
L’église Saint-Folquin d’Esquelbecq a été construite au 10ᵉ siècle, puis constamment remaniée jusqu’au 17ᵉ siècle, où elle est devenue une “hallekerke” typique des Flandres (avec trois nefs d’égales dimensions). 

Classée aux Monuments Historiques depuis 1945, l’église est dédiée à Saint-Folquin, cousin germain de Charlemagne et évêque de Thérouanne, mort à Esquelbecq en 855.

La Pieta a été sculptée par Catan de Palaiseau dans des poutres provenant des écuries du château de Versailles.

Si les murs intérieurs en pierre de Cassel datent des 10ᵉ et 12ᵉ siècles, le reste de l’église, agrandie en 1522, est typique du style architectural flamand des 16e et 17e siècles. On voit nettement que les pierres de Cassel, sombres, ont été récupérées pour élever la partie gauche de l’église. Mais les artisans n’en ayant plus assez, ils ont utilisé des briques d’argile rouge, moins chères, pour édifier la partie droite.

En 1793, durant les troubles révolutionnaires, l’église fut pillée et vidée de ses objets précieux, mais garda son mobilier, ses autels et ses boiseries.

Il ne reste malheureusement pas grand-chose de ce magnifique mobilier ancien, car l’église a été ravagée par un incendie en 1976. Seuls les fonts baptismaux et la sacristie ont été épargnés.

L’autel est ainsi composé d’éléments modernes et anciens : les statues en bronze et le bas-relief en cuivre ont été créés après 1976, alors que la pierre sombre est ornée des vestiges du mausolée et des gisants des barons De Guernonval (détruit à la Révolution). La porte du tabernacle date de 1560, elle a été sauvée de l’incendie.

Lors des travaux réalisés après l’incendie, les artisans ont découvert des dédicaces gravées sur des ardoises, placées dans les murs de l’église par leurs prédécesseurs en 1522.

L’original et très beau chemin de croix en bronze a été créé par le sculpteur parisien Rouffle.

Le tableau de la crucifixion en céramique date du 16e siècle. Il était à l’origine dans un couvent de Dunkerque.

Les vitraux ont tous été créés par des artistes différents, au style différent, après 1976. Certains sont totalement modernes et d’autres sont inspirés par les précédents.

Le guide nous a expliqué que le vitrail de Saint-Joseph représente, autour du saint, les différents métiers du village : agriculteur, maçon, forgeron, tisseur de lin, brasseur, etc. Et, à ses pieds, les armoiries de la famille De Guernonval.

Haut de plus de 11 mètres et composé de 2000 tuyaux, le splendide orgue en bois de tilleul a été recréé par Marc Garnier, qui a copié un orgue flamand du 16ᵉ siècle.

Le clocher et son carillon sont accessibles aux groupes lors des visites guidées. On y accède par un étroit escalier de 75 marches (on monte et on descend chacun son tour !) dans une tour du 12ᵉ siècle rehaussée en 1522.

Tous les quarts d’heure, les 23 cloches du carillon jouent des airs typiques de la région. Si vous êtes à cet étage lorsque les cloches sonnent, préparez vos tympans !

Au 1ᵉʳ étage du clocher sont exposés des objets religieux anciens et vous pouvez visionner un film expliquant l’incendie de l’église en 1976.

Vous avez aussi une vue saisissante sur la voute boisée en forme de carène de bateau inversée, parsemée d’étoiles dorées.

Lors d’une visite Village Patrimoine, vous pouvez profiter d’une visite guidée de l’église (calendrier disponible à l’Office de Tourisme des Hauts de Flandre à Esquelbecq).

Sur le côté droit de l’église, vous trouverez le monument aux morts de la commune, incrusté dans le mur.

Un peu plus à droite est fixée une plaque qui rappelle qu’à Esquelbecq, des soldats français de la jeune république combattirent une coalition royaliste dans le cadre de la bataille d’Hondschoote, qui permit de lever le siège de Dunkerque fait par les Anglais.

