Berck-sur-Mer, c’est d’abord une plage immense, balayée par des vents qui attirent les chars à voiles et les cerfs-volants. C’est aussi l’un des rares endroits de la côte où l’on peut observer une colonie de phoques se prélasser sur les bancs de sable. Mais la ville ne se résume pas à son littoral : elle possède un riche patrimoine architectural, avec ses villas balnéaires, ses deux églises aux styles contrastés, et son musée Opale Sud, qui raconte l’histoire artistique et maritime de la région. Entre nature, culture et charme Belle Époque, Berck a bien plus à offrir qu’un simple bol d’air iodé.
Posée entre les dunes et la mer, Berck-sur-Mer déploie son charme discret au rythme des marées et des vents salés.
Autrefois village de pêcheurs, Berck a connu une transformation spectaculaire au 19e siècle, grâce à l’arrivée du chemin de fer et à la réputation de son air marin et de ses soins. La ville est alors devenue une station balnéaire et climatique réputée, accueillant malades, curistes et vacanciers.
Aujourd’hui, Berck-sur-Mer est un doux mélange de plage immense, de nature sauvage et de souvenirs de villégiature Belle Époque.
Les Phoques en baie d’Authie à Berck sur Mer
À marée basse, rendez-vous dans la baie d’Authie pour apercevoir la colonie de phoques gris et de veaux-marins qui se repose sur les bancs de sable.
Ils peuvent être observés tous les jours de l’année, à marée basse, à la jonction entre l’Authie et la Manche, près du Club Nautique Berckois situé au bout du Chemin aux Raisins. Ils sont visibles à environ 100 mètres, de l’autre côté de l’Authie, là où ils se sentent en sécurité.

À partir de 2h30 avant la marée basse, les bancs de sable se découvrent, les phoques en profitent pour se réchauffer sur le sable. Consultez les horaires des marées et prévoyez vos jumelles.

Après avoir contemplé les phoques, vous pouvez continuer votre balade en remontant la plage ou en empruntant le sentier dunaire. De mon côté, j’ai choisi la plage pour l’aller et les dunes pour le retour.


Vous pouvez repartir vers le parking et le phare, mais vous pouvez aussi faire un petit détour à l’intérieur des dunes sur le sentier des Garennes (boucle de 1,5 km).

Le sentier de grande randonnée GR 120, appelé aussi « sentier des douaniers », traverse la commune en longeant la côte et suit en partie le sentier des Garennes.


Faire une balade nature à Berck-sur-Mer.
Le musée de Berck-sur-Mer « Opale Sud »
Installé dans une ancienne gendarmerie, ce musée explore l’histoire maritime et artistique de Berck, avec des œuvres de peintres venus capturer la lumière de la côte.

Créé en mars 1979 dans une ancienne gendarmerie, le musée de Berck-sur-Mer s’est agrandi en 2002 d’une construction neuve à l’arrière du bâtiment. Situé à 300 mètres de la plage, il est labellisé Musée de France et présente sur deux niveaux collections permanentes et expositions temporaires.

Le rez de chaussé présente principalement des oeuvres de « l’école de Berck-sur-Mer« , née en 1877. Ces peintres, souvent issus de milieux aisés, partageaient une même vision artistique et des valeurs communes. Sur les plages de Berck, ils pratiquaient la peinture en plein air, inspirés par la lumière, les paysages maritimes et le quotidien des pêcheurs.



Leur présence régulière, facilitée par le développement du train, a donné naissance à un véritable foyer artistique, dont les œuvres témoignent encore aujourd’hui de la beauté brute du littoral berckois.


En août 1866, Auguste Renoir, Alfred Sysley et Jules Le Coeur ont séjourné Berck, tout comme Edouard Manet en juillet 1873. Eugène Boudin y consacrera plus d’une centaine d’oeuvres jusqu’en 1894.

Mais les trois noms que l’on retrouve le plus sont ceux de Ludovic-Napoléon Lepic, Francis Tattegrain et Charles Roussel, qui ont peint de nombreux tableaux des années 1880 au début du 20e siècle.



