Coups de coeur

A la découverte de Conchy-sur-Canche, village patrimoine fleuri

img 20210819 163639

Conchy-sur-Canche est un village plein de charme, façonné par son fleuve côtier, la Canche. Autrefois animé par ses moulins et son ancienne scierie, il conserve un riche patrimoine rural, entre fermes traditionnelles, église et ancien presbytère. Son centre au plan ovale témoigne de son histoire, où vie civile, religieuse et économique se sont entremêlées au fil du temps.

Situé entre Frévent et Hesdin, entouré de collines boisées, le charmant village de Conchy-sur-Canche est une halte parfaite pour les amoureux de nature et de patrimoine rural. Idéal pour une balade à pied, ce village authentique séduit par son cadre paisible et fleuri.

Dans la région, on surnomme Conchy-sur-Canche « le village jardin » : la commune est labellisée « quatre fleurs » au concours des villes et villages fleuris depuis 2012 et, en 2021, elle a obtenu le prix national de la diversité végétale. Une belle récompense pour les planteurs et paysagistes locaux !
D’ailleurs, si vous êtes amateurs/trices de fleurs ou que vous voulez en apprendre plus sur les végétaux, venez à Conchy le deuxième dimanche d’octobre, durant la « Fête des jardins d’automne ». Au bord de la Canche, l’ancienne scierie réhabilitée en espace polyvalent accueille une quarantaine d’exposants locaux : pépiniéristes, paysagistes, spécialistes de la décoration de jardin, peintres, maraîcher bio, vendeurs de produits dérivés du miel (cosmétique, alimentaire…) ou de lait d’ânesse.

L’histoire du village

Conchy existait déjà à l’époque des Gallo-Romains. Elle a été ravagée par les Huns en 421 et « importunée » durant des siècles, au point qu’elle a été fortifiée au 12e siècle afin de protéger l’emplacement d’un passage à gué sur la Canche, faisant de Conchy un endroit stratégique, comprenant un château fort, des fossés et une enceinte murée.

Ces fortifications n’ont malheureusement pas empêché son invasion lors de la guerre franco-bourguignonne au 15e siècle : en 1472, Conchy a fait partie de la liste des villages détruits lors d’une expédition dirigée vers Hesdin, qui a tout brûlé sur son passage entre l’Authie et la Canche.

Au 18e siècle, Conchy comptait deux moulins sur la Canche, l’un à blé et l’autre à huile. L’un d’eux était encore en activité lors de la Première Guerre mondiale et a été transformé ultérieurement en scierie, qui employait une trentaine de personnes avant de fermer en 2008.

La place du village servait de lieu de processions et il existait de nombreux corps de métier : briquetier, forgerons, ménagers, cordonniers… En 1918, l’armée britannique a construit une ligne de chemin de fer reliant Frévent à Hesdin qui traversait le village.

Conchy-sur-Canche, village patrimoine

La commune fait partie des villages labellisés Village Patrimoine, qui mettent en avant leur patrimoine, quel qu’il soit (historique, culturel, naturel, architectural, etc.) Chaque pierre, chaque ruelle raconte une histoire.

Les panneaux « village patrimoine » disséminés sur un parcours de 1km (30mn) permettent de découvrir Conchy-sur-Canche en longeant le tracé des anciens fossés défensifs du château fort, aujourd’hui disparu. Certains éléments du village sont particulièrement mis en valeur : les berges de la Canche, l’église, l’ancienne scierie, avec la plantation de nombreuses variétés de vivaces, d’arbustes et d’arbres.

Le parcours commence sur le parking situé à côté de « La Scierie », l’espace culturel. Un premier panneau présente le village.

On remonte le chemin pour parvenir à l’église Saint-Pierre. Elle aurait été construite au 12e siècle, sur un soubassement encore plus ancien.
Puisque nous parlons de l’église, abordons l’histoire de Gérard de Conchy : nommé évêque d’Amiens en 1247, il a accompagné Saint-Louis lors de sa première croisade, en 1249. En 1251, Gérard de Conchy a institué dans le diocèse d’Amiens la fête de saint Juste et de saint Arthémis, martyrisés près de Conchy-sur-Canche. Mort en 1257, son gisant est visible dans la cathédrale d’Amiens.

Située sur une zone frontière entre le royaume de France et les Pays-Bas espagnols, Conchy a été, à maintes reprises, le cadre d’affrontements. En 1421, l’église a été brûlée par l’armée française après avoir évacué les habitants qui s’y étaient réfugiés. Il n’en restait que le chœur. Il a fallu attendre le milieu du 19e siècle pour qu’elle soit restaurée, en 1844, et dotée d’une nef.