Église Saint-Folquin
Adresse : 9, Place Alphonse Bergerot 59470 Esquelbecq
Horaires : 9h – 17h

La Brasserie Artisanale Thiriez

Installée à Esquelbecq depuis 1996, la brasserie artisanale de Daniel Thiriez produit différentes bières (blonde, ambrée, de Noël…). Alors qu’elle hébergeait cinq brasseries jusqu’en 1945, le village n’a plus produit de bière jusqu’à ce que Thiriez s’installe sur le site d’une ancienne ferme brasserie.

La production de bière était (et est redevenue) caractéristique de la Flandre : les matières premières s’y trouvent en abondance (eau, blé, orge et houblon).
La brasserie Thiriez, créée au départ avec une salle de brassage de 6 hectolitres, ajouta en 2006 une nouvelle salle de brassage de 20 hectolitres.

Des visites guidées (sur réservation auprès de la brasserie ou de l’office du tourisme) sont organisées les vendredis après-midi, pour découvrir la salle de brassage et les différents procédés de fabrication de la bière.

On y apprend notamment que la brasserie produit chaque année un peu plus de 2 000 hectolitres (des centaines de milliers de bouteilles), dans le respect des méthodes traditionnelles. 

Pour leur donner un goût particulier, certaines bières « maturent » dans des tonneaux qui ont contenu du vin, du rhum ou du whisky…

Une salle de dégustation est aménagée dans une aile de l’ancienne ferme. C’est là que la visite se termine, avec une dégustation, mais vous pouvez vous y rendre toute la semaine pour y boire une bière ou acheter quelques produits locaux.

Je ne bois pas l’alcool, mais j’aime visiter les brasseries pour découvrir leurs techniques et leur savoir-faire. Et celle de la brasserie Thiriez n’est plus à démontrer, au point que de nombreux brasseurs sont venus s’y former.

Durée de la visite : 1 heure

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse :
22, rue de Wormhout 59470 Esquelbecq
Horaires : la boutique est ouverte du lundi au samedi 8h30-12h30 et 14h30-17h (19h du jeudi au samedi). Les visites guidées ont lieu tous les vendredis à 15h30.
Tarifs : 6€ / adulte et 3 € / – de 16 ans

Le Château d’Esquelbecq

Le magnifique château d’Esquelbecq est l’un des monuments les plus représentatifs de l’architecture flamande en France.
Il a conservé son plan médiéval dont l’origine remonte au 13e siècle : un quadrilatère à huit tourelles et pignons à pas de moineaux, entouré de larges douves, auquel on accède par deux ponts.

Un liseré de pierres blanches ceinture le château à mi-hauteur. Il symboliserait la haute puissance des seigneurs du lieu.

Le village ayant été quasiment rasé durant la guerre d’indépendance des Pays-Bas contre l’Espagne, Valentin de Pardieu et ses héritiers ont fait reconstruire le village, l’église et le château. Ce qui explique que la date la plus ancienne inscrite sur l’édifice (la commanderie) est 1590.

L’autre date, inscrite sur le colombier à bulbe, est 1606, année de sa rénovation par Philippe de Guernonval, neveu de Valentin.

L’imposante tour de guet de 126 marches qui s’élevait dans la cour intérieure du château s’est malheureusement effondrée en 1984 sur l’aile nord du Château. Il n’en reste que des photos et des vestiges.

Depuis les années 2000, la famille Tamer Morael a entrepris la rénovation du domaine, en commençant par le château avec la reconstruction de l’aile nord (sans la tour), puis les toitures. C’est donc un monument privé, comme le château d’Esnes, qui se visite via l’association de sauvegarde du château.
De nombreux panneaux disséminés dans l’édifice vous expliquent l’histoire des lieux, de ses occupants, les travaux entrepris…

Au fond de la cour, les occupants allemands ont construit un blockhaus de béton, qui se visite.

Des panneaux ont été installés sur les murs pour expliquer la vie du château durant la Seconde Guerre mondiale et le contexte historique de l’occupation des lieux. On apprend ainsi que les Allemands ont laissé des balles dans les arbres… et des dessins coquins sur les murs.

