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Une journée à Hondschoote, parenthèse enchantée en flandre

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En Flandre maritime, Hondschoote est une charmante petite ville au riche passé historique. Ancienne capitale du drap de lin, elle séduit par son patrimoine flamand préservé, ses moulins emblématiques et son église majestueuse. Flâner dans ses ruelles, c’est plonger dans une atmosphère authentique, entre traditions et convivialité.

Non loin de Bergues et de la frontière belge, cette petite ville des Flandres vous invite à découvrir son riche passé, entre gastronomie, production de lin et patrimoine. Je m’y suis rendue pour visiter l’hôtel de ville et j’y suis restée la journée, ébahie par les beautés que l’on peut trouver dans ce bourg rural.
Pour information, Hondschoote se prononce « onde-ts-côte » 😉

L’histoire d’Hondschoote

Avant la Révolution française, Hondschoote dépendait du châtelain de Bergues.
Des centaines d’ateliers de tisserands filaient le lin cultivé dans les champs alentour. Hondschoote prospérait grâce à l’industrie du drap, qu’elle exportait jusqu’en Turquie.
Devenue française en 1658 (elle appartenait auparavant aux Pays-Bas espagnols), Hondschoote a été pillée et incendiée à plusieurs reprises par la suite, et surtout durant l’invasion hollandaise de 1708. Les producteurs de tissu se sont réfugiés en Belgique et en Angleterre, et Hondschoote est devenu un simple village agricole.

Jacques Josse Coppens est devenu seigneur d’Hondschoote en 1753. Armateur à Dunkerque, écuyer, seigneur d’Hersin et de Coupigny, il a acheté Hondschoote en 1749 au prince de Hornes, puis, en 1751, il a fait l’acquisition du grand bailliage de la ville de Bergues. Il était l’époux d’Anne Marie Bart, nièce de Jean Bart, le célèbre corsaire Dunkerquois.

Eugénie de Lamartine, sœur du célèbre poète Alphonse de Lamartine, a épousé en 1816 Bernard Coppens d’Hondschoote, officier d’état-major (et fils de Bernard Pierre Coppens, avocat et maire de Dunkerque). Séduit par la région, Alphonse de Lamartine s’est présenté aux élections législatives du Nord : il a été député de Bergues de 1833 à 1837.

Pendant la Première Guerre mondiale, Hondschoote était située à une trentaine de kilomètres du front de l’Yser. Elle a été une base à l’arrière du front, organisant le passage et le stationnement de troupes et des chevaux sur les communes dépendant du commandement.

De nombreux régiments de différentes armes ont séjourné dans la ville, dont un bataillon de tirailleurs sénégalais, des troupes britanniques ou encore des troupes belges. Hondschoote a également accueilli un parc d’aviation et deux escadrilles à partir d’août 1915.

L’Hôtel de ville d’Hondschoote et son musée

Quelle beauté ! Vous ne pouvez pas le rater en arrivant sur la Grand’Place : on ne voit que lui.
Construit en grès et pierres blanches entre 1555 et 1558, il est l’un des rares exemples dans la région d’architecture de la période Renaissance. À cette époque, Hondschoote était une ville riche qui comptait plus de 20 000 habitants, ce qui explique les dimensions imposantes de cet édifice.

La façade présente sept blasons différents : les armoiries du Baron Coppens (dernier seigneur d’Hondschoote), les armoiries du couvent des Trinitaires, la Prévôté Saint Donat de Bruges, les armoiries de la ville instituée par le premier seigneur d’Hondschoote, les armoiries de la famille de Horne (seigneur de la ville jusqu’en 1749), les armoiries du 1er bailli de Saint-Hilaire et les armoiries des archers de Saint Sébastien (une confrérie du 16e siècle).

La façade possède aussi deux rangées de fenêtres à meneaux dont les vitres sont décorées de motifs géométriques différents.

La façade en pierre contraste fortement avec l’arrière du bâtiment fait de briques. Si l’arrière de l’hôtel de ville, avec ses pignons à pas de moineaux (en escalier), date lui aussi de 1556 – 1558, la tour et son clocheton ont été ajoutés à la fin du 19e siècle. Les briques ont été cuites au feu de bois, ce qui donne ce joli dégradé de couleurs allant du jaune au rouge.

