Albert est une petite ville de la Somme qui ne manque pas de surprendre. Connue pour sa basilique au dôme doré, visible à des kilomètres à la ronde, elle est aussi profondément marquée par l’histoire de la Première Guerre mondiale. Entre mémoire, patrimoine et charme picard, Albert invite à une escapade pleine de contrastes : ici, les musées racontent les tranchées, les ruelles dévoilent une architecture reconstruite avec soin, et les alentours offrent de belles balades entre nature et histoire.
Au cœur de la vallée de l’Ancre, Albert est une petite ville pleine de caractère, nichée dans le département de la Somme. Connue pour sa célèbre basilique au dôme doré, elle est aussi un haut lieu de mémoire de la Grande Guerre. Mais Albert, c’est bien plus qu’un livre d’histoire à ciel ouvert : c’est aussi une ville chaleureuse, entourée de paysages verdoyants, parfaite pour une escapade culturelle et nature.
- Accès : Albert se situe à 30 min d’Amiens, 1h15 de Lille et 2h de Paris.
- Gare SNCF : Albert se situe sur la ligne Amiens – Lille.
- Six parkings gratuits en centre-ville.
L’histoire d’Albert
Albert, existant depuis l’antiquité, a été vassale de l’abbaye de Corbie jusqu’au 13e siècle. Elle s’appelait à l’époque non pas Albert, mais « Encre ». Elle a subi les conflits et les invasions, comme de nombreuses villes des Hauts-de-France, car sa situation de ville frontière la plaçait sur la route des batailles de pouvoir et des guerres de religions entre la France, les Pays-Bas espagnols, les Bourguignons…
Encre est devenu « Albert » en juin 1620, lorsque Louis XIII à autorisé Charles d’Albert, duc de Luynes et marquis d’Encre, à changer le nom de la ville.
Il a fallu attendre le 19e siècle pour voir la véritable transformation de la ville d’Albert. Une filature puis une serrurerie ont été créées, mais c’est à partir de 1846 et de l’inauguration de la gare d’Albert sur la toute nouvelle ligne de chemin de fer d’Amiens à Lille que la ville a connu un formidable développement économique. Sous l’impulsion d’Albert Toulet, industriel puis maire de l’époque, les industries de métallurgies et de mécaniques se sont développé à Albert et la population a triplé. Rapidement, les entreprises se sont spécialisées dans la production de bicyclettes, d’automobiles et de machines-outils.
La ville a été anéantie durant la Première Guerre mondiale, ravagée par les obus, mais l’entre-deux-guerres a été une période de reconstruction pour la ville et son industrie. D’ailleurs, l’industrie aéronautique s’installa à Méaulte, commune voisine d’Albert, en 1924 sous l’impulsion de l’avionneur Henri Potez, maire de la ville de 1947 à 1959 (dont nous allons parler plus bas).
Et en 1928, Henri Hénon fabriqua à Albert les premières caravanes grand public.
Depuis, la ville d’Albert est devenue l’un des pôles principaux du tourisme de mémoire de la Première Guerre mondiale dans la Somme. Chaque 1er juillet, un concert de cornemuses est donné devant la basilique en mémoire des soldats tombés au combat.
La basilique Notre-Dame de Brebières
Commençons par mon coup de cœur. La basilique d’Albert est absolument sublime !
Le sol et la façade sont ornés de mosaïques et l’ornementation intérieure est magnifique. Tout y est harmonie, lignes pures, lumière et élégance.
Impossible de manquer cette majestueuse basilique néo-byzantine, avec son clocher haut de 76 mètres et sa Vierge dorée qui trône tout en haut du dôme.



La basilique Notre-Dame de Brebières fut ainsi construite de 1882 à 1913 dans un style « néo-byzantin », c’est-à-dire inspiré par les pays méditerranéens. L’architecte, Edmond Duthoit, élève d’Eugène Viollet-le-Duc, admirait les minarets et palais de Séville, Palerme, Syrie, Florence, la Corse, Kairouan et Tunis.

Manque de chance pour la basilique, elle était située en plein sur la ligne de front et fut détruite au cours de la Grande Guerre.

Après la guerre, la ville décida de reconstruire la basilique à l’identique, ce qui fut fait entre 1927 et 1931. La décoration intérieure reprit partiellement la décoration d’origine, mais on peut clairement sentir la touche « Art Déco » plus moderne de plusieurs chapelles, vitraux et peintures murales.