Entre la baie d’Authie et l’extrémité nord de la plage, les artistes trouvaient une source d’inspiration inépuisable. Peintres comme photographes capturaient les scènes de pêche à pied, les bateaux échoués, les matelotes en action, véritables icônes du quotidien maritime.





Le musée a également reconstitué l’intérieur d’une habitation de pêcheur, avec ses objets religieux, son poêle et sa cafetière, ses grandes bottes en cuir, ses filets de pêche et son mobilier sommaire.
Le sol carrelé était sablé chaque matin. Le « seillage », bahut typiquement picard, éventuellement surmontée d’une potière, était l’élément essentiel de la pièce principale. Les faïences avec décor de pagode étaient très populaires.

En 1891, Berck-sur-Mer a accueilli un « asile maritime » financée par des fonds privés (des personnalités et des médecins de la ville), qui a fonctionné jusqu’en 1930 pour venir en aide aux marins malades ou nécessiteux. L’Hôpital Maritime de Berck , récemment créé, ne prenait en charge que les enfants atteints de certaines maladies osseuses, laissant ainsi les habitants sans soins adéquats en cas de maladie ou d’accident.

Co-fondateur de l’asile maritime, l’artiste Francis Tattegrain a réalisé des portraits saisissants des pensionnaires, attirant ainsi l’attention de la communauté bien au-delà de la région. Ces portraits ont d’ailleurs été mis en jeu lors d’une tombola organisée pour financer l’asile.

Ces petits portraits sont aussi saisissants qu’émouvants…

Le second étage du musée abrite les collections archéologiques de Berck-sur-Mer. Je ne m’attendais à rien de particulier et j’ai été ébahie par la qualité et la délicatesse de certains objets, notamment l’orfèvrerie mérovingienne.

Créé en 1979, le musée de Berck ne possédait à l’origine aucune grande collection archéologique, contrairement à ses prestigieux voisins (Boulogne, Amiens…). Mais grâce à l’aide du Fonds Régional d’Acquisition des Musées, il a pu enrichir ses salles avec des objets issus de la célèbre collection Bellon, offrant un éclairage précieux sur l’histoire ancienne du Nord de la France.

Aujourd’hui, 41 vitrines présentent des pièces issues de fouilles locales, menées entre les années 1970 et 1990, notamment par des bénévoles et l’INRAP. Parmi les objets phares : un bracelet en or de l’âge du Bronze, du mobilier funéraire gaulois, des offrandes de sanctuaire, et une statuette du dieu Sucellos, témoin des racines celtiques de la région.


A droite, la statuette de Sucellos, dieu celte, est l’une des plus belles découvertes en France.

Dans les années 1870, Louis-Gabriel Bellon, industriel du textile à Rouen, transforme sa fortune en une exceptionnelle collection d’antiquités, l’une des plus importantes de France à la fin du 19e siècle. Fasciné par l’Antiquité classique, il fouille avec l’archéologue Auguste Terninck plusieurs nécropoles gallo-romaines proches de sa maison. Ils y découvrent notamment des tombes aristocratiques et une superbe œnochoé en bronze (cruche à vin). Comme tout collectionneur, il cherche aussi des pièces rares, comme un encrier en forme de tonnelet ou une corne précieuse.


Des objets mérovingiens des 6e et 7e siècles proviennent de 12 000 tombes fouillées dans la région. Beaucoup d’armes blanches et de poteries, mais aussi de très belles boucles de ceinture et broches décorées.


L’époque mérovingienne livre les objets les plus spectaculaires de cette exposition : armes, bijoux, épées en damas, et de superbes colliers de perles d’ambre et de verre.


Parmi les bijoux, on trouve des fibules en forme de griffons, portées par une aristocrate du 6e siècle, et une autre pièce d’orfèvrerie unique, décorée d’un motif de svastika agrémenté de têtes d’oiseaux.


Les fouilles subaquatiques du site de Grigny ont livré de nombreux objets de la vie quotidienne qui avaient tout simplement été jetés au pied du château local, du 13e au 17e siècle.

