Nichée dans le paysage vallonné de la Somme, la petite ville de Beauval cache, derrière sa tranquillité apparente, une histoire profondément liée à une famille qui a marqué son identité : celle des frères Saint. Figures locales emblématiques, ils ont laissé leur empreinte dans la mémoire collective par leur activité, leur engagement et leur attachement au territoire. Flâner dans Beauval, c’est aussi marcher sur les traces de cette famille singulière, dont l’héritage résonne encore dans la vie du village.
Beauval est littéralement né en 1850, grâce aux trois frères de la famille Saint. Non, je ne parle pas pas de Beauval en Loir-et-Cher et son célèbre zoo, mais bien de la petite commune de la Somme, située entre Doullens et Amiens. De nos jours, ce petit bourg picard limitrophe de Doullens n’a pas plus de 1000 habitants, mais il a été un haut lieu de l’industrie textile jusqu’au milieu du 20e siècle.
L’histoire de Beauval
Habité depuis l’époque gallo-romaine, Beauval a longtemps été une commune agricole détenue par des familles nobles. Le nom de la localité est attesté sous la forme de Bellavalle au 12e siècle. Beauval signifierait la « belle vallée ». De nos jours, elle est toujours entourée de champs et de collines verdoyantes.

La commune de Beauval a été desservie de 1889 à 1949 par un chemin de fer secondaire de la Ligne d’Albert à Doullens. Cette ligne de chemin de fer a permis le développement de l’extraction de phosphate, découvert dans la commune en 1843, ainsi que le transport de la production de textile, de briques et de tuiles vers les centres de consommation de Doullens, Albert ou Amiens.

Quatre gisements de craie phosphatée ont été exploités à partir de 1886, notamment par Eugène et Ulysse Sevin, le pharmacien Amédée Hordequin, Fauchart (qui construit un moulin à phosphates et un magasin en 1886), Dessailly, Lancelle, Bernard, Girardot…
Toutes ces petites exploitations ont été rachetées au début du 20e siècle par des entreprises plus importantes comme la Société Saint-Gobain et, surtout, par la Compagnie Française des Phosphates.

La famille Saint
Les frères Saint, originaires de Beauval – Pierre-François, Jean-Baptise et François – ont lancé au début du 19e siècle une entreprise de fabrication et de vente de toiles d’emballage. « Marchands-fabricants », ils utilisaient les étoupes de lin et de chanvre et occupaient, dès 1825, des centaines d’ouvriers à Beauval. En 1828, ils ont installé à Rouen leur première maison de vente.
Au cours des années 1830, les Britanniques ont introduit en Europe une nouvelle fibre textile, le jute, originaire du Bengale. Beaucoup moins coûteuse que le lin et le chanvre, elle convenait parfaitement à la production, en grande quantité, de sacs et de toiles d’emballage. Les frères Saint ont alors mis au point le tissage mécanique du jute dans les années 1850.
Avec la seconde génération Saint, les deux frères Charles et Jean-Baptiste et leur cousin Jules-Abel, tous natifs de Beauval, l’entreprise est devenue prospère. Charles dirigeait la maison de vente de Paris et le siège social. À Jules-Abel revenait la direction de la maison de vente de Rouen. Jean-Baptiste, « manufacturier », assurait la direction des usines implantées dans la Somme. Société en nom collectif en 1871, au capital de 9 millions de francs, l’entreprise Saint Frères était devenue l’une des plus puissantes entreprises jutières du pays.

Charles Saint (1826-1881), né à Beauval, industriel et homme politique, député de la Somme de 1894 à 1902, cumulant la direction de la maison de vente de Paris et la direction des établissements de production, a été le véritable chef de la société « Saint Frères ». Il a été membre du jury des expositions universelles de 1878 et de 1889, vice-président de la chambre de commerce d’Amiens, officier de la Légion d’honneur, et a fondé au Tonkin (Viet Nam) de vastes exploitations agricoles.