Le château d’Escelbecq est bordé d’un très beau jardin “à compartiments” qui, selon le guide, est “un exemple unique de jardin flamand Renaissance”, créé entre 1600 et 1640.

On y trouve symétrie, perspectives courtes, haies, arbres fruitiers taillés, potagers, plantes aromatiques et médicinales, briques, pierre bleue, pierre calcaire…

Ce parc de cinq hectares est aujourd’hui cultivé selon les principes de la permaculture, respectant ainsi les méthodes anciennes.

On accède par un pont pavé à ce beau jardin à compartiments.

Le jardin se compose toujours de deux parties distinctes :

L’une, à l’est, visible depuis la place du village, est une croix dont le tracé des allées est souligné d’un treillage et de bordures de buis.

Et l’autre, la plus grande partie, est un jardin potager à compartiments divisé en huit parcelles rectangulaires. On y trouve une centaine d’arbres fruitiers anciens, avec une majorité de poiriers et de pommiers.

Au début du 19e siècle, les familles Colombier Batteur puis Bergerot ont restauré le jardin à compartiments (potager-fruitier), mais ont aussi ajouté un grand parc paysager planté d’arbres, agrémentés de promenades avec des rotondes de tilleuls et un bosquet de l’étoile.

Un arrosoir géant est planté en face du château, une œuvre d’art de Philippe Thill, “L’arrosoir d’Alice et son escargot géant”. On s’attend à voir passer le lapin blanc avec sa montre à gousset ou le chat du Cheshire… ;)

L’ensemble de la rénovation de l’édifice et la remise en état de ses jardins à la flamande ne cessent d’évoluer pour se rapprocher de son état originel. Le domaine a reçu trois prix au cours des années 2017 et 2018, dont le Prix Villandry pour le jardin et le Grand Trophée de la plus belle restauration de la Fondation Mérimée pour le château.

De multiples manifestations sont organisées pendant l’année : fêtes des jardins, art contemporain, ateliers peinture, balades nocturnes aux flambeaux, parcours cyclo…

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse :
10 Place Bergerot 59470 Esquelbecq
Horaires :
de mai à septembre, les jardins sont ouverts du jeudi au dimanche de 12h à 18h et les intérieurs du château le dimanche de 15h à 18h.
Tarifs :
visite du château 5€ / visite des jardins 5€. Gratuit pour les moins de 12 ans.

Une balade à Esquelbecq, “village patrimoine”

Depuis 2009, Esquelbecq fait également partie du réseau Village Patrimoine, coordonné par les Pays de Flandre. Le circuit de 4 kilomètres (disponible à Esquelbecq Tourisme ou en téléchargement) vous fait découvrir la Grand’Place, le château et son jardin, l’église Saint Folquin, l’école Saint-Joseph, la Mairie, la maison dite du chevalier de Guernonval, la brasserie Thiriez, la Plaine au Bois et son musée.

Des panneaux explicatifs sont placés à côté de chaque bâtiment pour vous expliquer son histoire et ses particularités, souvent accompagnés de photographies anciennes.

Mais, l’été, vous pouvez aussi réserver une “visite patrimoine” auprès de l’office du tourisme : le guide vous donnera tous les petits secrets de la place, de l’église et du château. Le guide nous a ainsi recommandé de faire attention aux nombreux symboles en briques visibles sur les murs des édifices anciens (des “imbrication”, comme à Gruson).
Ainsi, sur le côté de ce qui fut l’échevinage (1617) sont reconnaissables, la croix, symbole de fidélité, et l’étoile, marque de corporation des brasseurs.

Cet échevinage, avec son pignon “à pas de moineau” (à escalier), fut “l’auberge” du château et accueillit la mairie jusqu’en 1967.

La maison dite du chevalier De Guernonval se situe dans un bâtiment avec une belle façade du 18e siècle. À gauche de celle-ci, l’ancienne minoterie abrite aujourd’hui l’atelier des Gigottos Automates (voir plus bas).

N’hésitez pas à faire aussi un petit tour derrière le château, en vous glissant sur sa gauche, pour suivre le lent parcours de l’Yser dans le village.