En savoir plus sur la basilique Notre-Dame de Brebières.
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Place d’Armes 80300 ALBERT
Horaires : 8h – 17h
🍦 S’il fait beau, faite une pause gourmande Place Émile Leturcq, au pied de la basilique, pour déguster une glace ou boire un café en terrasse.
Mais si vous préférez continuer la balade, juste sur le côté de la basilique se trouve l’entrée du Musée « Somme 1916 ».
Le musée « Somme 1916 »
Installé dans les souterrains de la ville, à 10 mètres sous terre, le Musée Somme 1916 plonge les visiteurs dans l’univers des tranchées. Ce surprenant musée reconstitue la vie des militaires pendant la Première Guerre mondiale dans la Somme, s’attachant surtout à la dimension humaine de la guerre. Plongez au cœur des champs de bataille et découvrez le quotidien des soldats… à six pieds sous terre.


Durant le Moyen-Âge et la Renaissance, les habitants d’Albert, comme de nombreux Picards ou Artésiens, creusèrent dans le sous-sol crayeux des souterrains (appelées « muches ») pour échapper aux invasions et aux guerres.
À l’approche de la Seconde Guerre mondiale, il fut décidé la construction de plusieurs abris et le réaménagement des souterrains pour abriter la population civile d’éventuels bombardements.
C’est dans le plus important de ces souterrains que le Musée « Somme 1916 » se situe. À 10 mètres sous terre, sur 250 mètres de long, allant de la Basilique au Jardin public. Impressionnant !


Le musée présente de nombreuses vitrines exposant des objets souvent rares, du matériel et des armes d’époque, ainsi que des souvenirs personnels des soldats. On découvre ainsi l’apparition de nouvelles techniques plus meurtrières, telles que les gaz ou les chars, mais aussi les objets du quotidien qui nous rappellent la réalité « ordinaire » des soldats. Le froid, les poux, les rats, le manque de sommeil…

Parfait pour petits et grands, ce musée est une excellente introduction au tourisme de mémoire dans la région.

En savoir plus sur le musée « Somme 1916 ».
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Rue Anicet Godin 80300 ALBERT (juste à côté de la basilique)
Horaires : ouvert tous les jours de 9h à 18h. Fermeture annuelle de mi-décembre à fin janvier.
Tarifs : Adulte 7€, 6-18 ans 4€, gratuit pour les enfants de moins de 6 ans.
Le musée n’est pas accessible aux fauteuils roulants (62 marches à 10m sous terre).
Le jardin public
En sortant du musée Somme 1916, vous entrez directement dans le jardin public d’Albert.

Situé en plein cœur de ville, le Jardin Public avec son arboretum classé, son kiosque, sa cascade, ses jeux pour enfants et son petit parc animalier est un lieu idéal pour se promener et se détendre.


Le jardin public est très ancien puisqu’il existe depuis 1717. À cette époque, le jardin du château était loué à la ville par le Comte de Toulouse et il était bien plus grand. Au fil des années, il a connu de nombreuses modifications et après la Première Guerre mondiale, il a été grandement réduit. De nos jours, sa superficie totale avoisine tout de même les 2 hectares.

C’est un lieu de promenade agréable qui répertorie plus de 35 essences d’arbres différents parmi lesquelles le sycomore pourpre, le chêne pédonculé ou encore le sorbier des oiseleurs. Certaines espèces, comme le Cèdre bleu du Liban, ont d’ailleurs plus de 70 ans. Noisetiers, Cèdres, Ifs, Sophora du Japon, Epicéas, Erable, Hêtres, Noyers, Pruniers d’ornement, Aubépines, Cyprès, saules et tant d’autres vous offriront une promenade olfactive et sensorielle.

Le parc est traversé par l’Ancre, une rivière qui arrive à Albert après un parcours d’une douzaine de kilomètres et va se jeter dans la Somme en aval de Corbie. En traversant Albert, sa pente dépasse 12 mètres et forme une cascade de 7 mètres de hauteur.


Vous remarquerez une dizaine de statues de soldats, à taille réelle, disséminées dans toute la ville d’Albert. Ces témoins du passé vous font faire le tour du monde : elles représentent les différentes nationalités ayant combattu pendant la Bataille de la Somme.
Dans le parc, vous pouvez croiser un fantassin allemand en bottes et un cavalier indien avec son turban.

Les animaux du parc animalier sont présents dans le jardin public d’avril à septembre.