À la mort de son frère Jean-Baptiste en 1881, Charles Saint possédait avec son frère cadet François-Xavier 86 % du capital de la société et percevait 60 % des bénéfices. Il a été un véritable « capitaine d’industrie » qui a développé considérablement l’entreprise.
On a estimé la valeur de l’entreprise « Saint Frères » dans les années 1890 à 60 millions de francs-or.

Saint Frères était un véritable empire. En 1880, les usines du groupe produisaient quotidiennement 135 000 mètres de toile, 48 000 sacs, 100 bâches et occupaient 6 800 ouvriers. Les dirigeants Saint Frères ont alors organisés, comme d’autres grands patrons d’industrie de l’époque, une politique de « réalisations sociales ». Caisse de secours dès 1860, caisse de retraite en 1888, construction de cité ouvrières aux loyers peu élevés, création d’écoles d’usine et de centre d’apprentissage, et construction, en 1888, d’une église à Beauval. En 1922, une allocation familiale a complété le dispositif.

À son apogée en 1914, c’était 14 000 salariés sur 17 sites et 150 succursales dans le monde.
Ce qui a fait la force de l’entreprise Saint, c’est la solidarité familiale et les mariages endogames (on se mariait entre cousins et cousines), ce qui a resserré les liens familiaux et permit l’accumulation de capitaux.
La Première Guerre mondiale a ouvert une période difficile pour Saint Frères. L’entreprise a participé à l’effort de guerre mais a subi des pénuries puis, après 1918, une chute brutale des commandes.

La crise économique qui a suivi le krach boursier de 1929 a conduit les entreprises Frères Saint à licencier massivement des ouvriers, en exigeant qu’ils restituent le logement mis à leur disposition. Toute une partie de la classe ouvrière locale a alors perdu son emploi et son logement d’un même coup.
L’entreprise a ensuite misé sur l’innovation. Elle a acheté en 1932 les brevets du tissage circulaire et installé les premiers métiers circulaires dès 1940. Mais à la fin des années 1950, le marché du jute s’est effondré : les fibres en polymère se sont imposées pour la fabrication des emballages, rendant les toiles de jute obsolètes.

Saint Frères a été absorbée en 1969 par le groupe Agache-Willot, qui a disparu à son tour au début des années 2000.
Promenade à Beauval
Nous allons suivre le circuit pédestre de découverte de Beauval, mais vous pouvez aussi parcourir le « Circuit du Papillon » (10km), qui permet de découvrir la commune de Beauval et ses environs.
L’église Saint-Nicolas
L’église Saint-Nicolas de Beauval a été construite en 1888 – grâce aux financements des frères Saint – par les architectes amiénois, père et fils, Victor et Paul Delefortrie, qui ont réalisé de nombreuses églises néo-gothiques en Picardie à la fin du 19e siècle. Victor était proche des Frères Duthoit, avec qui il a collaboré.

Construite majoritairement en brique dans un style néo-gothique, l’église de Beauval est de dimension moyenne : 55 mètres de longueur et 23 mètres de largeur. Un escalier monumental de 33 marches conduit de la chaussée au parvis.

Au-dessus du portail central, un écusson présente un message gravé en latin indiquant la date de consécration de l’édifice et le fait que la famille Saint a permis sa construction.

L’étage des cloches se termine par 4 frontons avec gargouilles et clochetons aux angles.

Une rosace puis une galerie portant les statues des 4 évangélistes surmontent le portail central.


À côté de l’église se dresse une statue de Saint-Charles-Borromée, signée et datée sur le socle « Albert Roze / 1904 » (célèbre sculpteur amiénois). La statue a été financée par la famille Saint, faisant le lien avec Charles Saint, commanditaire vraisemblable de cette statue.

Le décor intérieur de l’église, assez austère, n’en est pas moins soigné. Les matériaux sont tous de qualité : marbre noir de Belgique, marbre blanc de France, marbre rouge d’Italie.
(les photos de l’intérieur de l’église proviennent du site de la ville).