Avez-vous remarqué cette forme de bouteille de vin qui encadre les fenêtres ? J’ai lu sur internet qu’il s’agissait d’un « arc flamand », mais je pense aussi que l’architecte devait avoir de l’humour… Sur le côté, on retrouve la forme d’une bouteille de cognac.

C’est par l’arrière que l’on descend dans l’ancienne salle des gardes, archers de Saint-Sébastien, qui assuraient la sécurité de la ville. Elle est restée en l’état, on se croirait dans un film !

Une fois passée la large porte d’entrée de l’hôtel de ville, on entre au rez-de-chaussée, dans la salle des pas perdus, où le baron Coppens assurait son droit de justice. Des panneaux représentant la place de la ville vers 1900 ont été peints par les élèves d’un professeur d’arts plastiques en s’inspirant de photos d’époque.
La demoiselle dressée au fond de la salle est Madame Bintje, la « géante de pomme de terre » de la ville.

Les hauts des murs sont couverts de panneaux en bois relatant l’histoire d’Hondschoote de 628 à 1860, dont les guerres, les pestes successives, les incendies et restaurations de l’église…
Un autre panneau liste les Hondschootois morts durant la guerre de 1870/1871 (perdue par Napoléon III).

Le caporal Frédéric Plecy, conseiller municipal d’Hondschoote, est décédé en 1916 dans la Meuse, à l’âge de 38 ans, au camp de la Chiffour (juste à côté de Verdun).

Le premier étage accueille la salle du Conseil municipal (aussi salle des mariages), où les murs sont couverts de tableaux (dont un représentant le baron Coppens).

Un impressionnant tableau représente la bataille d’Hondschoote, première grande victoire de la Révolution Française, peint en 1839 par Hippolyte Bellangé (un spécialiste des scènes militaires). Il a été offert à la ville par le Ministre de l’Intérieur à la demande du poète et député Lamartine.

Une maquette, reprenant en partie le tableau, a été réalisée dans le cadre du bicentenaire de la bataille en 1993.

Une belle horloge du début du 19e siècle est fixée au mur. Elle ne fonctionne plus, mais elle mettait en route ses petits automates lorsqu’elle sonnait.

Edmond Vansteenberghe, qui avait grandi à Hondschoote, est devenu évêque de Bayonne en 1939. Après ses protestations publiques contre la persécution des juifs et le STO, il a été surveillé et harcelé par l’occupant allemand, au point de décéder d’une crise cardiaque en 1943.

Lors de la visite, je dois admettre que mon étage préféré a été le second, où loge le musée abritant, entre autres, plusieurs œuvres de l’église d’Hondschoote.

De magnifiques tableaux et polyptyques (tableau en plusieurs parties) du 17e siècle ont été restaurés avec talent. Les couleurs sont superbes !

Ce polyptyque est consacré aux « sacrifices de l’Ancien et du Nouveau Testament » et à Saint-Vaast.

Cette superbe peinture sur bois représente « Le martyr de Saint Georges ». C’est une copie ancienne d’un tableau exécuté par le flamand Frans Pourbus pour l’église Saint-Éloi de Dunkerque en 1577.

Ce polyptyque sur bois représente d’un côté le Christ en croix et de l’autre la Vierge. Il a été peint par le flamand Geslenus Vroilynck, un maître Brugeois mort à Hondschoote en 1635.

Sur les murs sont visibles les grandes peintures de neuf « preuses » (héroïnes) sur fond noir, dont l’auteur et le commanditaire sont inconnus. De Jeanne d’Arc à Zénobie, reine de Palmyre, en passant par Pauline ou Lucrèce : ces peintures monumentales retrouvées dans le grenier de l’hôtel de ville restent un mystère…

Lors de fouilles archéologiques, des objets datant de l’époque gallo-romaine jusqu’au 18e siècle ont été découverts à Hondschoote. Des chaussures, des couteaux, des bols, des peignes, des assiettes…

L’ancien métier à tisser rappelle l’âge d’or d’Hondschoote, durant lequel on trouvait dans la ville plus de mille ateliers de tissage. On peut d’ailleurs admirer un livre listant les innombrables « marques de tisserands » (des symboles uniques) et une remarquable charte du Comte de Flandre datant de 1373.