L’abondante vaisselle vernissée découverte dans la Ternoise illustre la tradition potière dont les productions de Desvres sont les héritières.

Le musée Opale Sud organise des activités pour les familles et les groupes : jeu de piste mystère, visite guidée, lecture, livrets de découverte, jeu de l’oie, atelier peinture ou gravure, découverte archéologique…
La Ville de Berck-sur-mer et le Musée ont signé la Charte « MÔM’ART » pour l’accueil des enfants.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 60, rue de l’Impératrice 62600 Berck-sur-Mer
Horaires : de 10h à 12h et de 14h à 18h. Fermé le lundi et le mardi matin. Fermé les jours fériés : 1er janvier, Lundi de Pâques, 1er et 8 mai, Fête de l‘Ascension, Lundi de Pentecôte, 14 juillet, 15 août, 1er novembre, 11 novembre, 25 décembre.
Tarifs : 4 euros. Tarif réduit : 2,5 euros. Gratuit le premier dimanche du mois, ainsi que pour les enfants, étudiants, demandeurs d’emploi…
La plage de Berck
Berceau du char à voile, Berck est le paradis des amateurs de sports de glisse. Aux commandes d’un cerf-volant, d’un kite surf ou d’un char à voile, où tout simplement en marchant le long des dunes et de la mer, vous prendrez un bon bol d’air iodé.

Le monument du Souvenir Français à Berck-sur-Mer est situé face à la plage et rend hommage aux soldats morts pour la France lors de la guerre de 1870-1871. Inauguré en 1913, il est surmonté d’une statue en bronze représentant un fusilier marin, réalisée par le prolifique sculpteur Aristide Croisy.

Créé en 1892 par la sculptrice Marie Cazin-Guillet, la sculpture connue sous le nom de « Marianne Toute Seule » représente deux femmes et un garçonnet symbolisant la Science et la Charité soignant un enfant. Ce bel ensemble rend aussi hommage à Marie-Anne Elizabeth Brillard, l’une des deux fondatrices de l’hôpital maritime de Berck, aux côtés de Marie-Anne Duhamel. Elles ont contribué à la création de cet établissement en accueillant et soignant des enfants scrofuleux à partir de 1854.

Chaque printemps, le ciel de Berck s’illumine de formes colorées et poétiques, dans un spectacle unique au monde. Les Rencontres internationales du cerf-volant sont l’un des événements les plus emblématiques de la région.


Avec ses 12 kilomètres de sable fin, la plage de Berck est idéale pour marcher, pratiquer le char à voile ou simplement profiter du grand air.

L’Esplanade Parmentier et la promenade du Professeur Debeyre qui longent la plage, sont les promenades préférées des Berckois ; elles sont accessibles à tous.


L’église Saint Jean-Baptiste et son cimetière
L’église de Berck Ville (Notre-Dame des Sables) a longtemps été le lieu de culte de la marine locale, tandis que celle de Berck plage (Saint Jean-Baptiste) a été celui des malades et des baigneurs.
L’église Saint Jean-Baptiste, située au nord de la commune, est dotée d’une tour massive à base carrée bâtie au 13ème siècle. Elle a, pendant longtemps, porté un feu dans sa partie haute et a servi de phare comme de tour de guet.

Cette tour n’a pas de fenêtre hautes, mais des meurtrières. Auparavant, elle se terminait en terrasse, mais on y a ajouté un clocher au 17ème siècle.

La tour est poursuivie d’une nef flanquée d’un seul bas-côté, à gauche, qui se termine par un chœur plus élevé daté du 16ème siècle. La charpente de la nef, recouverte de bois comme la coque d’un bateau renversé, est simple.

Les vitraux, créés à la fin des années 1950, ont été financés par les familles locales et les religieuses. Chaque vitrail porte une dédicace.
Notre Dame du Puy (en Velay), un monument majeur de l’art roman, que l’on voit derrière la Vierge.
Saint Benoit Joseph Labre, un pèlerin mendiant originaire de Boulogne et canonisé en 1881.