Le mobilier de menuiserie (autels, chaire à prêcher, confessionnaux, buffet d’orgue, sièges) a été exécuté par l’atelier lillois Buisine et Fils. Comme l’indique la signature figurant sur l’un des autels latéraux, le co-architecte de l’église Paul Delefortrie a dessiné les autels.


D’une largeur de 10 mètres, la nef abrite un imposant maître autel en bois, sculpté de scènes bibliques.

L’orgue actuel a été réalisé par établissements Félix Van Den Brande et fils d’Amiens, en 1925, après l’incendie du clocher qui a détruit l’orgue précédent de Salomon Van Bever.


La chaire est adossée à l’un des piliers de l’église. Sa cuve est ornée de quatre bas reliefs représentant les quatre évangélistes (Saint Mathieu l’homme, Saint Luc le bœuf, Saint Marc le lion et Saint Jean l’aigle).

Aux angles sont représentés les 4 docteurs de l’église latine : Saint Grégoire, Saint Augustin, Saint Ambroise et Saint Jérôme, entourant Saint-Jean-Baptiste.

Les vitraux (créés par la maison Champigneulle de Bar-le-Duc) reprennent les grands thèmes de la bible (Adam et Eve, l’arbre de Jessé, la nativité, Jésus baptisé par Saint Jean-Baptiste, la crucifixion…).
Les vitraux du côté droit de l’église, consacrés à la vie du Christ, sont l’occasion de rappeler l’importance du travail, valeur essentielle pour la famille Saint.



Tout comme les patrons des houillères du bassin minier donnaient leurs noms aux églises qu’ils faisaient construire dans les cités minières, les trois frères Saint qui ont financé l’église ont voulu que leurs prénoms soient mis en valeur. Les trois vitraux qui forment l’abside sont donc réservés aux Saints Patrons des 3 frères : Saint Jules à droite, Saint Charles au centre et Saint Jean-Baptiste à gauche.
Le saint patron de la paroisse, Saint-Nicolas, est traité plus discrètement dans un vitrail du côté gauche de l’église.

Le chemin de croix, en pierre, est figuré par des scènes entourées de feuilles d’érable. Dans les cadres sont placés les sujets en plâtre peint.

Attention, l’église de Beauval est rarement ouverte, en dehors des fêtes religieuses et de quelques jours en été. Renseignez-vous auprès de la mairie si vous voulez la visiter.
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 1, Rue de l’Église 80630 Beauval
Horaires : l’église n’est pas ouverte. Elle se visite uniquement lors de visite guidée.
Les maisons de maître
L’architecture urbaine de Beuval, en brique et pierre, est typique des villes des Hauts-de-France, mais la ville de Beauval possède plusieurs belles bâtisses qui affichent leur opulence, signe d’un passé glorieux lié au développement économique des mines de phosphate et des industries Saint Frères.
Sur la place Charles Cagny s’élève le monument aux morts orné de la sculpture « Le Poilu victorieux » d’Eugène Bénet. Ce dernier a réalisé cette statue en 1920, afin qu’elle serve de modèles de sculptures parmi ceux proposés pour orner les monuments aux morts français. Elle figure sur plus de 900 monuments aux morts à travers la France !

Derrière le monument au mort, au 30 Rue Charles Cagny, s’élève une très jolie maison du tout début du 20e siècle, qui logeait les cadres de l’entreprise Saint-Frères.

Le long de la rue Charles Cagny se dressent d’ailleurs plusieurs jolies maison. Au numéro 27, cette large demeure dessinée par l’architecte Léon Käppler, de Cayeux-sur-Mer, possède un étage, un balcon et des combles.

La corniche et les dessous de fenêtres du premier étage sont ornées d’une belle frise végétale stylisée en céramique vernissée, que l’on retrouve dans plusieurs immeubles d’architecture balnéaire de la côte picarde.


L’hôtel des voyageurs dit hôtel du Sable d’Or, qui a toujours été un hôtel – restaurant, est planté en face du monument aux morts.

Vous trouverez à Beauval plusieurs maisons décorées de motifs végétaux et géométriques, que ce soit par des bas-reliefs ou des jeux de briques.