L’hôtel de ville est visitable quelques jours par an, par le biais d’une réservation auprès de l’Office du tourisme. Je vous recommande chaudement cette visite guidée : non seulement elle vous permet d’accéder à tous les coins et recoins du bâtiment, mais le guide (adjoint au maire) vous racontera l’histoire de la ville avec nombre d’anecdotes singulières.
Les dates des visites sont affichées sur l’agenda de Tourisme Hauts-de-Flandre à partir du printemps.

L’église Saint-Vaast

Une vaste église s’élevait sur la Grand’Place à la fin du 14e siècle. La tour, construite en briques blanches et prolongée d’une flèche octogonale, a été construite en 1513. Elle est l’unique vestige originel de l’édifice, qui a été ravagé par un incendie en juillet 1582. L’église a été reconstruite entre 1602 et 1620, devenant une hallekerque typique de la Flandre (à 3 nefs d’égales hauteurs).

N’hésitez pas à entrer, l’église d’Hondschoote est souvent ouverte. Outre de très beaux vitraux, elle renferme un riche mobilier, datant principalement du 18e siècle, qui est presque entièrement classé aux Monuments Historiques.
L’intérieur de l’église a été restauré en 1836.

Alphonse de Lamartine a également obtenu que le gouvernement fasse don à l’église d’Hondschoote de cette Vierge à l’enfant datée de 1838.

L’impressionnante chaire de vérité en chêne date de 1755. Elle a pu être commandée en 1753 grâce à un don de Jacques Coppens, seigneur de Hondschoote (l’ange de l’abat-voix tient les armoiries de la famille Coppens). Elle a été réalisée par un sculpteur et un ébéniste Berguois.

La cuve de la chaire représente Jesus et les quatre évangélistes, encadrés d’angelots symbolisant les vertus cardinales.

La sculpture de Saint Jean-Baptiste a été ajoutée en 1863.

Dans la nef de droite, l’autel Saint-Sébastien a été dressé dans la deuxième moitié du 17e siècle par la confrérie des Archers en l’honneur de leur saint patron, Saint-Sébastien. En bois sculpté et doré, il présente des décorations en tilleul.
Au-dessous, le tableau d’autel représentait à l’origine le martyre de saint Sébastien, mais il était en si mauvais état qu’il a été remplacé à la fin du 19e siècle par une icône de Notre-Dame du Perpétuel Secours.

Dans la nef de gauche, l’autel « Notre Dame des Sept Douleurs », dit aussi « de la Pieta », date de la première moitié du 18e siècle. Sculpté dans le bois, le sujet principal représente le Christ mort, étendu sur les genoux de sa mère, soutenue par des angelots.

Les deux statues ajoutées au 19e siècle représentent sainte Apolline et sainte Isberghe (tante de Charlemagne).

À gauche du chœur, l’impressionnant « autel de la Vierge », aussi appelé « Autel du Rosaire », daté de 1724, a été construit en bois couvert d’une peinture monochrome qui donne l’illusion du marbre blanc. Le groupe sculpté représente le don du Rosaire par la Vierge à saint Dominique.
De part et d’autre de la niche, deux statues d’évêques : à gauche saint Éloi, à droite saint Vaast.

À droite du chœur, « l’autel du Saint-Esprit », aussi appelé « de la Pentecôte », est daté de 1730-1740. Il est décoré d’un tableau représentant « La descente de l’Esprit Saint au milieu des apôtres », du maître flamand Geslenus Vroilynck, daté de 1612.
De part et d’autre se trouvent des statues représentant saint Crépin (patron des cordonniers) et saint Séverin (patron des tisserands), pour une grande ville de tisserands et de drapiers… 😉

La très belle broderie d’or et d’argent sur velours de soie, devant l’autel, est datée de 1673. Elle représente la Sainte Famille.

Les vitraux créés par les célèbres ateliers Charles Lorin de Chartes, en 1924, relatent les grandes étapes de l’histoire chrétienne en France.