Un bel escalier, accolé aux remparts de briques (du défunt château d’Albert), mène jusqu’à une petite rue qui remonte vers la basilique.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 50, rue Jules Ferry 80300 Albert
Horaires : tous les jours à partir de 8h sauf les dimanches d’octobre à février, ouvert à 9h. Fermé à 17h en décembre et en janvier, à 18h30 en février et en novembre, à 19h en mars et en octobre et à 20h d’avril à septembre.
Promenade à Albert, entre art déco et renaissance flamande
Comme le précise le site internet de la ville, « Située sur la Route des Invasions, notre cité a connu au cours de son histoire sept destructions complètes avant 1914. À chaque fois, ses habitants l’ont courageusement rebâtie. »
Albert a été occupée par les Allemands dès août 1914 et les bombardements alliés ont ravagé le centre-ville, les usines, la gare, et même la Basilique. Détruite à 90%, la ville n’était plus qu’un champ de ruines lors du départ des troupes allemandes 4 ans plus tard…

Albert a donc été reconstruite dans les années 1920 et 1930, en grande partie dans un style typique de l’époque, mon petit chéri : l’Art déco !
Pour le découvrir, flânons dans les rues calmes du centre, entre maisons en briques rouges, petites boutiques locales et cafés chaleureux. Vous pouvez aussi profiter d’un parcours en centre-ville sur le site cirkwi ou d’une visite guidée proposée par l’office du tourisme.
À Albert, on parle surtout d’un style « Art déco régionaliste », dominé par la brique rouge et influencé par le style flamand. L’hôtel de ville et la gare sont, de ce point de vue, remarquables. Les mosaïques de la basilique Notre-Dame de Brebières, des anciens bains-douches ou des commerces de la rue Gambetta reflètent par contre un Art déco plus classique.



Les yeux vers le ciel, découvrons des jeux de briques (horizontales, verticales, en quinconce, en pointe…) des bow-windows, mosaïques, bas reliefs fleuris et corbeilles à fruits en fer forgé.


Arrêtez- vous au 18 rue de Birmingham et observez cette jolie maison classée aux Monuments Historiques. Elle a appartenu au Docteur Fernet, d’où les nombreux caducées – emblème du corps médical – représentés sur la façade.
L’ancien cabinet de consultation du médecin est décoré de toiles marouflées de Raymond Moritz (qui a aussi œuvré dans l’Hôtel de ville).



Les garages sont apparus lorsque les voitures sont devenues plus modernes et confortables, entre les deux guerres. L’Art déco étant désireux de diffuser l’art et l’esthétique dans tous les domaines de la vie, il n’est pas surprenant que les architectes de l’époque aient voulu allier dans les garages l’utilité et la beauté. Ce garage Art Déco, avec son pignon influencé par l’art flamand, présente de grandes lignes aérodynamiques.

En parvenant sur la place Emile Leturcq, on est frappé par l’imposante façade du groupe scolaire « Pierre et Marie Curie ». Inauguré le même jour que l’Hôtel de ville d’Albert, l’architecture de ce bâtiment, avec ses grands pilastres et ses formes géométriques, n’est (légèrement) adoucie que par les discrètes volutes de son pignon. Comme nombre d’édifices de cette époque, il a été construit en béton, verre et acier.

Reconstruit après la Première Guerre mondiale sur la place Émile Leturcq, l’Hôtel de Ville d’Albert a été inauguré en 1932 par le président Albert Lebrun. D’une superficie de près de 700m2 et s’élevant sur cinq niveaux, le bâtiment surprend par sa monumentalité.

Les architectes Alexandre Miniac et Benjamin Maneval ont conçu un bâtiment à la fois moderne et enraciné dans les traditions régionales. Le style mêle Art déco et influences flamandes, avec sa façade en briques rouges, ses pignons à gradins et ses ornements sculptés.
L’élément le plus visible est le beffroi central, haut de 64 mètres, qui domine la ville. Il est équipé d’un carillon « Westminster » qui sonne tous les quarts d’heure. Sur chaque face, une horloge indique l’heure.

Sa façade imposante est ornée de détails sculptés (dont la Légion d’honneur et la Croix de guerre) et d’une frise en ciment moulé réalisée par le Valenciennois Vendémiaire Pavot. Elle représente une série de douze scènes de la vie locale et de l’histoire récente : Le Départ à la guerre d’un père, L’Agriculture, Le Commerce, L’Industrie et le Retour de guerre. La devise de la ville, « Vis Mea Ferrum » (« Ma force est dans le fer »), y prend tout son sens.