Le pape Saint Pie X, canonisé en 1954. Et la Sainte Famille, dont le vitrail a été financé par « Les religieuses de la Sainte Famille de Berck-ville ».

Notre Dame de Fatima rappelle les apparitions mariales reçues par trois petits bergers à Fátima, un village de la région centrale du Portugal, en 1917.

Notre Dame de Boulogne est naturellement représentée car elle protège les marins.
Saint Catherine Labouré, canonisée en 1947, est une religieuse française qui aurait vu des apparitions de la Vierge en 1830.

Le prêtre italien Saint Jean Bosco, canonisé en 1934, a voué sa vie à l’éducation des jeunes enfants issus de milieux défavorisés.

Un Ex-voto (maquette de bateau pour une protection ou en reconnaissance de celle-ci) a été placé à côté d’une statue en bois de Sainte Rita.

Sur la chair à prêcher du 19e siècle ne sont pas représentés les évangélistes ni les vertus théologales (foi, espérance, charité), mais Moïse, Saint Antoine, un pape…

Le choeur accueille un bel autel « du sacré coeur » en bois du 19e siècle sur lequel, dans la partie inférieure, est représenté la cène.

Sur la clotûre du choeur figure, évidement, des scènes de la Bible en rapport avec les pêcheurs (pêche miraculeuse, multiplication des pains et des poissons…).

Certaines clefs de voutes représentent des figures animales ou les symboles des évangélistes.

Avis aux curieux, n’hésitez pas à lever les yeux et à chercher les « culs de lampe » qui représentent des scènes de la vie quotidienne des Berckois des 13e et 14e siècles : pêcheurs, boulangers, tonneliers, charpentiers…

Vous pouvez aussi distinguer des anges tenant un écu sur lequel sont représentées des armoiries.

L’église Saint-Jean-Baptiste est le point de départ du « Parcours des pêcheurs » de Berck-Ville. Ce parcours patrimoine se compose de 8 panneaux explicatifs sur la vie quotidienne des pêcheurs du Berck d’antan. Vous trouverez le premier panneau du parcours sur le trottoir en face de l’église.
Le cimetière de l’église
Le cimetière qui s’étend à côté de l’église Saint Jean-Baptiste, apparu au 13e siècle, est un véritable musée à ciel ouvert. Vous y rencontrez la vieille tombe de Léonie Duplais, qui a écrit plusieurs ouvrages sur l’histoire de Berck et a créé des œuvres sociales comme le « fourneau économique » (un service de distribution de repas abordables) en 1901. Le caveau Boulant avec son épi de maïs rappelle l’exploitation fermière de la famille. Celui de Jean Hagnéré, membre du commando Kieffer qui a débarqué en Normandie en 1944, mais est mort au large des côtes hollandaises. La tombe en grès rose du soldat Emile Brumart, né à Berck et tué en novembre 1914 à seulement 18 ans.
Le cimetière accueille aussi quelques jolies tombes et chapelles sculptées.


La tombe à gauche est celle de Michel Malingre, qui a été maire de Berck d’août 1914 à juin 1917 puis de 1919 à 1944.
La tombe de droit est originale par son bas-relief « ailé » : un calice avec une aile de chauve-souris d’un côté et une aile d’ange de l’autre, figurant la mort et la résurrection.

Le tombeau des Macquet (grande famille de Berck-sur-Mer) est orné d’un bas-relief en bronze du sculpteur lillois Henri Soubricas.

La famille de la jeune Annette Calonne a recouvert la clôture et les jardinières de sa tombe des coquillages qu’elle ramassait sur la plage.

Nous arrivons dans la partie du cimetière qui accueille le monument aux morts des guerres (de 1870 à nos jours) et quelques tombes de soldats français.
Maurice Roussel, 24 ans, est décédé durant l’invasion de la France en mai 1940. Il a été fusillé par des SS avec 10 autres soldats du 110e Régiment d’Infanterie fait prisonniers à Houlle, dans le Pas-de-Calais.
Né à Berck, Gaston Deligny est mort dans la Meuse durant la Grande Guerre. Agé de 25 ans, il était Maréchal des Logis au 27e régiment d’artillerie.