Vous pourrez distinguer, sur le mur d’enceinte du château, le symbole de la Croix de l’Ordre de Saint-Jacques (une croix en forme d’épée), un ordre de chevalerie créé au 12ᵉ siècle, dont faisait partie Valentin de Pardieu.

On aperçoit de grands poteaux verts, qui ne sont autres que des perches de tir à l’arc à la verticale, le fameux “tir à la perche flamande”.

Le “village du livre”

Esquelbecq est aussi un “Village du livre” : “les villages du livre sont des villages ruraux dans lesquels se sont installés des commerces de vente de livres d’occasion et d’artisanat relatif au livre (reliure, calligraphie…).” (wikipedia)

C’est donc l’endroit idéal pour chiner des ouvrages plus ou moins anciens chez les bouquinistes et, lors d’événements annuels, de rencontrer des auteurs. Les immanquables : les marchés aux livres, chaque mois de septembre à mai, et la fameuse Nuit des Livres le 1ᵉʳ week-end de juillet.

Sont également organisés des animations et événements autour du livre, des promenades contées, des ateliers d’artisans (relieur, calligraphe, illustrateur…), des cafés ou apéros littéraires, des conférences, des ateliers d’écriture et des semaines thématiques en partenariat avec d’autres acteurs de la vie culturelle régionale. Le paradis pour les amoureux des livres !

Esquelbecq est moins connu pour un site de mémoire pourtant notable, aussi émouvant qu’utile, situé au sud du village, qui commémore un massacre commis en 1940.

Le Mémorial de la Plaine au Bois

En mai 1940, dans le cadre de l’opération Dynamo qui devait permettre aux troupes britanniques et françaises d’évacuer Dunkerque, des bataillons de soldats britanniques avaient été disposés dans le secteur de Wormhout, afin de retarder l’avancée des troupes allemandes. Après neuf heures de combats acharnés, les Britanniques, pour la plupart blessés et sans munitions, durent se rendre à l’ennemi.

Plus de 90 de soldats appartenant aux Royal Warwickshire Regiment, Cheshire Regiment et Royal Artillery furent faits prisonniers. Malheureusement pour eux, leurs adversaires appartenaient au régiment SS “Leibstandarte Adolf Hitler”, qui ne supportait pas que l’on ait pu leur opposer une telle résistance. Au mépris total de la Convention de Genève, les SS entassèrent leurs prisonniers britanniques dans une grange au lieu-dit « la Plaine au Bois » entre Esquelbecq et Wormhout, puis les exécutèrent froidement en y jetant des grenades. Ils achevèrent les blessés à la mitrailleuse.
Cette division SS allait se rendre coupable d’autres massacres et crimes de guerre durant le Second conflit mondial…

Heureusement, treize soldats britanniques survécurent au massacre malgré leurs blessures. Ils furent secourus par les fermiers résidents aux alentours, qui prirent soin d’eux jusqu’à l’arrivée des secours. 

Un soldat français fut également tué : Robert Vanpee, qui gardait un dépôt de l’armée non loin de la ferme de la famille Bollinger, fut emmené dans la pâture voisine, puis exécuté.

Longtemps ce massacre resta ignoré. Jusqu’à ce que, parmi les vétérans britanniques venus commémorer l’anniversaire de l’opération Dynamo, certains survivants de cet épisode tragique se mirent à la recherche du lieu du massacre et à raconter ce qu’ils y avaient vécu.

“L’arbre sacré” est le nom donné à un vieil arbre fendu qui a permis aux survivants, bien des années plus tard, de retrouver le lieu, bien que la grange ait été démolie.

En 2000, une association franco-britannique a vu le jour afin de sauvegarder et mettre en valeur ce lieu chargé d’histoire. L’association a fait ériger une grange identique à celle d’origine.

L’intérieur de la grange est littéralement recouvert de “poppies”, ces coquelicots symboles des soldats décédés. Ils sont apportés par des vétérans, mais aussi par des enfants d’écoles anglaises, par des étudiants, par des clubs cyclistes belges, hollandais ou britanniques, par des membres des familles des soldats massacrés, ou simplement par des passants désirant commémorer leur souvenir.

