Au nord de la Somme, Dompierre-sur-Authie cultive le charme discret des villages picards du Ponthieu. Posée dans le parc naturel régional Baie de Somme – Picardie maritime, la commune offre un cadre paisible, idéal pour une halte hors des sentiers battus. Mais Dompierre ne raconte pas seulement une histoire de nature : ici, le passé affleure sous les pas. L’église Saint-Pierre, consacrée en 1513, veille sur le bourg. L’histoire se lit aussi derrière les grilles de deux châteaux privés.
La région où réside Dompierre, entre Ternois et Ponthieu, est assez sous-estimée dans les guides touristiques de notre belle région. Et c’est bien dommage car nombre de jolis villages au riche patrimoine y sont disséminés.
Promenons-nous dans ce bourg rural tranquille planté à la frontière avec le Pas-de-Calais. Il possède non pas un, mais deux châteaux, qui témoignent de l’intérêt frontalier qu’avait Dompierre, sur la rive de l’Authie, à la limite de la Picardie et de l’Artois.

Le nom de « Dompierre » proviendrait de Saint Pierre car le nom de Domnus Petrus (Seigneur Pierre) a été cité en 1138 par Garin, évêque d’Amiens, et le seigneur de Poix de Picardie parlait déjà de Dompierre en 1162. Le roi Charles IX mentionnait Dompierre en Ponthieu en 1565.

L’église Saint-Pierre a été reconstruite sur d’anciennes fondations au début du 16e siècle. Elle a été consacrée en 1513 par André de Rambures (conseiller et chambellan du Roi, Sénéchal et Gouverneur du Ponthieu, Seigneur de Rambures, Drucat et Dompierre, capitaine français qui participa à la bataille d’Azincourt et compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, excusez du peu !) avec son épouse Jeanne d’Halluin.
Construite en pierre, l’église comporte trois nefs d’égales hauteurs. Le clocher massif est coiffé d’un toit surmonté d’un clocheton.

L’église de Dompierre-sur-Authie conserve un certain nombre d’objets protégés au titre des monuments historiques.

Les jolis fonts baptismaux situés à l’entrée, datent du 19e siècle. En métal, ils présentent un beau travail d’orfévrerie fait de grappes de raisin et d’épis de blé.

Sous un vitrail moderne est accroché un très joli retable à colonnettes en bois peint représentant sainte Catherine et des Abbés « de prémontré » du 17e siècle. Ce retable provient de l’abbaye Saint-Josse de Dommartin (fondée au 12e siècle dans un village voisin de Dompierre).

Les bancs en bois ont été créés au 19e siècle et n’ont pas bougé depuis. Sous le vitrail se situe une statue du 16e siècle en bois peint de Sainte Catherine tenant un livre.

A côté de la statue de Sainte Catherine, on peut voir une statue d’une Vierge à l’enfant en bois polychrome du 14e siècle. La Vierge tient dans la main une petite poire.

Une plaque rend hommage à Anicet Godin, doyen d’Albert né à Dompierre, qui a tout fait trouver les financements qui ont permis la construction de la magnifique basilique Notre-Dame de Brebières à Albert.



Cette statue en bois peint représentant Saint Pierre en pape date du 16e siècle.



L’abside du chœur est de forme polygonale, avec un joli vitrail représentant le Sacré Coeur.

L’architecture de l’église Saint-Pierre porte la forte empreinte de l’art gothique flamboyant, que l’on découvre surtout sur les voutes d’ogives sculptées.


Le sculpteur parisien Charles-Henri Pourquet a créé des figures de soldats « solides », largement répandus sur tout le territoire. Diffusé par les Fonderies du Val d’Osne, le soldat « Résistance », en fonte bronzée, tient son fusil devant lui. On le trouve sur le monument aux morts 1914-1918 de Dompierre-sur-Authie. A l’origine, il n’était pas peint.


La commune est drainée par l’Authie, la Warnette, les Fontaines et divers autres petits cours d’eau.


Cette élégante demeure a dû être construite vers 1750 (« style Louis XV ») pour le marquis de Quenteleu pour lui servir de rendez-vous de chasse. Elle a été édifiée sur un soubassement de grès, le reste des murs a été monté en brique sauf les angles et les encadrements des baies qui sont en pierre.

Le moulin à eau de Dompierre, édifié au Moyen Âge, a cessé de fonctionner en 1870. En brique, à deux étages, il est situé à proximité du château. Il est par ailleurs inscrit au titre des Monuments historiques. En 2010, les propriétaires ont obtenu un label de la Fondation du patrimoine.



Décédé lors de la bataille d’Azincourt, en 1415, Philippe d’Auxy, seigneur de Dompierre-sur-Authie et sénéchal de Ponthieu, céda le château à sa sœur, Catherine d’Auxy qui avait épousé David de Rambures. Son petit-fils, Jacques de Rambures, présida à la construction vers 1455 de la grosse tour de défense que l’on peut encore voir de nos jours.
En 1627, Charles de Rambures (capitaine de guerre au service des rois Henri IV et Louis XIII, Gouverneur de Doullens et du Crotoy) transforma le château. Il fit détruire la partie occidentale, mais conserva la tour et lui adjoignit un bâtiment rectangulaire en brique et pierre, que l’on aperçoit à l’arrière.
La tour, qui repose sur un soubassement en grès, a une largeur de 10 mètres. Les fossés ont été comblés, et on peut voir trois petites canonnières à la base de la tour. Le chemin de ronde est couvert.


Entre nature préservée et patrimoine discret, Dompierre-sur-Authie offre une parenthèse authentique dans le nord de la Somme. Que vous soyez amateur de balades au grand air, de vieilles pierres ou de coins secrets hors des foules, Dompierre vous invite à savourer…
Puisque vous êtes dans le coin, visitez la magnifique abbaye de Valloires et ses jardins ou l’église gothique d’Auxi-le-Château. D’ailleurs, si vous aimez le gothique, ne passez pas à côté de Rue et de sa magnifique chapelle.
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L’enthousiasme et le profond respect que vous avez pour ces endroits magnifiques touchent et émeuvent.
Bonjour Anne. Merci pour votre commentaire, ça me touche beaucoup. 🙂