Sur de nombreuses maisons, vous pouvez aussi observer des « lambrequins », un ornement découpé et ajouré, en bois ou en métal, fixé en bordure de toit ou en haut des fenêtres.


Rue du Général-Leclerc, la mairie, d’un style assez discret, se dresse un peu à l’écart du centre-ville. Dessinée par l’architecte Anatole Bienaimé, elle a été inaugurée en février 1907. Son entrée est surmontée d’un fronton au milieu duquel figurent les emblèmes de la République et les armoiries de la ville.
Anatole Bienaimé a également réalisé les édifices des prévoyances des usines Saint-Frères de Beauval, Flixecourt, Harondel, Pont-Remy et Saint-Ouen, ainsi que le portail du cimetière et le presbytère de Beauval.

L’école de Beauval, achevée en 1864, était au départ une école primaire de filles. Elle a été remise à neuf il y a peu.

Au 8 rue de Créqui, Anatole Bienaimé a réalisé cette très jolie maison qui a été habitée entre 1953 et 1976 par Jean-Jacques Sueur, industriel dirigeant l’usine de jute Sueur, implantée à Doullens et concurrente de Saint-Frères.


En face, cette ancienne ferme a été construite au milieu du 19e siècle, puis, comme beaucoup de constructions réalisées en pan de bois et torchis, modernisée vers 1910. La ferme est alors devenue une simple maison avec dépendance.

Les maisons bourgeoises côtoient les belles maisons de maître et celles qui hébergeaient les cadres de Saint Frères.
Au 52 rue de Créqui s’élève une maison de style néo-flamand construite en 1890 pour Alfred Duvauchelle, comptable de l’usine Sueur, et son épouse Orpha Boulogne.

La très belle « villa Boulogne » a été construite en briques de couleur ocre à la fin du 19e siècle pour l’industriel Jules Boulogne. Ce dernier a exploité avec son frère un tissage de toiles de lin, chanvre et jute. La maison faisait face à l’usine familiale.

En 1906, Beauval comptait une centaine de terrassiers et ouvriers travaillant dans les carrières de phosphates. Cette activité a permis à de nombreux cultivateurs propriétaires de terrain de se faire bâtir d’importantes demeures, dont celle d’Amédée Hordequin, construite en 1914 juste à côté des bâtiments de l’usine d’extraction.

« L’ancienne ferme Fourdrain » a été construite en 1891 pour Etienne Fourdrain, cultivateur, qui s’est enrichi grâce au phosphate découvert sur ses terres. Il exploitait les bâtiments agricoles attenants, disparus depuis.

Les anciennes usines Saint et les cités ouvrières
Le village de Beauval était le centre d’activité d’origine des industries textiles Saint-Frères, on y retrouve beaucoup d’édifices liés aux usines et aux ouvriers, construits à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Victor et Paul Delefortrie ont ainsi créé le bureau de poste et les deux bâtiments l’encadrant, ainsi que les jolies maisons de la rue de l’église.


La Coopérative « La Prévoyance« , le long de la route nationale, porte la date 1910. Entre 1894 et 1911, la société Saint Frères a fait construire huit magasins coopératifs dans la Somme, destinés au personnel de ses usines. Dans ces magasins, réservé à l’usage exclusif des employés, on trouvait des produits d’alimentation, mais aussi d’entretien, des vêtements et des chaussures.
Les frères Saint possédaient aussi des terres qu’ils louaient à des fermiers. Ces derniers devaient verser une partie de leur récolte à l’entreprise Saint Frères, leur permettant de revendre ces produits à leurs ouvriers, à travers leurs coopératives.

L’ancienne usine date de 1896, ainsi que les trois cités ouvrières encore présentes (cité de Doullens, cité Quénot et cité des Avesnes).




L’usine textile de Beauval a fermé en 2004 et les bâtiments ont été détruits en 2012. Il existe encore, le long de la route nationale, les anciens bureaux (classés aux Monuments Historiques). Lorsque je me suis rendue à Beauval en 2024, la friche industrielle Saint Frères était en cours de réhabilitation pour créer des logements pour personnes âgées ou dépendantes.