L’association a également fait dresser un belvédère doté d’une table d’orientation permettant de situer les différents éléments de cette journée tragique. Plus récemment, une stèle de la paix et de l’amitié entre les peuples a été inaugurée lors du 70ème  anniversaire de l’opération Dynamo.

Les 40 chênes disposés à côté de la grange ont poussé à partir de graines semées en Grande-Bretagne et ont été envoyés en France le 18 février 2004 par l’association des Vétérans de Birmingham-Dunkerque, à la mémoire des 80 hommes exécutés, dont beaucoup étaient originaires de Birmingham.

Au pied de chacun des arbres se dresse une petite stèle portant le nom d’un ou deux soldats exécutés et identifiés.

Il est possible de visiter librement l’émouvant site de la Plaine au Bois, tous les jours de la semaine.
Des visites guidées du site et/ou du musée sont possibles sur réservation préalable au 03.28.62.88.57 ou 06.37.45.10.50 (visite payante)

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : rue des Dunkirk Veterans 59470 Esquelbecq
Horaires : le site est ouvert tous les jours

Le cimetière militaire d’Esquelbecq

Si cet article n’est pas le premier que vous lisez sur ce site, vous connaissez mon intérêt pour les cimetières et, entre autres, les cimetières militaires.
Certains des soldats assassinés à la Plaine aux Bois sont enterrés ici (les autres sont dans les cimetières britanniques de Wormhout et Ledringhem, villages voisins).

Le cimetière a été ouvert en avril 1918, lors des premières offensives des Allemands en Flandre, quand des postes de triage médical canadiens et australiens sont arrivés à Esquelbecq. Il a été fermé en septembre 1918.

La plupart des soldats enterrés ici sont des Britanniques, mais il y a aussi un Sud-Africain, quatre Néo-Zélandais, deux Australiens, un Canadien et un Indien.

Le cimetière a été réutilisé durant la Seconde Guerre mondiale, principalement pour enterrer, en mai 1940, les soldats tués durant l’avance des Allemands et le retrait des troupes britanniques vers Dunkerque (Opération Dynamo).

Le jeune équipage d’un avion Lancaster qui s’est écrasé dans la nuit du 24 juin 1944, alors qu’il allait bombarder la base de missiles V1 proche de Saint-Omer, est également enterré dans ce cimetière.

Le cimetière d’Esquelbecq contient 578 tombes de la Première Guerre mondiale et 47 de la Seconde Guerre mondiale. Il y a également 3 tombes de soldats français et 7 tombes allemandes de la Première Guerre.

Le caporal George Morgan, originaire du Yorkshire et titulaire de la Médaille militaire pour son courage, est décédé à l’âge de 23 ans.
Hyman Herbert Farber, de Manchester, n’avait que 19 ans lorsqu’il est décédé en septembre 1918 au poste de triage médical australien, mortellement blessé par des éclats de shrapnels.

Armand Bernard, né à Crozon, dans le Finistère, est décédé de ses blessures dans l’ambulance auxiliaire 207 à Esquelbecq en mai 1918, à l’âge de 20 ans. Louis Nicolas, originaire du Morbihan, est mort à 20 ans de ses blessures, dans l’hôpital d’évacuation canadien du Mont Kemmel, en Belgique, à 35km plus à l’est.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse :
Rue du Souvenir 59470 Esquelbecq
Horaires :
le cimetière est ouvert tous les jours

Le musée commémoratif du massacre de la plaine aux bois

Situé dans la Maison de Westhoek, cet émouvant petit musée commémore les soldats assassinés en 1940, en replaçant l’événement dans le contexte de l’opération Dynamo et, plus largement, dans celui de la Seconde Guerre mondiale.

On y retrouve aussi des objets et des souvenirs offerts par les régiments auxquels appartenaient les soldats assassinés, et l’histoire de la création du mémorial de la Plaine au Bois.

Une vidéo d’une vingtaine de minutes a été créée spécialement par la BBC pour le musée, avec les témoignages (particulièrement poignant) de trois survivants.