Joseph Chaumette, du 21e Régiment d’Infanterie Coloniale, est décédé à 27 ans en septembre 1915, au premier jour de la bataille de Champagne.
Né à Berck, Jean-Pierre Baillet est mort le jour de Noël 1958 en Algérie. Il n’avait que 21 ans.

Le monument aux morts porte un bas-relief en marbre blanc représentant une « Mater Dolorosa » avec, à ses pieds, un fusiller-marin et un soldat blessé.

Né à Berck, Henri Christen est décédé en avril 1943 au large du Cap Bon, lors d’une attaque aérienne durant la campagne de Tunisie. Il avait 28 ans.

Juste à côté, le carré militaire de Berck-sur-Mer recueille les corps de 242 soldats décédés suite à des blessures ou de maladie, durant la Grande Guerre. Berck abritait une vaste antenne chirurgicale formée de 23 hôpitaux militaires accueillant 6000 blessés issus de l’ensemble du front. Parmi eux, 45 soldats sont décédés après la fin des combats.
Au milieu du carré militaire se dresse depuis 1930 une colonne, au bout de laquelle trône une « veilleuse des morts ».

Au pied de cette colonne a été inhumé Albert Lucien Duvet, Président fondateur de « l’association amicale des mutilés et combattants de la Grande Guerre de Berck et des environs », décédé à Berck en 1927. Il a été organisateur et directeur du Cimetière militaire de Berck.

Originaire d’Armentières, Edouard Lesaffre, soldat au 5e Régiment d’Infanterie Territoriale, est décédé en juillet 1916 lors d’un accident de chemin de fer. Il avait 42 ans.
Né en Algérie, près d’Oran, Paul Delorme faisait partie du 2e Groupe d’Aviation. Il est décédé accidentellement en février 1921 à l’âge de 22 ans.

Originaire de Brest, Jean-François Olier, du 106e bataillon de chasseurs alpins, est décédé en mai 1918 de ses blessures reçues au combat. Il avait 24 ans.
Alain Lenaour, de la 11e section de commis et ouvriers militaires d’administration, est décédé accidentellement en avril 1918.

Né en Algérie, Camille Barthe de Minerval était membre des Chasseurs d’Afrique (des cavaliers). Il a été détaché à l’école d’aviation des frères Caudron du Crotoy où son avion s’est écrasé en mai 1917. Il avait 23 ans. Son père, Michel, né à Montevideo (Uruguay) était un militaire de carrière décoré de la Légion d’Honneur.
Originaire du Doubs, Just Vieille Grosjean faisait partie du 84e régiment d’artillerie lourde. Il est décédé à l’âge de 34 ans en octobre 1918 d’une « maladie contractée durant le service », une « broncho-pneumonie aigüe ».

Aiva ben Alben, travailleur colonial algérien, est décédé accidentellement en décembre 1918. Il avait envrion 35 ans.
El Hadj Ben Ousmaal Lefifel, membre du 9e Régiment de Tirailleurs Algériens, est mort en mai 1916 d’une « bronchite bacillaire » (bactérienne).

Originaire de Meurthe-et-Moselle, Joseph Picard, conducteur automobile au 8e escadron du train, est décédé en janvier 1919, à 34 ans, de la grippe espagnole.

Dernière particularité de ce cimetière, il possède le seul monument français rendant hommage aux 100 000 infirmières volontaires, et particulièrement aux 350 infirmières décédées, durant la Grande Guerre. Ce monument a été érigé par l’Association amicale des anciens combattants de Berck et inauguré en 1924.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 11, Chemin de la Rampée 62600 Berck
Horaires : du 1er octobre au 31 mars, du lundi au vendredi de 8h à 17h30 (9h, les samedi et dimanche). Du 1er avril au 30 septembre, du lundi au vendredi de 8h à 19h (9h, les samedi et dimanche).
Les jolies villas de Berck-sur-Mer
À partir de la seconde moitié du 19e siècle, Berck a changé de visage. Villas, hôtels et casinos sont sorti de terre, attirant une clientèle fortunée séduite par la réputation de ses établissements de santé. L’économie locale en a largement profité. Ce développement s’est encore accéléré au début du 20e siècle, grâce à l’arrivée du chemin de fer et à la mode des bains de mer, désormais accessibles à un plus large public.
Parcourez les rues proches du front de mer et le quartier des cottages pour découvrir les belles demeures de la Belle Époque, témoins du passé touristique de la ville. Aux styles architecturaux éclectiques et riches, elles sont presque essentiellement concentrées dans le quartier de Lhomel, particulièrement dans la rue Rothschild, la rue de la mer et la rue Arthur-Becquart.