La très belle clôture de chœur (également appelé « banc de communion ») en chêne a été sculptée au milieu du 18e siècle : elle présente la date du 22 juin 1746.

Elle est ornée de huit médaillons illustrant « l’Arche de l’Alliance, le Palmier Céleste, le Puits d’eau vivante, le Sacrifice d’Abraham, l’Agneau Pascal, les pains de la Proposition de David, L’autel des parfums et la manne du désert ».

La dalle funéraire du baron Jacques Coppens et de son épouse Marie a été placée dans le chœur de l’église.

Un superbe dais de procession du 18e siècle, en bois peint et doré, se dresse devant le chœur. Autrefois utilisé pour les processions religieuses, c’est une pièce exceptionnelle dont la structure en tilleul a permis des sculptures d’une grande délicatesse.

Au-dessus des pieds, on peut admirer des têtes d’angelots surmontées de vases, de grappes de raisin et d’épis de blé, l’agneau pascal…

Le maître-autel dans l’abside centrale, est de style néogothique. Il est l’œuvre, vers 1870, de la maison Buisine, de Lille.

Datées du 17e siècle, les stalles (rangées de sièges, liés les uns aux autres et alignés le long des murs du chœur) possèdent des accoudoirs sculptés de visages ou d’animaux.

L’autel du Sacré-Cœur a été exécuté par l’atelier Patyn, d’Hazebrouck, vers 1885.

Le vitrail qui le surplombe est l’œuvre des ateliers Latteux-Bazin en 1892.

Ces trois cloches ont été fondues en 1888 par Paul et Charles Drouot, fondeurs à Douai. Elles ont été descendues du clocher en 1999 lors de l’installation du nouveau carillon et trois nouvelles cloches, de même poids mais mieux accordées pour le carillon, les ont remplacées.

Les confessionnaux en chêne finement sculpté datent du 18e siècle. Ceux portant de superbes reliefs dans les tympans ont été exécutés en 1737 par Pierre Van Brouckorst, sculpteur à Bergues.

Le buffet d’orgue en chêne, de style Renaissance, a été construit entre 1611 et 1613 par trois artisans d’Ypres. Le grand buffet a été remplacé en 1737 par Pierre Muys et Pierre Van Bouchorst, de Bergues.

Le carillon de l’église se composait de 16 grandes « clochettes » qui ont été confisquées en 1793, et détruites dans une fonderie à canons. Le 1er janvier 2000, un nouveau carillon de 61 cloches a été inauguré.

L’office du tourisme organise des visites de l’église Saint-Vaast d’Hondschoote, principalement du printemps à l’automne. L’association Yser Houck propose aussi des visites guidées dans l’année.

Le cimetière d’Hondschoote

Le cimetière d’Hondschoote, comme tous les cimetières, raconte l’histoire de la ville.
Un circuit « Première guerre mondiale » affiche des panneaux qui expliquent la vie de la cité, sous tous ces aspects, durant la Grande Guerre. Le cimetière en fait partie.

Sur plusieurs des tombes, on peut admirer des personnages sculptés, un ange pour des petites filles mortes trop jeunes, une vierge, une pleureuse…

Les frères Pierre et Augustin Lelieur sont tous deux décédés durant la Grande guerre.
Augustin, musicien et brancardier au 127e régiment d’infanterie, est décédé à 21 ans, le 24 juin 1918 alors qu’il était transporté en ambulance vers Compiègne.
Pierre, sergent au 165e régiment d’infanterie, est mort le 14 septembre 1918 à Laffaux dans l’Aisne. Il avait 23 ans.

Le message gravé sur cette tombe m’a beaucoup ému. Cette femme a dû épouser un homme qu’elle aimait sincèrement et qui est décédé jeune 🙁

Une tombe originale pour Auguste Vandermeersch, décédé de « maladie aggravée » à Ardres (Pas-de-Calais) en septembre 1918, alors qu’il était soldat au 127e régiment d’infanterie. Il avait 40 ans.

Le cimetière accueille aussi quelques jolies tombes sculptées ayant des réminiscences du style art déco.