Le musée propose aussi des photographies du village pendant l’occupation (les Allemands s’étaient installés dans le château), les journaux de marche des régiments anglais narrant les combats de la bataille de Wormhout, des témoignages de soldats survivants et de fermiers de 1940, des photos souvenirs prises par un Allemand dans les Flandres, les biographies de plusieurs des soldats tués ou survivants, etc.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse :
9, place Alphonse Bergerot 59470 Esquelbecq
Horaires :
10h-12h et 15h-18h sauf le lundi. De Toussaint à Pâques : fermé les lundis, les jeudis après-midis et les dimanches.
Tarifs : 2€ par personne / 3€ pour une visite guidée du site et du musée de la Plaine au Bois (sur RDV).

Les Gigottos Automates – La Maison des Automates

Je n’ai malheureusement pas eu le temps de visiter cet atelier lors de ma venue à Esquelbecq, mais si vous avez vu l’émission “Les Gens des Hauts” présentée par Kamini, ce surprenant musée doit vous dire quelque chose.

L’atelier des Gigottos automates contient une belle collection de personnages, tous créés sur place par Bruno Dehondt, le propriétaire des lieux. Les enfants adorent !

Plusieurs spectacles et animations sont aussi présentés : Ciboulette, la biquette qui chante, conte et déambule ; Félicifelle, la Géante articulée qui se balade, danse du ventre et nettoie les vitres du premier étage ; La fanfare des Gigottos qui a déjà à son actif des carnavals parmi les plus prestigieux (Nice, Barcelone, Paris, Aire-sur-la-Lys…) ; Rigobert le peintre caricaturiste…

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse :
3 Bis rue de Bergues 59470 Esquelbecq
Horaires : mardi de 14h à 18h, du mercredi au dimanche de 10h30 à 12h et de 14h à 18h
Tarifs : 5 € / adulte et 3,50 € / enfant (uniquement par chèque ou liquide)

Un paradis pour les balades

Esquelbecq étant un village rural, vous pouvez évidemment randonner autour de lui pour profiter de la nature.

Le circuit pédestre “Des Chênes au château” vous fera découvrir la campagne flamande et ses trésors. Vous apercevrez sur votre route le château, la belle mairie, les fermes typiques, le cimetière britannique, les chapelles, l’Yser, l’église, dans une version longue (11 km) ou plus courte (6 km). Le circuit est balisé (balisage jaune).

Le circuit de “La plaine au bois” (6,5 km) vous fera découvrir le site de mémoire de la Seconde Guerre mondiale. Ce circuit est aussi le lien entre les circuits “Des chênes au château” à Esquelbecq et “Du moulin de la Briarde” à Wormhout.

L’Office de Tourisme des Hauts de Flandre a élaboré un “sentier de mémoire des Hauts de Flandres” sur les évènements phares de la Seconde Guerre mondiale. Il retrace ce qui s’est passé le 28 mai 1940, avant l’opération Dynamo, en passant par Esquelbecq, Wormhout et Ledringhem.

Enfin, le sentier de grande randonnée 130 (GR de l’Yser) passe à Esquelbecq.

Festivités et traditions

Esquelbecq a un faible pour les festivités. Vous en trouverez sans doute une qui vous plaira : 

  • la belle brocante de printemps (fin mai)
  • le festival Label Guit’Art (mi-juin)
  • la Patate Fest et son inénarrable “Confrérie des Fous de la Patate Aztèque” avec son défilé de géants (dernier dimanche d’août)
  • les “Nocturnes” et ses concerts aux pieds des terrasses (début août)
  • et bien sûr les fêtes du livre (début juillet et mi-novembre)

Découvrez le programme des festivités de la ville ici

J’espère que cet article vous aura donné des idées sur les choses à faire, quoi voir et quoi visiter à Esquelbecq pour une journée ou un week-end.

Puisque vous êtes dans le coin, vous pouvez poussez plus à l’ouest, jusqu’à la petite ville de Watten et sa “montagne”, ou remonter plus au nord jusqu’à Bergues, la belle fortifiée.

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