Le cimetière de Beauval
Le cimetière de Beauval, construit sur trois hectares par la famille Saint, est l’un des plus beaux du département. On y accède par une petite route qui part de l’église et traverse des champs.



Le cimetière comprend notamment la superbe chapelle funéraire de la famille Saint, édifiée par l’architecte Victor Delefortrie (qui a aussi réalisé l’église), et restaurée en 1994.




D’autres chapelles familiales, moins imposantes, mais tout aussi jolies, sont visibles dans le cimetière.




J’ai été surprise du nombre de tombes plutôt originales ou, tout au moins, différentes, que l’on trouve dans le cimetière de Beauval.
Cet obélisque reposant sur 4 colonnes est décoré de symboles religieux.

J’ai découvert aussi de nombreuses croix joliment décorées de motifs végétaux.

L’originalité de cette croix est qu’on y voit la Vierge aux pieds de Jésus.

Un ange veille sur cette tombe où le nom de famille est gravé sur ce qui ressemble aux « Tables de la Loi » de Moïse. La tombe de la famille voisine arbore des symboles religieux (ancre, croix et sacré cœur) sur le fronton et des symboles qui peuvent paraître plus profanes (le labeur et la vertu de la ruche, l’eucharistie des épis de blés…) sur le bas.

Une autre branche de la famille Saint (Saint-Hubo) a fait construire une tombe figurant « le calvaire de Gethsémani » (le Jardin des Oliviers où Jésus a prié avant d’être arrêté) au début du 20e siècle. La figure du Christ est en marbre blanc, alors que les autres éléments sont en pierre bleu. Les noms des défunts sont gravé sur les « rocailles » qui sont entourée de fleurs sculptées (le pavot du sommeil éternel, la pensée du souvenir, le lierre de l’attachement et de l’éternité…).


Certaines tombes présentent encore des armatures en acier où l’on pendait les couronnes funéraires (en fleurs, en céramique, en verre…).

Une rare tombe en pierre noire où la gravure apparait plus claire, comme sur un sgraffite.




Évidemment, des soldats originaires de Beauval reposent dans le cimetière, tombés durant la Première ou la Seconde Guerre mondiale.
Albert Cardon était un ouvrier agricole. Blessé à deux reprises en 1916 et 1917, il avait reçu la Croix de guerre avec étoile de bronze. Il est décédé à 21 ans, en novembre 1917, à Saint-Jean-d’Ormont (dans les Vosges).
Le menuisier Eugène Lelong a été tué à 32 ans, le 12 juin 1918, à Montgobert, près de la forêt de Retz, dans l’Aisne.
L’adjudant parachutiste FFL Christian Duseval est décédé à 33 ans, le 3 septembre 1944, à Cosne-Cours-sur-Loire (dans la Nièvre), lors des combats pour la libération. Membre du 4th S.A.S. français, ayant combattu en Normandie et en Bretagne durant l’été 1944, il a été touché par un tir provenant d’un char allemand.

Donat Pauchet, ouvrier du lin avant la guerre, soldat à la 12e Section d’Infirmerie Militaire, est décédé de ses blessures à Beauval le 26 août 1918, à 41 ans.
Joseph Saint, soldat d’infanterie, a été tué le 29 juillet 1918 dans l’Aisne. Il a été décoré à titre posthume de la Croix de Guerre avec étoile de bronze.



Le cimetière de Beuval accueille aussi une partie militaire où reposent 234 soldats britanniques, 5 canadiens, 8 Australiens et un Néo-Zélandais tués lors de la Première Guerre mondiale, ainsi qu’un aviateur de la Seconde Guerre mondiale.

Le 4e poste de secours avancé a été situé à Beauval de juin 1915 à octobre 1916 et le 47e d’octobre à décembre 1916. La grande majorité des inhumations ont été effectuées à partir de ces hôpitaux, mais quelques-unes ont eu lieu jusqu’en mars 1918.

