Week-ends

Un week-end à Doullens, un voyage dans le temps

Nichée au cœur de la vallée de l’Authie, dans la Somme, Doullens témoigne d’un riche passé historique et industriel. Elle est connue pour être la ville d’où fut lancée la contre-offensive de 1918, mais aussi pour sa vaste citadelle du 16e siècle, la plus ancienne place fortifiée de France. Elle possède de nombreux sites et bâtiments classés aux monuments historiques.

À côté de la grande et foisonnante Amiens, Doullens passe un peu inaperçu. Et c’est bien dommage, car elle propose un patrimoine historique et culturel qui mérite d’être exploré. Chaque site à Doullens est une fenêtre sur l’histoire, et la ville elle-même, avec ses ruelles pavées et ses bâtiments anciens, est un musée à ciel ouvert qui invite à la découverte.

PS : Le nom de la ville se prononce “doulan” ;)

L’hôtel de ville de Doullens

L’hôtel de ville a été construit en brique et pierre en 1898, sur les plans de l’architecte amiénois Anatole Bienaimé (qui a réalisé de nombreuses villa au Touquet). Il s’élève sur trois niveaux surmontés d’une haute toiture “à la Mansart”, en ardoise, avec un lanternon au sommet.

Qu’à de particulier cet hôtel de ville ? Hé bien, en mars 1918, les Allemands ont lancé une formidable offensive, espérant gagner enfin la Grande Guerre. Sur un front de 70km, ils voulaient séparer les armées française et britannique et prendre Amiens. Et leur tactique a si bien fonctionné que les Alliés ont vite compris qu’ils devaient se serrer les coudes et les repousser vigoureusement, sous peine de perdre la guerre. Il fallait nommer un “coordinateur” des armées alliées sur le front Ouest.
Le 26 mars, les représentants Français et Britanniques se sont donc réunis dans la mairie de Doullens et ont décidé de créer un commandement unique, confié au général français Ferdinand Foch. Le 18 juillet, Foch a lancé l’ultime contre-offensive qui a enfoncé les lignes allemandes et a conduit à l’armistice du 11 novembre.

Cette salle a été aménagée en 1937-1938 afin de garder la mémoire de l’événement. La salle du commandement unique est protégée en tant que monument historique depuis 1998. Le nordiste Lucien Jonas, qui fut “peintre de guerre”, a réalisé entre 1936 et 1938 deux grandes toiles commémorant ce jour particulier.

Au centre de la pièce, la table reconstitue les parties en présence. Côté français : le président de la République Raymond Poincaré, le Ministre de la Guerre Georges Clémenceau, le Ministre de l’Armement Louis Loucheur, le général Philippe Pétain, commandant en chef des forces françaises, le général Ferdinand Foch, chef d’État Major de l’armée française, et son adjoint le Général Weygand. Côté britannique : le Ministre de la guerre Alfred Milner et le général Douglas Haig, à la tête du corps expéditionnaire britannique en France, et les généraux anglais Wilson, Lawrence et Montgomery.

Un vitrail commémoratif a été conçu par Gérard Ansart (architecte, décorateur, dessinateur qui a essentiellement oeuvré dans la Somme), puis réalisé par le maître verrier Jean Gaudin (qui a beaucoup travaillé dans les églises de l’entre-deux-guerres), en 1937. 

Divers objets commémoratifs sont exposés dans cette salle (fauteuils, coffre, obus gravés, armes, équipement de soldat, etc.).

Des bustes représentant Clemenceau et Lord Milner, ont été réalisés en 1918 par le tourangeau François Sicard (sculpteur attitré de Clémenceau). Le maréchal Foch est représenté sur la cheminée.

L’office du tourisme de Doullens organise chaque année des visites guidées de cette salle, retraçant l’histoire de la Grande guerre.

La citadelle de Doullens

La citadelle de Doullens est le plus grand espace vert de la ville. Pensez-donc ! Elle s’étale sur 33 hectares de végétation et de briques, plus ou moins en ruines. On s’y promène avec bonheur entre les arbres, les prairies herbeuses et les hautes murailles de l’ancienne forteresse. Elle a gardé l’intégralité de ses maçonneries de grès et de briques, ses demi-lunes de terre et ses fossés.

Difficile de deviner, au sein de ce cadre verdoyant, que la citadelle de Doullens possède un lourd passé et que de nombreuses vies difficiles s’y sont croisées.

La citadelle de Doullens est la plus ancienne place fortifiée de France. Elle a été érigée en pierres, en 1530, à la demande du roi François Ier, alors en guerre contre les Pays-Bas Espagnols, et qui voulaient les empêcher de descendre plus au sud. Située entre la ville Amiens et les collines de l’Artois, la citadelle était un noeud stratégique.
L’ensemble a été agrandi à partir de 1599 par le roi Henri IV. Une seconde ligne de défense a été érigée, composé de trois bastions de brique avec chaînage de pierre.