Henri Valette était un architecte parisien qui s’est installé à Berck. Il a aussi créé des villas au Touquet et en région Île-de-France. Selon wikipedia, Henri Valette était « un spécialiste de la villa de style balnéaire associé de régionalisme, de néogothique et parfois teinté d’art nouveau ».
Il a dessiné les plans de l’édifice situé au 69 rue de la Mer avant 1914. A l’époque, le rez-de-chaussée était occupé par un commerce. A l’étage supérieur, l’avant-toit très saillant forme un auvent au-dessus d’un balcon courant sur toute la largeur de la façade.


On trouve à Berck quelques édifices de style art déco tardif, avec leurs grandes lignes géométriques qu’on disait de style « paquebot ».


Située au-dessus d’un commerce proche de la plage, un second étage en béton au style inimitable, sur lequel ont été sculptés des branches d’arbres et des rondins, comme une cabane en forêt.

La très jolie résidence « La Belle Époque » (13, place de l’Église) est un immeuble de rapport de style éclectique construit en 1912 sur les plans de l’architecte parisien Georges Bourlot (qui a beaucoup travaillé à Berck).



Particularité architecturale de la station, les maisons dites « Chalet Berckois », sont construites pour la villégiature. Elles sont érigées en retrait de la voirie. Leurs décors comprennent régulièrement un cartouche avec le nom de la maison, un jeu de couleurs, des murs à assises en briques alternées ou en lattes de bois.
Plusieurs maisons dites « chalets » sont encore visibles dans la rue Carnot (n°14 au n°16) et dans la rue du Dr Cazin (n°13 au n°15 bis) avec une série de 4 chalets jumelés : Pierrot, Colombine, Arlequin et Pierrette, construits par l’architecte Bonjean.

Focus sur le quartier de Lhomel
Ce quartier concentre les villas datant de la fin du 19e au début du 20e siècle, au style architectural affirmé. Emile De Lhomel, banquier, est devenu propriétaire vers 1863 d’un terrain compris entre la rue de l’Impératrice et le chemin aux raisins. Un quartier s’est construit à cette époque sur ce grand espace de dunes et de garennes. En 1873, la ville a revendu des parcelles, le quartier s’est agrandit et a prit le nom de ce propriétaire « De Lhomel ».
Dans ce quartier se trouve l’hôtel Régina, probablement construit vers 1900. Siège du commandement de l’armée allemande durant la Seconde Guerre Mondiale, l’établissement est devenu après-guerre propriété de la compagnie des houillères de France et a accueilli pour des vacances des mineurs du Nord-Pas-de-Calais accompagnés de leurs familles. L’hôtel est toujours en activité aujourd’hui.

La grande et belle maison du 25, rue Arthur-Becquart a été dessinée en 1911 par l’architecte Henri Valette. Surnommée la « villa Clos Fleuri », elle possède des jeux de volumes et de toiture, de hautes cheminées et de très jolis décors.



J’aime beaucoup le nom de cette maison : « Sourire du ciel » 🙂

Parmi les villas incontournables du quartier de Lhomel, la Villa « la Sablonnière » (24, rue des Frères Mozer) a été commandée par Monsieur Vaudry en 1920, à l’entrepreneur Tourolle, qui a réalisé un bâtiment aux décors colossaux, notamment sur son haut fronton.

