Coups de coeur

Découvrez les vitraux Art déco de l’église de Marquillies

Au cœur du village de Marquillies, non loin de Lille, l’église Sainte-Geneviève surprend par la modernité de ses vitraux. Derrière son apparente simplicité, l’édifice cache un trésor de lumière et de couleurs, né dans l’élan artistique de l’entre-deux-guerres. Ses vitraux de style Art déco, aux lignes épurées et aux motifs stylisés, offrent aux visiteurs un regard particulier sur l’art sacré du 20e siècle dans les Hauts-de-France.

Le village de Marquillies est situé en Flandre romane, dans le pays des Weppes, à 20 km au sud-ouest de Lille. L’église est un peu excentrée, au nord du village.

Histoire de l’église de Marquillies

Simple chapelle au 16e  siècle, elle a été agrandie pour devenir une église au siècle suivant. Mais cette dernière a été totalement détruite en 1918 : lors de leur retraite, les Allemands ont dynamité le bâtiment. N’ont survécu que les fonts baptismaux et quelques statues. Pendant le conflit, l’église avait été transformée en « lazaret », pour prodiguer les premiers soins aux blessés, avant de les évacuer vers Sainghin-en-Weppes ou Seclin.

Après la Grande Guerre, les habitants de Marquillies ont d’abord reconstruits les habitations et les bâtiments publics avant de financer une nouvelle église. Elle a été imaginée par l’architecte lillois Emile Vandenbeusch, également créateur de l’église de Fromelles et de villas à Wimereux.
Elle a été inaugurée en 1929 par le jeune évêque Achille Liénart, futur cardinal.

L’extérieur de l’église

L’église a été construite en briques et pierres blanches dans un style mêlant néo-gothique et art déco. La façade de l’église est constitué d’un clocher-porche, avec un portail surmonté d’un tympan triangulaire. Le second niveau est percé d’une rose polylobée et le niveau supérieur comprend la chambre des cloches avec ses abat-sons.

L’intérieur de l’église

L’église, de manière très classique, est bâtie selon un plan en croix latine.

Il a fallu attendre 7 ans après l’inauguration de l’église pour que soient posés les magnifiques vitraux. Ceux-ci n’ont pas été créés par des artistes régionaux, mais par un peintre parisien célèbre en son temps, Jacques Simon, et un grand maître-verrier dont il avait fait connaissance pendant la guerre, Charles Lorin. Les ateliers de Lorin ont notamment restauré les vitraux de la cathédrale de Chartes.

Les vitraux de la nef sont tous réalisés de la même manière : sur un fond de vignes et de gerbes de blé (le pain et le vin), ils représentent des épisodes de la Bible dans un médaillon, au milieu d’une croix aux motifs géométriques.

Le titre figure en partie haute : l’Annonciation, la nativité, la présentation au temple, Jésus chez les docteurs de l’église, la Pentecôte, l’Ascension, etc.

Les verrières de la nef ont été financées grâce aux contributions des paroissiens et à la générosité de quelques familles, dont les noms figurent au bas des vitraux.

La chair de vérité a été sculptée avec talent de trois épisodes de la Bible, plutôt que des habituels symboles des évangélistes.

On reconnait une prêche de Jean-Baptiste, la représentation de la résurrection, et l’apparition de Jésus ressuscité à ses disciples au lac de Tibériade leur permettant une pêche miraculeuse.

Sur l’autel posé dans le choeur est représenté la cène, le dernier repas de Jésus et des apôtres.

Les stalles ont été sculptés, dans un style moderne, des visages et des noms de saints. Sur celles de gauche : Sainte Geneviève, Saint Germain en Evêque, Jeanne d’Arc et Saint Louis. Sur le devant des stalles figure l’inscription « Sainte Geneviève, bénissez Marquillies ».

Sur le stalles de droite : Saint Rémi (évêque contemporain de Geneviève qui baptisa Clovis à Reims), Clovis avec son casque ailé à la Astérix, la reine Clotilde (son épouse) avec une couronne. Enfin, Saint Vaast, évêque d’Arras et de Cambrai.
Sur le devant des stalles figure l’inscription « Dieu protège la France ».