Sous Louis XIV, l’Artois a été rattaché au royaume de France (en 1659). Si le “roi Soleil” a demandé à son architecte Vauban de créer ou renforcer de nouvelles places fortes plus au nord, celle de Doullens n’avait plus de raison d’être. Elle est alors devenue une prison pour les “détenus d’opinion” (une prison politique). Par la suite, elle a été transformée en maison de correction pour les femmes puis, en 1895, en “école de préservation pour jeunes filles”, qui, malgré son joli nom désignait un bagne pour adolescentes.

Pendant les deux guerres mondiales, la citadelle a de nouveau été occupée par les militaires, avant de redevenir “école de préservation”.

Le bâtiment en ruine que l’on découvre au début de la promenade a servi, entre autres, de bureau pour l’administration de l’école de préservation.

En grimpant la butte après ces ruines, on se retrouve face à deux cube de béton à l’allure étrange… Ce sont les “bouches d’aération” d’un bunker de la Seconde Guerre mondiale.

En 1943, les Allemands ont installé dans le bastion “Dauphin” de la citadelle un centre de d’analyse de tir et un dispositif météorologique pour le lancement de missiles V1.

Le blockhaus souterrain construit en béton armé sur plus de 2000m² est encore présent. On peut y entrer : dans l’obscurité, on suit un cheminement de lanternes rouges sur une petite partie du bunker. L’équipe du site envisage d’y installer du matériel d’époque.

En avril 1944, un détachement SS est arrivé à la citadelle avec plus de 2500 déportés du camp de Buchenwald, dans le but de construire des plateformes de tirs pour V1. Avec l’avancée des Alliés, nombre des détenus ont tenté de s’enfuir.

De juillet à décembre 1940, la citadelle de Doullens s’est d’abord appelée Frontstalag N°172, un camp de transit pour les soldats français prisonniers. A partir de septembre 1941 et jusqu’en mars 1943, la citadelle est devenu un camp d’internement français, dirigé par l’administration de Vichy, sous l’autorité des forces allemandes.

Derrière cette grande porte, on trouve un mur de pierre litteralement couvert de graffitis qui se recouvrent les uns les autres, années après années.

Certains ont été gravés par des soldats français en 1940, d’autres par des détenus du milieu du 19e siècle.

De l’hôpital militaire, il ne reste que les murs de l’infirmerie et de la maternité : dans la prison pour femmes, certaines étaient incarcérées enceintes ou avec leur jeune enfant en attente d’un placement à l’assistance publique.

Ce grand bâtiment construits au 19e siècle par l’Armée servait de dortoir pour les soldats. Il est en cours de réfection.

Parmi les jeunes détenues de “l’école de preservation”, Albertine Sarrazin, prostituée et délinquante, a été internée en 1956, à 19 ans. Elle est parvenu à s’évader en avril 1957 en sautant du haut des fortifications, mais s’est brisé un os de la cheville appelé l’astragale. Elle a écrit un ouvrage biographique, narrant sa difficile jeunesse, justement nommé “L’Astragale“.

“Le parcours d’Albertine est l’héritage du désespoir, du malheur et de la détresse de l’école de préservation de Doullens. De nombreux témoignages, 25 ans avant l’arrivée d’Albertine, attestent de brimades, de suicides et d’évasions au cœur de la citadelle. Albertine a restitué la mémoire des prisonnières anonymes de la forteresse.” (site de la citadelle de Doullens)

Les artistes du collectif CURB ont investi l’ancienne poudrière du 17e siècle. À l’époque de la prison pour femmes et de l’école de préservation pour jeunes filles, des cellules d’isolement pour les plus “tenaces” y avaient été créées. 

Les artistes y rendent un très bel hommage, au travers de poésies, collages, dessins au fusain sur les portes, les murs, les plafonds, aux adolescente jeunes femmes qu’on enferma. Chaque œuvre de l’exposition “Transgression” résonne avec le sombre passé de l’endroit. La prison a fermé en 1959.

À l’origine, ce bâtiment imposants était une caserne construite par l’armée au 19e siècle. Il servait de dortoir pour la maison d’éducation.

En 1962, après l’indépendance de l’Algérie, un millier de harkis (hommes et femmes et enfants) ont été parqués dans la citadelle de Doullens, dans des locaux à l’abandon, sans eau ni électricité. Ils devaient n’y rester que “quelques semaines”, mais ce calvaire a duré, pour certains, près de trois ans.

Lorsque je me suis rendue à la citadelle, une émouvante exposition temporaire retraçait leurs histoires.