Nous continuons la promenade pour découvrir le patrimoine bâti très ancien, construit en torchis.
La rue de l’Église est tracée en arc de cercle, ce qui correspond vraisemblablement au fossé qui servait de barrière défensive à l’ancienne forteresse. Dans cette rue, on aperçoit un muret de briques et de torchis, très rare dans le secteur.

Sur la droite, autre rareté avec un mur en torchis en arc de cercle. C’est le mur des dépendances de la maison voisine, placé en arc de cercle pour épouser la forme de la rue.

Faites le tour (c’est le cas de le dire) de ce mur arrondi pour observer la maison qui fait le coin.
Sise au 15, rue de Saint-Pol, elle fait partie des maisons en torchis dites « à étage ». Des murs pignons en pierre blanche encadrent les murs construits sur un assemblage de pans de bois et torchis. L’ensemble est posé sur un soubassement de silex, qui évite la montée d’humidité dans les murs.
Les pignons en pierre sont terminés par des « queues d’hirondelles » en briques qui protègent les pierres des infiltrations d’eau de pluie.

Si l’on suit le parcours, il faut normalement aller en face, dans la rue des Ménagères, mais mon attention a été attirée sur la rue Saint Pol par des pierres blanches et de beaux hydrangeas roses pimpants.

Cette grande ferme abritait peut-être un autre type de bâtiment auparavant, ces pierres blanches me font penser à un édifice bien plus ancien.

Ces pierres sont d’ailleurs gravées de noms, de date et de dessins, dont une marque de tailleur de pierre.

J’ai également distingué des initiales R.I., la représentation d’un édifice auquel on accède par une échelle (un moulin ?) et un René qui a laissé son nom en 1942.

Un soldat nommé Dufour a également gravé son nom en 1914.

Retournons sur le parcours, rue des ménagères, où l’on trouve un grand bâtiment au toit pentu et bardé de bois.

Faisons tout le tour de la rue des Ménagères. Au bout, en empruntant sur quelques mètres un petit chemin herbeux, on se retrouve face à un terrain privé où se situait par le passé la motte castrale. C’est là que se dressait le château fort, à un emplacement stratégique, mais il n’en reste plus rien.

Après la motte castrale, tournons à gauche dans la rue Saint-Pol vers le pont qui enjambe la Canche, pour retourner à la salle de La Scierie.

À cet endroit qui longe la Canche, au Moyen-Âge, on retrouvait un moulin connu dès le Moyen Âge. C’était un moulin à eau, « à roues perpendiculaires et à mouture économique » qui produisait 15 quintaux de farine par jour.
Une scierie s’est ensuite installée sur le site. Elle a fermé ses portes en 2008, puis la municipalité l’a transformée en espace culturel en 2014. Un bâtiment réhabilité avec des essences locales de bois et qui se veut exemplaire sur le plan environnemental.

La Canche est un fleuve côtier long de 100 km qui prend sa source à Gouy-en-Ternois et se jette dans la Manche, entre Étaples et Le Touquet. En 1855, la Canche alimentait 24 moulins, 2 filatures, 5 blanchisseries et 3 tanneries.

Retournons tranquillement vers l’église pour « boucler la boucle ».

Conchy-sur-Canche tient à garder son label 4 fleurs 😉 À chaque coin de rue, les jardinières débordent de fleurs colorées, les espaces verts sont soigneusement entretenus, et les massifs floraux changent régulièrement pour suivre le rythme des saisons.

La balade est donc particulièrement agréable entre les fleurs colorées et odorantes.

L’église est située juste à côté de la mairie, anciennement le presbytère, refaite à neuf en 2011.

Des chemins de randonnée, tels le GR121 ou le circuit des 3 clochers, traversent Conchy. Ils sont l’occasion de découvrir une nature riche et un patrimoine original dans ce petit village paisible.

Puisque vous êtes dans le coin, promenez-vous dans le bourg voisin de Boubers-sur-Canche, lui aussi village patrimoine. Si vous aimez les fleurs, ne passez pas à côté des magnifiques Jardins de Séricourt et, juste à côté, la jolie ville de Frévent,. Et si vous préférez les vieilles pierres, l’église gothique d’Auxi-le-Château est juste quelques kilomètres plus au sud.

Cet article vous a plu ? Gardez-le ou partagez-le.

0 Shares

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.