Le choeur accueille 5 vitraux très particuliers, dans des couleurs plus chaudes que celles des vitraux de la nef.

A gauche, voici le vitrail central, qui représente une crucifixion. Tout en haut, on reconnait la main de Dieu. En partie basse, Caïn tue son frère Abel, Adam et Eve sont chassés du paradis terrestre.
Le vitrail de droite montre l’Evêque Saint Germain sous les traits le l’Abbé Foubert, curé de Marquillies qui venait de décéder. La petite Sainte-Geneviève auprès de lui est Fanny Barrois, la nièce de Max Barrois, alors maire de Marquillies. On remarque aussi, tout en haut du vitrail, la reproduction de l’église d’avant la guerre 14-18.

A gauche : ce vitrail représente Sœur Séraphine, directrice de l’hospice de Marquillies depuis 1887, en Sainte Geneviève. Derrière elle, la Reine Clotilde, femme du roi Clovis, très amie avec Sainte-Geneviève. La petite fille aux pieds de la Sainte est une enfant locale, Clotilde Lerouge. Tout en haut du vitrail est représenté la nouvelle église, inaugurée en 1929.
A droite : un vitrail différent des quatre autres. On reconnait dans la partie supérieure le blason de la ville de Paris dont Geneviève est la patronne. Dessous, une rose mauve (emblème de la Vierge), une tour (celle du Roi David), une fleur de lys (symbole de pureté et de virginité) et une porte d’or (celle du paradis).

Les fonds baptismaux proviennent de l’ancienne église. La cuve en pierre noire scellée dans le dallage géométrique est fermée d’un couvercle de métal.

Au dessus des fonts baptismaux figure un vitrail représentant le baptême de Jésus par Jean-Baptiste, le sermon de Jésus sur la montagne, le baptême d’un bébé et, tout en haut, la colombe de l’esprit saint. Le fond du vitrail est rempli de fleurs d’eau.

Au-dessus de l’autel dédié à Sainte Thérèse (très populaire dans les années 1930), un vitrail rappelle quelques évènements de sa vie. De bas en haut, sa communion, avec son père, son entrée en religion en 1888 et sa mort en 1897. Le fond du vitrail est rempli de roses stylisées, la rose étant le symbole de Sainte Thérèse, car elle avait dit « Je ferai tomber une pluie de roses. »

L’entrée est surmontée d’une tribune d’orgue.

L’église Sainte-Geneviève vaut le déplacement pour ses très vitraux stylisés qui racontent tous une histoire. Malheureusement, comme de plus en plus d’églises, elle n’est pas toujours ouverte.

Cependant, le Cercle historique de Marquillies propose de temps à autres (Journées du Patrimoine, Noël, Printemps de l’art déco…) une visite guidée de l’église Sainte-Geneviève. Le président du Cercle offre d’aborde une courte conférence durant laquelle il projette une série de documents, gravures, plans, photos et cartes postales anciennes qui vous expliquent l’histoire de l’église. Ensuite, il vous guide dans l’église pour vous en présenter toutes les particularités, et notamment ses beaux vitraux. Ne passez pas à côté !

Sur les côtés de l’église, vous pouvez trouver deux panneaux, les étape numéro 2 et 3 d’un circuit patoisant décrivant des événements, sites ou personnages marquants du temps passé. L’occasion de découvrir l’histoire du village… 🙂

Puisque vous êtes dans le coin, vous pouvez passer une journée souvenir à Fromelles, découvrir le Spot de la Brasserie Castelain ou vous promener à Wavrin dans l’un des parcs naturels de la MEL.

Cet article vous a donné envie de découvrir l’église de Marquillies et ses vitraux ? Enregistrez-le pour plus tard, partagez-le avec un·e ami·e prêt·e à partir à l’aventure… et surtout, n’hésitez pas à me faire part de vos découvertes personnelles !

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