Le site a, par la suite, été laissé à l’abandon à partir de 1965. Racheté par le département de la Somme en 1978, la citadelle est gérée depuis 2018 par l’établissement public “Somme Patrimoine”, qui a nettoyé les fossés, la demi-lune et les deux blockhaus.

Lors de votre visite, n’hésitez pas à vous glisser sous terre. Durant la guerre 1914-1918, la forteresse a servi d’hôpital militaire, d’abord tenu par des Français, puis par des infirmières et des médecins canadiens.

Le passage de ces milliers de soldats est encore visible aujourd’hui au travers les graffitis que ces hommes ont gravés dans les galeries de contre-mines.

Vous pouvez visiter librement quelques centaines de mètres de ces galeries de pierres et de briques.

Depuis 2021, 25 pièces d’artillerie datées entre le 15e et le 18e siècles sont installées dans la salle d’armes dite la “poudrière”.

Il est possible de visiter la citadelle par le biais d’une “balade sonore”, un dispositif de visite immersive via un audioguide, qui vous livre des témoignages d’anciens “résidents” de la citadelle : les bombardements de 1944, l’enfermement des soldats derrière les remparts militaires, l’incarcération des jeunes filles et l’exil des rapatriés d’Algérie… Durée de la visite : 1 h 30.
Des visites guidées sont également organisées par les médiateurs de “Somme Patrimoine” sur réservation.

La citadelle de Doullens accueille de nombreux événements culturels et sportifs (pages historiques, JEP, voitures anciennes, festival de musique, jardins d’agrément, championnat de VTT…). Renseignez-vous sur son agenda.

Les chiens, même tenus en laisse, ne sont pas admis dans la citadelle. Seuls les chiens guides et d’assistance sont acceptés.

L’église Notre-Dame de Doullens

On ne connait pas la date exacte de la construction de l’église Notre-Dame de Doullens, mais on sait que Thomas Becket, archevêque de Canterbury, l’a consacrée en 1170. Et, comme de nombreuses églises de la région, elle a été ravagée à de nombreuses reprises : saccagée par les troupes de Charles Quint en 1522, elle a été incendiée durant l’invasion espagnole de juillet 1595. Son choeur s’est écroulé et a été reconstruit en 1721. Sa façade ornée de trois portails a été démolie durant la Révolution française et sa sacristie en 1913.

Une nouvelle façade a été construite au 19e siècle, elle n’a été terminée qu’au tout début du 20e siècle. Albert Roze, sculpteur amiénois prolifique qui a surtout oeuvré dans la Somme, directeur de l’école des Beaux-Arts d’Amiens, a réalisé les statues du portail de l’église entre 1902 et 1904.

Parmi les sculptures, deux se tiennent la main (je n’avais jamais vu ça auparavant, même dans une église reconstruite ou restaurée) : Saint Joachim et Sainte Anne, les parents de Marie.

A l’intérieur, plusieurs éléments sont classés aux monuments historiques : le maître-autel avec ses lambris, le tabernacle surmonté d’une croix, six chandeliers, un chandelier pascal, deux crédences, la grille de clôture du choeur, le siège du célébrant, quatre statues d’anges adorateurs…

Dans la chapelle Saint-Nicolas, se trouve une magnifique “Mise au tombeau” datée de 1583, et donc de style Renaissance, avec un décor en bas-relief. Une inscription permet de dater précisément l’ouvrage ainsi que ses donateurs : “Jean Boulier et Nicolas Roussel en 1583”.

Six anges surmontent une “vierge de pitié” au-dessus de la mise au tombeau.

Un groupe sculpté du 19e siècle représentant l’Assomption de la Vierge est logée dans la chapelle à gauche du choeur.

Les vitraux modernes et colorés datent tous de 1951 (les anciens vitraux ont été soufflés durant la Seconde Guerre mondiale).

Ils ont été réalisés par le peintre verrier, Jacques Le Chevallier, vitrailliste parisien qui travailla longtemps dans l’atelier de Louis Barillet – Théo Hanssen et créa de nombreux vitraux pour les églises françaises. Pour l’anecdote, il créa aussi luminaires en applique du vestibule de la villa Cavrois.

Les 14 stations du chemin de croix, en pierre, scellées sur les piliers, sont l’œuvre du sculpteur chrétien moderne Claude Gruer, qui les a réalisées en 1954.

Les fonts baptismaux (1957) sont l’œuvre de Léon Lamotte, sculpteur amiénois qui a beaucoup travaillé pour la cathédrale d’Amiens et dans la Somme.

Le beffroi

Construit en 1613, le Beffroi de Doullens symbolisait l’indépendance de la ville face aux pouvoirs royal et religieux. Il a été construit en briques et en pierres taillées en pointe de diamant, pour se démarquer.
A l’époque de sa construction, il surmontait la maison communale avec ses 6 fenêtres à présent murées et peintes (Henri IV, Richelieu, Foch… Reconnaissez-vous les autres ?).