Vous trouverez également « le Grand Trianon » (20, rue Marius Chambon) bâti par le parisien Albert Pouthier (auteur de nombreuses villas au Touquet et d’immeubles à Paris) en partenariat avec Raoul Choppin D’Arnouville, architecte parisien installé à Berck. L’édifice combine une architecture néo-classique avec des éléments rococo.

La grande « Villa Normande » présente sur sa façade de faux pans de bois dans le style néo-normand. L’édifice originel, bâti à la toute fin du 19e siècle, a accueilli des enfants malades. La villa a connu plusieurs phases d’extension et a toujours été dédiée aux soins hospitaliers. Elle est aujourd’hui un Foyer d’Accueil Médicalisé.

Au 44, rue Eugène Trigoulet, cette maison de style anglo-normand a été conçue vers 1930 par les architectes Georges Cretelle et Alcide Pichard.

Le « cottage des dunes » était au départ un casino planté au milieu des dunes, construit par Emile de Lhomel en 1883. Il a été transformé en hôtel en 1913, puis est devenu une pension pour enfants handicapés. Remanié et agrandi à de nombreuses reprises, le « cottage » est aujourd’hui un « lieu pour tous » regroupant crèche, associations, centre social, etc.




Entre le 4 et le 12 de l’avenue du Général de Gaulle s’étend un vaste immeuble créé en 1907 par l’architecte parisien Georges Bourlot.



La villa « Les Hirondelles » a été construite rue Singer dans l’entre-deux-guerres sur les plans des architectes Alcide Pichard et Georges Cretelle.


Henri Valette a également dessiné la jolie villa Le Cyclone, située au 3, rue Rothschild. Elle a été édifiée avant la Grande Guerre.

Jules Chiossone était un architecte français associé à Michel César Michel à Berck-sur-Mer, ayant conçu des maisons jumelées (4 Rue d’Estienne d’Orves) et une maison d’angle avec magasin (52, rue de l’Impératrice) vers 1925.

Le style art déco est bien présent, avec notamment de très jolies fleurs stylisées en bas-relief.



Rue de l’Impératrice, on retrouve aussi une maison au style éclectique mélant néo gothique, art nouveau et classicisme.


Cette maison peinte en jaune s’appelle « Mon plaisir ». C’est mignon !

La cabochon en céramique colorée de cette maison présentent des motifs fleuris inspirés de l’art nouveau.

La construction d’un nouvel hôtel des postes a été lancé en 1929 par l’architecte nordiste Jules Leconte. L’hôtel des postes a été mis en service en 1930 au 5, rue Gabriel Péri.

La pharmacie centrale a été « fondée en 1890 ». Elle vendait du « yohourt » et du kephir, ainsi que de « l’essence algérienne » (une solution pour inhalation à l’eucalyptol et au menthol).

L’église Notre Dame des sables
Avec l’arrivée massive des villégiaturistes à la fin du 19e siècle, l’église Saint-Jean-Baptiste est devenue trop éloignée, et la chapelle de l’Hôpital Maritime, trop petite.
Dès 1877, une nouvelle église a été imaginée pour Berck-Plage. La construction a démarré en 1882, grâce aux dons, souscriptions et concerts organisés par un comité local. Conçue par Clovis Normand, architecte de nombreuses églises au 19e siècle, l’église a été ouverte au culte en 1886, puis inaugurée en 1887 sous le nom de Notre-Dame-des-Sables.

L’extérieur de l’église a retrouvé ses couleurs « rouge barre » d’origine, qui peuvent rappeler les rayures du maillot de bain du 19e siècle.

La plus grande originalité de cet édifice est sa charpente en pitchpin (pins de marais) qui rappelle les premiers chalets en bois de la station. Cette charpente a été réalisée avec le procédé de « Hammer beam » (toit à poutres martelées), un style typique de l’architecture gothique anglaise du 15e siècle, ce qui en fait un monument unique dans le nord de la France.

Lieu de culte privilégié des malades et des baigneurs, ceux-ci sont accueillis par un grand tableau représentant, sur une dune, une vierge auréolée du soleil couchant. Cette « Notre Dame des Sables » a été réalisée par Henri Junker en remerciement de la guérison de son fils soigné à l’hôpital maritime.

