Coups de coeur

L’église Saint-Louis de Marcq en Baroeul et ses vitraux

J’ai visité l’église Saint-Louis du Plouich de Marcq-en-Baroeul un peu par hasard, durant les Journées du Patrimoine. On pourrait passer à côté d’elle sans la remarquer. De l’extérieur, elle ressemble à beaucoup d’autres églises de la région, en brique, alliant le néo-roman et quelques touches de renaissance flamande.
Mais il serait dommage de ne pas y entrer ! Tout l’intérêt de cette église réside à l’intérieur, dans ses décorations inspirées de l’art roman et dans ses magnifiques vitraux.

Auparavant se dressait là une petite chapelle qui était devenue trop petite pour accueillir les nouveaux habitants du quartier du “Plouich”, des ouvriers travaillant dans les récentes usines construites alentours (dont la grande usine textile Boussac qui perdura jusqu’aux années 1970).

L’église a été entièrement financée par Louis Delos, un riche propriétaire qui avait été détenu en tant qu’otage en Lituanie durant la Première guerre mondiale. Il s’était juré que, s’il s’en sortait vivant, il bâtirait à son retour une église sur les terrains qu’il possédait à Marcq-en-Baroeul. Ce qui fut fait entre 1924 et 1925.

L’église a été dessinée par le Lillois Maurice Cockenpot (1879-1949), architecte des communes et des établissements publics du département du Nord. (Il a également créé les églises Saint-Charles et Saint-Philibert de Lille, des mairies et plusieurs belles demeures de la métropole lilloise).
Le style est à la fois original et harmonieux, rappelant un peu le “rouge barre” typique de la région.

L’église est dédiée à saint Louis, alias Louis IX, roi guerrier qui fit plusieurs croisades, représenté dans tout l’édifice au travers de vitraux, de tableaux et de sculptures.

Les très beaux vitraux consacrés à la vie de saint Louis ont été réalisés par le Parisien Charles-Henri Champigneule, de la grande maison de verriers lorrains (qui a aussi réalisé les vitraux de l’église de Bouvines).
Si la plupart des vitraux ont été offerts par les grandes familles industrielles de l’époque (dont la famille Delos), certains ont été financés par les paroissiens ou l’Institution Libre de Marcq.

Les 10 vitraux racontent la vie de saint Louis, de sa naissance à sa mort. Situés assez bas dans l’église, ils peuvent ainsi être observés de près, pour en voir les nombreux détails. On en vient à chercher les croix et les fleurs de lys, à observer les expressions des visages, à admirer les couleurs chatoyantes, la perspective et la profondeur…

Le dernier vitrail, “La mort à Tunis”, a été offert à l’église par la chocolaterie Delespaul-Havez, dont l’usine était située à quelques centaines de mètres de l’église. Si ce nom ne vous dit rien, sa création la plus célèbre, le carambar, ne vous est sans doute pas inconnue.

Sous chacun des vitraux, vous pouvez scanner un QR code qui vous mène vers de courtes vidéos Youtube vous expliquant ce que “racontent” les vitraux, les détails à remarquer, la signification des symboles plus ou moins cachés, et l’histoire de Louis IX. C’est une excellente idée !

En 1955, quatre nouveaux vitraux ont été installés dans le chœur, figurant quatre saintes françaises : sainte Geneviève, Jeanne d’Arc, sainte Thérèse et sainte Clothilde. Réalisés par les maîtres verriers lillois Dessouter et Boutin (qui ont aussi créé les vitraux de l’église Saint-Chrysole de Comines), ils ont été dessinés par l’abbé Pruvost, prêtre artiste du diocèse.

Les vitraux de la “salle Saint-Louis” et de la “chapelle de la semaine” datent, eux aussi, des années 1950.

Des vitraux plus petits se situent en hauteur, ils évoquent, entre autres, les voyages du roi.

Le maître-autel en marbre blanc et rouge porte les armes de saint Louis : les fleurs de lys sur un blason, derrière lequel se croisent l’épée de Charlemagne et la main de justice.
La toile peinte en 1935 par d’Hollander, accrochée derrière l’autel, représente saint Louis offrant sa couronne au Christ et à la Vierge.

De chaque côté du chœur, deux jolis autels en bois sculpté de style néo-gothique sont dédiés l’un au Sacré cœur et l’autre à la Vierge.

Le peintre d’Hollander est également l’auteur du chemin de croix.

Modeste par ses matériaux et son plan, l’église Saint-Louis de Marcq-en-Baroeul possède toutefois un style très harmonieux. Il serait dommage de passer à côté, d’autant plus que le diocèse et la paroisse se sont donné du mal pour mettre en valeur ses magnifiques vitraux.

L’église Saint-Louis du Plouich est malheureusement très peu ouverte, mais si vous ne pouvez pas vous y rendre un vendredi soir, attendez les Journées du Patrimoine en septembre : pour l’occasion, l’église est ouverte tout le week-end.

Si vous aimez les belles églises, vous avez l’embarras du choix dans la Métropole de Lille : Notre-Dame de la Treille à Lille, bien sûr, mais aussi l’église désacralisée Sainte-Marie-Madeleine, la superbe église Saint-Joseph de Roubaix, le bijou Art déco Sainte-Thérèse de Wattrelos, l’église Saint-André où De Gaulle fut baptisé, l’église Saint-Christophe de Tourcoing, l’église de Bouvines et ses superbes vitraux, sans oublier la collégiale Saint-Piat de Seclin, la plus ancienne.

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