Son sommet de forme originale abrite la guérite du guetteur recouverte d’ardoise (qui guettait les incendies… et les invasions). Le clocher du beffroi sonne toutes les heures et… oui, le bois de la partie supérieure penche un peu.

Le beffroi est classé aux monuments historiques, mais aussi au patrimoine de l’UNESCO. L’intérieur du beffroi comprend quatre étages, mais il ne se visite pas pour le moment.

Le musée d’art et d’archéologie Lombart

J’adore ce genre de petit musée, encore “dans son jus”, qui fait voyager dans le temps autant par le biais de ses oeuvres que par son architecture ou son style.
Le bâtiment qui abrite le musée a été spécifiquement construit pour abriter les collections de Jules-François Lombart, industriel (créateur des Chocolats Lombart en 1875), qui a légué le bâtiment et son contenu à la Ville de Doullens en 1908, en mémoire de ses parents doullennais.

Grand voyageur à la recherche des meilleures fèves de cacao, Jules-François Lombart était passionné d’art et d’ethnographie, philantrope et amateur éclairé. Il a rassemblé une collection hétéroclite d’oeuvres plus intéressantes les unes que les autres.

Le musée se prolonge dans la chapelle des Sœurs de Louvencourt, datant des années 1840 et de style néogothique, qui jouxte le bâtiment principal. Dans cette annexe du musée, les expositions sont renouvelées régulièrement.

La chapelle présente des collections ethnologiques et archéologiques, notamment égyptiennes avec une momie datant de 3 500 ans.

Un très rare automate joueur de flute (il n’en existe que 8 dans le monde) a la particularité d’être articulé par un mécanisme dissimulé sous ses pieds. Le petit oiseau automate juché sur son épaule répond au joueur de flûte quand celui-ci arrête de jouer.

Le géant local, Florimond Long Minton, mesure 6 mètres. Florimond, héro des “Contes ed’Florimond”, est né dans les années 1920 sous la plume de Charles Dessaint. Avec son menton en galoche, sa grosse moustache et son panier en osier, il est l’incarnation du paysan Picard.

Dans le musée en lui-même, vous êtes accueillit par le buste et le bureau de travail de Jules-François Lombart.

Le bâtiment présente une architecture correspondant à l’idée que l’on se faisait d’un musée au tout début du 20e siècle : une grande galerie principale éclairée par une verrière, le tout entouré de deux pavillons.

Entièrement rénové en 2007, on peut y admirer des peintures de l’école française des 18e au 20e siècles, tels que Corot, Chardin, Daubigny, Saunier, les frères Bail et autres artistes locaux comme Lucien Andrieu, Horace Colmaire et Félix Niaut…

Des panneaux explicatifs sont dispersés dans le musée pour vous aider à appréhender les différentes oeuvres exposées.

A la manière d’un immense cabinet de curiosité, on découvre dans ce musée de nombreux objets insolites comme une armure de samouraï, des pièces anciennes, de surprenantes céramiques ou encore des lithographies du célèbre illustrateur de Montmartre, Francisque Poulbot, qui venait passer ses vacances non loin de Doullens.

La famille Lombart a évidement sa place dans le musée.

L’une des vitrines propose quelques énigmes pour les petits et les grands. Saurez-vous reconnaître ces objets ?

Dans le pavillon du fond, vous pourrez découvrir de superbes sabres japonais, de jolies sculptures et une “micro folie” : un grand écran interactif présentant plus de 2300 d’oeuvres du monde entier.

Le musée est situé dans un agréable jardin d’agrément orné de statues et d’un puits dont la margelle remonte au 17e siècle.

L’office du tourisme de Doullens propose une balade audioguidée de la ville, de ses façades du 18e siècle et de ses principaux édifices. Vous pouvez télécharger le plan et écouter gratuitement les présentations audio.

N’hésitez pas aussi à vous promener dans le centre-ville de Doullens pour découvrir son riche passé industriel : corderie Saint-Frères puis coopérative agricole La Doullennaise, filature-tissage Sueur, moulin filature de coton Sydenham, usine de papeterie Darras puis usine de ferblanterie Coltel…, dont les usines en briques sont encore présentes.

Puisque vous êtes dans le coin, faites quelques kilomètres de plus ;) Au nord, passez un week-end dans la surprenante ville de Frévent, dans le Ternois, et visitez les Jardins de Séricourt, ou descendez vers le sud pour visiter la cité souterraine de Naours. Et à l’ouest, vous pouvez visiter la jolie église gothique d’Auxi-le-Château.

J’espère que cet article vous aura donné des idées sur les choses à faire, quoi voir et quoi visiter à Doullens pour une journée ou un week-end !

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