Le chœur et la nef accueillent plusieurs vitraux. Ceux de la nef sont signés Charles Levêque, de Beauvais, datent de 1885. Ils ont été réalisés dans un style néo-gothique typique du 19e siècle.
Chaque vitrail est détaillé grâce à un petit cartouche : on reconnait ainsi le saint ou la sainte représenté, ainsi que le nom du donateur.





Des deux côtés de la nef, on trouve des poutres sur lesquelles sont accroché les panneau des stations du chemin de croix et se tiennent de petites statues en bois peint d’un saint ou d’une sainte.



Commandé en 1933 à la maison Gonzalez de Paris, l’orgue a été installé en 1936. Il a été restauré en 2008.

En 1841, un violent orage a causé le décès d’une cinquantaine de marins de la paroisse de Cayeux. Ceux de Berck, épargnés, ont décidé d’ériger un calvaire sur le chemin qui menait à la Baie d’Authie. En 1885, après avoir été déplacé rue du docteur Calvé, il a été démonté, car en très mauvais état et offert au peintre Francis Tattegrain. À sa mort en 1918, ses héritiers l’ont rendu à la paroisse qui a décidé de le restaurer.


Certes, Notre-Dame des Sables est une église de villégiaturistes, mais elle se situe dans une ville de pêcheurs. La chair de vérité est sculptée d’une ancre de marine et d’un calvaire de marins.

On est surpris de découvrir sur les murs du choeur une série de fresques murales réalisée par les artistes René et Luc-Olivier Lesieur (père et fils) à la demande de l’abbé Asset. Ces fresques représentent à gauche des moments de la vie de Marie et à droite les sept sacrements (baptême, confirmation, eucharistie, mariage,…).



De part et d’autre du tableau de « Notre Dame des Sables » se trouvent deux toiles représentants « La primauté de saint Pierre » et « La vision de saint Dominique », réalisées là-aussi par René et Luc-Olivier Lesieur.





Ne ratez pas l’église Notre-Dame des sables si vous vous promenez dans le centre-ville de Berck : c’est un incontournable !
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Place de l’Église 62600 Berck
Horaires : l’église est ouverte tous les jours de 10h à 19h
Le phare de Berck-sur-Mer
Terminons notre journée à Berck par son phare, situé dans les dunes à proximité de la Baie d’Authie et de l’hôptial Maritime. Reconstruit en 1949 après la destruction de l’ancien phare durant la Seconde Guerre Mondiale, il culmine à 40 mètres de hauteur.

On ne peut pas accéder au sommet du phare en raison de l’escalier qui n’est plus aux normes. Cependant, l’Association Berck Patrimoine et Traditions vous permet d’entrer dans la maison du gardien et ainsi de découvrir par petits groupes l’habitat traditionnel de pêcheurs berckois.
Elle est ouverte tous les dimanches de juillet et août de 14h30 à 16h30, ainsi que durant des visites guidées périodiques.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Avenue du Phare 62600 Berck
Horaires : durant les Journées du patrimoine, les dimanches après-midi de juillet et août, et durant des visites guidées (voir à l’Office du tourisme).
Entre plages infinies, nature préservée et patrimoine méconnu, Berck-sur-Mer révèle bien plus qu’un simple décor balnéaire. C’est une ville où la lumière inspire, où les phoques jouent à marée basse, et où l’histoire se lit dans les villas, les musées et les églises. Que l’on vienne pour souffler au grand air, flâner sur le sable ou découvrir ses richesses culturelles, Berck invite à ralentir… et à revenir. 😉
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Puisque vous êtes dans le coin, vous pouvez vous promener à Merlimont et parcourir le sentier de la Dune parabolique. Vous pouvez aussi descendre un peu plus au sud pour faire la Randonnée les Crocs autour du Marquenterre. Et vous pouvez remonter jusqu’à la jolie ville de Montreuil-sur-Mer ou visiter la magnifique abbaye de Valloires et ses jardins. Vous pouvez aussi passer une journée, juste en face, à Etaples.
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