Le soldat Harold Belfort était australien. Après avoir passé l’hiver 1916/1917 dans les tranchées de la Somme, il avait participé à l’avancée vers la ligne Hindenburg, puis à la deuxième bataille de Bullecourt.
Arthur Young, originaire du Newfoundland, était canadien. Il est décédé au début de la Bataille de la Somme, à l’âge de 23 ans.


Durant la guerre, Beauval accueillait un aérodrome pour cette toute nouvelle arme qu’était l’aviation militaire. Plusieurs pilotes sont enterrés dans le cimetière. Leur régiment d’origine est souvent mentionné, ainsi que « ATTD », qui signifie « attached »= »rattaché au » Royal Flying Corp, l’ancêtre de la RAF.
Le sous-lieutenant John Lascelles, observateur-mitrailleur de combat, n’avait que 19 ans lorsqu’il est décédé lorsque le pilote de son avion de chasse a perdu le contrôle et s’est écrasé.
Le Capitaine Ferdinand Glenday avait 24 ans lorsqu’il est décédé lors d’un combat aérien. Dans la Rifle Brigade, il avait combattu et avait été blessé lors de la bataille de Loos.


Le Major Lionel Percy Walsh a été mortellement blessé par un obus au début de la Bataille de la Somme, en juillet 1916, à 41 ans. C’était un acteur et un chanteur professionnel qui avait joué dans plusieurs comédies musicales à New York, en tant que membre de la troupe d’Elsie Janis. Walsh s’était porté volontaire pour servir pendant la Grande Guerre et avait été promu major pour son courage remarquable.
Le Capitaine William Tillie Dickson est lui aussi décédé durant la Bataille de la Somme, à 29 ans, à cause d’un obus. En tant que lieutenant, Dickson avait combattu dans les Dardanelles en 1915. Son père était un magistrat local, membre du Parlement et fabricant de lin, et William travaillait dans son usine.

Un marin enterré dans un cimetière, au beau milieu de la Somme ? En réalité, le Sous-lieutenant de bord
Stanley Trapp faisait partie du Service aérien de la Marine royale (qui gérait des bases aériennes sur les côtes françaises). Originaire de Colombie-Britannique, au Canada, pilote émérite, il est décédé accidentellement lors d’un essai technique à l’âge de 26 ans.

Le sapeur Michael Tobin était membre du génie néo-zélandais. (Ce sont ces sapeurs qui, entre autre, ont creusé les tunnels de la carrière Wellington, à Arras). Michael Tobin a été le premier soldat néo-zélandais à mourir sur le front occidental. Il est décédé d’une pneumonie peu après son arrivée en France.
Le soldat Thomas Lewis n’avait que 19 ans lorsqu’il est décédé en septembre 1915.

Le sous-lieutenant Manley Ignatius Fraleigh, pilote de l’Aviation royale canadienne, est décédé le 19 août 1943, à l’âge de 22 ans, lors d’un combat aérien. Originaire de l’Ontario, Fraleigh avait servi dans un régiment d’infanterie, jusqu’à son enrôlement dans l’Aviation royale canadienne en mai 1941. Il avait été formé comme pilote jusqu’en décembre 1941, puis avait été affecté en Égypte et en Grande-Bretagne avant de rejoindre le 182e escadron en mai 1943, où il pilotait un avion de chasse.



INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 50 Chemin du Valencon 80630 Beauval
Horaires : tous les jours de 8h-17h
Si vous avez envie d’une escapade entre histoire, nature et patrimoine hors des sentiers battus, venez vous promener à Beauval. Cette petite ville pleine de caractère vous plongera dans l’épopée des frères Saint dont l’empreinte industrielle marque encore les lieux. Entre mémoire ouvrière et douceur champêtre, Beauval vous offre une parenthèse authentique, au plus près de l’histoire et de la nature.
Puisque vous êtes dans le coin : vous pouvez passer le week-end dans la cité de Doullens et visiter sa citadelle, passer un ou plusieurs week-ends dans la belle ville d’Amiens, ou visiter la surprenante cité souterraine de Naours.
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