Dans le cimetière est enterré Bernard Coppens, colonel d’état-major, maire de la ville d’Hondschoote et époux de Dame Eugénie de Lamartine, sœur du poète.
J’ai été surprise par la simplicité de sa tombe, quand on connaît les mausolées que se faisait construire certains maires ou capitaines d’industrie au 19e siècle…

Sur cette tombe, outre les noms de famille typiquement flamands, c’est la couronne de fleurs très joliment sculptée qui a attiré mon attention.

Au bout du cimetière civil, un cimetière militaire britannique accueille une cinquantaine de tombes.
Suite aux combats qui se sont déroulés en Flandre maritime durant le retrait des troupes britanniques vers Dunkerque en mai 1940, des soldats ont été enterrés dans le cimetière communal de Hondschoote. Parmi eux, plus d’un quart n’a pas été identifié ni même localisé. Nombre d’entre eux faisaient partie de régiments originaires du Yorkshire.

Le soldat James Westerman, du Duke of Wellington’s Regiment (Yorkshire), est décédé le 29 mai 1940 à l’âge de 32 ans. La dédicace gravée au bas de sa pierre tombale est particulièrement émouvante : « Si l’amour avait pu te sauver, mon chéri, tu ne serais pas mort. Tu nous manques tellement. RIP ».
Le soldat George Fletcher, lui aussi originaire du Yorkshire, est décédé un jour plus tôt, à l’âge de 23 ans. Il est enterré « près de cet endroit » et sa dédicace est là aussi poignante : « A la tendre mémoire de papa chéri. La mort divise, les souvenirs s’accrochent. Joan (sa fille) et Marion (son épouse) ».

Le sergent-major de l’artillerie John Rimmer est décédé le 28 mai 1940 à 26 ans. Il était marié et père d’une petite Shiela.

Originaire du Yorkshire, le sous-lieutenant John Stanley Bolt est décédé le 31 mai 1940 à 22 ans.
Le caporal Joseph Mc Pherson est décédé le 27 mai 1940 à 30 ans. Il était marié et avait deux jeunes enfants, Patricia et Ian.

Les Moulins d’Hondschoote

À eau ou à vent, en brique ou en bois, les moulins font partie des emblèmes du Nord. On en croise souvent sur les routes des Flandres. La commune d’Honsdchoote ne compte pas un, mais deux moulins : le Noordmeulen (moulin du Nord) et le Spinnewyn (moulin de la Victoire). Seul le Spinnewyn se visite, sur réservation.

Moulin Spinnewyn

Érigé en 1993 en mémoire des gendarmes ayant pris part à la Bataille d’Hondschoote 200 ans plus tôt, le « Moulin de la Victoire » a été reconstruit à l’identique de son illustre ancêtre, sur la base des plans originaux.

En septembre 1793, une coalition anglo-hanovrienne voulait envahir la France républicaine par le nord pour y réinstaurer la monarchie. Appelée à la rescousse, l’armée française a repoussé vaillamment l’offensive sur le territoire d’Hondschoote. L’assaut décisif a été porté au pied du moulin Spinnewyn par les hommes de la 32ème division de gendarmerie.
Durant la bataille d’Honschoote, le moulin a servi de poste de guet et d’infirmerie.

Un siècle plus tard, le moulin Spinnewyn menaçant de s’effondrer, il a été abattu. Et, pour célébrer dignement le bicentenaire de la bataille d’Hondschoote, il a été décidé au début des années 1990 de reconstruire le moulin au pied duquel les gendarmes s’étaient illustrés.

Le moulin Spinnewyn est un moulin à vent sur pivot. À l’entrée du site, un plan en coupe vous permet de mieux comprendre son fonctionnement.

L’escalier est un peu raide pour accéder à l’intérieur du moulin, mais il en vaut la peine.

Sur la poutre principale, les charpentiers qui sont venus bichonner le moulin ont écrit leurs noms depuis les années 1990.

À l’intérieur, un jeu de meules assure la production de farine, exclusivement lors de fêtes locales.

La dame, fille de meunier, qui nous a fait visiter le moulin était incollable sur l’histoire du moulin et les techniques de meunerie.

Des visites sont proposées une fois par mois par des bénévoles, entre avril et octobre, ainsi que durant les Journées européennes des moulins (un week-end en mai). Réservez votre visite sur la boutique en ligne de l’Office de Tourisme des Hauts de Flandre.

Le Noordmeulen

Ce moulin à vent sur pivot est le discret bijou de la ville : sa poutre maîtresse porte la date de 1127, ce qui en fait le plus vieux moulin d’Europe encore debout !
En 1982, il est devenu propriété communale et sa restauration s’est achevée en 1988. Malheureusement, les tempêtes successives et son grand âge l’ont fragilisé au point qu’il a fallu lui ôter ses ailes.

Sa cabine de bois repose sur un pivot de pierre qui abrite un local de rangement. Sur les poutres, les meuniers qui se sont succédé ont gravé leurs noms de famille et leur date d’arrivée.
Ce moulin a pour particularité de pouvoir actionner en même temps trois jeux de meules prévus pour moudre le blé (en bas), l’orge ou le lin (en haut).

Le moulin Noordmeulen ne se visite plus, on peut juste en faire le tour. Mais il y a parfois des animations au pied du moulin, car il se dresse à côté d’une association (Les Pèlerins du Westhoek) qui accueille les pèlerins sur la route de Compostelle et dispose de quelques lits à leur intention.

Promenade patrimoine à Hondschoote

Plusieurs circuits vous invitent à la promenade dans et autour de la ville. Quel plaisir de déambuler dans ses petites rues et autres chemins de nature !

D’abord, le parcours Grande Guerre dont je vous ai déjà parlé. Vous trouverez ses panneaux disséminés un peu partout dans la cité, sur l’hôtel de ville, autour de l’église, etc., mais aussi des photographies d’époque qui vous plonge plus d’un siècle en arrière.

L’exposition débute par les panneaux sur la façade de l’hôtel de ville. C’est la première des sept étapes qui sont à découvrir dans des lieux historiques de la ville.

Il existe d’ailleurs deux circuits cyclistes de 100 km « Sur les traces de la Grande Guerre », l’un vers Furnes (environ 40 km) et l’autre autour d’Alveringem (environ 60 km).

Un autre circuit vous permet de découvrir, au travers de ses panneaux explicatifs, l’art et l’histoire de Hondschoote. Depuis l’Office de Tourisme, partez à pied à la découverte des anecdotes historiques de la commune.

Ainsi, le « Monument commémoratif de la bataille de 1793 » rappelle que la bataille d’Hondschoote, qui a eu lieu du 6 au 8 septembre 1793, au cours de la Révolution française, est un événement majeur qui a sauvé la République française. Réalisé par le statuaire lillois Albert Darcq, le monument a été inauguré en 1890 en présence du président de la République Sadi Carnot.

Le kiosque à musique a été créé sur la Grand’Place en 1902 pour accueillir l’Harmonie Municipale d’Hondschoote. Lieu de rassemblement de tout un village, de structures en bois, il a été apprécié des musiciens de l’Harmonie qui animaient les fêtes locales. Il s’est cependant abîmé et a été remplacé en 1923 par un nouvel édifice à structures métalliques. Il a donc fêté son centenaire il y a peu !

Le monument aux morts est littéralement collé à l’église Saint-Vaast. Créé par Arthur Deleye, entrepreneur à Hondschoote, il a été érigé en 1925. Le soldat portant le drapeau et la couronne de lauriers a été sculpté par les Marbreries générales de Paris, qui ont créé de nombreux monuments aux morts dans toute la France.

La « fontaine de Lamartine » est située derrière l’église.
Une grande citerne publique a été installée en 1810 sous l’impulsion du maire de la commune pour récolter les eaux de pluie de l’église. En 1835, Alphonse de Lamartine, alors Député du Nord, a offert à la ville les pompes de la citerne, qui servaient à approvisionner la population durant les périodes de sécheresse.

Un agréable circuit pédestre de 11 km, le « Circuit de la tour blanche » permet de découvrir Hondschoote et ses environs. Il présente le patrimoine et l’histoire de la ville, avec l’architecture flamande, les chapelles et oratoires, les champs de lin et les moulins qui se détachent dans le paysage.

Hondschoote fait également partie du Réseau point nœud à vélo via le circuit Plaine et littoral de Flandre.

Vous pouvez d’ailleurs trouver un nécessaire pour réparer votre vélo ou en gonfler les pneus, entre l’église et le kiosque à musique.

La randonnée « Les Fraudeurs et la Maréchaussée » vous invite à relier la Vallée de l’Yser à la Colme, aux abords des polders des Moëres sur une boucle de 43km, pour découvrir quelques petits trésors cachés, au détour des haies. Son point de départ est situé sur la place de Bambecque.

Le circuit des Zwingelaers (une randonnée pédestre de 10 km) permet de découvrir les anciens teillages d’Hondschoote ainsi que l’histoire qui relie Hondschoote et le lin.

J’ai fait un petit détour par les champs de lin entourant Hondschoote, qui s’étendent entre le blé et le colza. Le lin est l’une des plus anciennes espèces végétales cultivées au monde. Au Moyen-Âge déjà, la liniculture représentait une activité économique importante pour la région.

Depuis quelques années, Hondschoote est redevenue la capitale nordiste du lin. Et avec près de 30000 hectares de terre consacrés à la culture du lin, les Hauts-de-France fournissent aujourd’hui plus d’un tiers de la production européenne de fibres naturelles !
Selon la saison, vous pourrez voir le lin pousser, fleurir (en juin), ou être arraché et « rouis » : on le laisse alors à terre, en rangées, le temps de séparer la tige des fibres.

Puis, retour dans le centre de la ville pour découvrir des maisons anciennes, de jolies portes colorées, quelques maisons de style art déco…

Datant de la fin du 19e siècle, cette chapelle construite en brique et de style néo-gothique, a été édifiée par la congrégation de Sœurs Noires de Furnes (Belgique) derrière l’hôtel de ville. Ces Sœurs géraient un hôpital transformé en maison de retraite, puis en logements.

La chapelle, couverte d’une voûte ogivale en bois, est éclairée par des vitraux qui représentent notamment le roi David, Sainte Cécile et Sainte Barbe.

La jolie « Maison Roberte » a reçu le soutien financier de la Fondation du patrimoine.

Au retour sur la place du général de Gaulle, une maison peut attirer votre attention avec ses deux grandes cheminées et ses pignons en escalier typiquement flamand : c’est là que résidèrent la sœur d’Alphonse de Lamartine et son époux.

L’été est la période idéale pour arpenter la route du lin. Cette boucle cycliste d’environ 30 kilomètres serpente entre Hondschoote et Warhem. Créée par l’Office de Tourisme, en partenariat avec les teilleurs de lin et les associations locales pour mettre en valeur et expliquer la culture et les différentes utilisations du lin, elle est balisée par une fleur de lin bleue (marquage au sol).
Pour lancer la route du lin, « Le Rallye Bleu » est organisé au début du mois de juin, lorsque le lin se pare de ses jolies petites fleurs bleues. À cette occasion, différentes animations et jeux sont programmés tout au long du parcours (randonnée, visite de champs, exposition photo…).

Hondschoote possède aussi son Grenier du lin, un magasin proposant des articles en lin (vêtements, sacs, draps, nappes, linge de toilettes…), et propose un jeu de piste « Défi lin » permettant de découvrir la ville autrement, au travers d’énigmes à résoudre.

Enfin, non loin du « Grenier du lin », rue des Moeres, vous pouvez faire une jolie promenade le long du chemin de halage et de la Becque d’Hondschoote (jusqu’à rejoindre le canal de la Basse Colme).

À partir du mois d’avril, n’hésitez pas à vous rendre à l’Office du tourisme pour y trouver tous les renseignements et les brochures nécessaires à votre découverte de la ville et de ses environs.
Amoureux d’histoire ou de balades ? Vous serez conquis par ce petit joyau des Flandres qui a su préserver son charme d’antan.

J’espère que cet article vous aura donné des idées sur les choses à faire, quoi voir et quoi visiter à Hondschoote pour une journée ou un week-end.

Puisque vous êtes dans le coin, visitez aussi la jolie ville de Bergues ou passer un week-end à Dunkerque (voire deux).

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