Deux plaques ont été apposées sur l’Hôtel de Ville. L’une commémore les 13 791 hommes décédés qui appartenaient au « Machine gun corp », un corps de l’armée britannique spécialisé dans l’utilisation des mitrailleuses pendant la Première Guerre mondiale. La seconde rappelle les sacrifices des combattants et des résistants durant la Seconde Guerre mondiale.

L’intérieur de l’édifice conserve de nombreux éléments Art déco, à commencer par un magnifique escalier d’honneur, œuvre des célèbres Ateliers Pomone, éclairé par des lustres en fer forgé.


La verrière de vitraux représentant l’industrie aéronautique, l’agriculture et la machine-outil, a été réalisée par le maître-verrier amiénois Georges Tembouret, qui a œuvré dans de nombreuses églises de la Reconstruction.

À l’étage, une magnifique porte vitrée, typique de l’Art déco avec ses motifs géométriques et ses différents types de verres, m’a rappelé celle du superbe « buffet de la gare » de Saint-Quentin.



Au-dessus des portes figurent des bas-reliefs sculptés dans du plâtre et représentant des fleurs stylisés typiques de l’Art déco.

La salle des mariages et la salle du conseil municipal sont décorées de peintures de Raymond Moritz : une allégorie des âges de la vie et des allégories de l’étude, de la justice et du sport.


Une statue vous attend sur la place Emile Leturcq, face à l’hôtel de ville : celle d’un élégant aviateur. Il rend hommage aux célèbres pilotes de la Grande Guerre comme Georges Guynemer ou René Fonck.

Vous croiserez à plusieurs endroits ses panneaux bien pratiques qui vous indiquent à quelle distance (en minutes à pied) se situe tel ou tel lieu intéressant.


Traversez et levez les yeux dans la rue commerçante Jeanne d’Harcourt. Vous pourrez ainsi admirer les jeux de briques du Bar « le Vertigo ».

Prêtez attention aux détails : les balcons et balconnets en fer forgés présentent souvent les spirales, vagues et corbeilles, typiques de l’Art déco.



Le monument aux morts d’Albert a été inauguré en 1937 sur le square du Souvenir. La statue et les bas-reliefs ont été dessinés par le sculpteur allemand Charles Gern, installé à Albert depuis 1933. Les deux bas-reliefs figurent l’Adieu et le Deuil.


Une joli fresque figure l’année 1916, celle de la bataille de la Somme, et la vierge de la Basilique Notre-Dame de Brebières qui, touchée par un obus, était resté attachée, mais penchée à l’horizontale ! Juste devant se dresse la statue d’un officier britannique.




Derrière la basilique, vous trouverez la seule statue de femme, celle qui rend hommage aux dizaines de milliers d’infirmières de la Croix Rouge française.


La statue d’Eugène, le soldat français, vous attend devant la jolie gare d’Albert, de style architectural flamand. Elle a été reconstruite dès 1920, par l’architecte Gustave Umbdenstock. Un avion « Potez 36 » est accroché dans le hall en hommage à Henry Potez, pionnier de l’aéronautique, qui a créé en 1924 l’usine Potez de Méaulte, devenue aujourd’hui… Airbus !

Et puisque nous parlons d’avion…
Le musée de l’aviation d’Albert
Ne passez pas à Albert sans visiter cet endroit incroyable ! Je ne suis pas particulièrement passionnée d’aviation, mais j’y ai passé un très bon moment dans un merveilleux bordel organisé.
Un collectionneur un peu fou, Marc Betrancourt, a rassemblé avec passion une collection exceptionnelle d’avions anciens, de 1944 à 1970, pour la plupart militaires.

La visite commence par un parterre engazonné où son éparpillés une dizaine d’imposant avions que l’on peu approcher, voire toucher.

Chacun des avions présente un encart informatif qui vous donne le nom de l’avion et ses spécificités.

Qu’est-ce donc que ce cube blanc ? Il porte le logo d’Air France… Ah mais oui ! C’est un simulateur de vol !

J’ai été impressionnée par le nombre de boutons, de cadrans, de manettes et d’écrans qui se trouvent dans un poste de pilotage.

Il est ensuite possible de grimper à bord d’une élégante « Caravelle », un avion à deux réacteurs arrières fabriqué en France entre 1958 et 1973. Cet avion de ligne était emblématique des années 1960, notamment chez Air France. « La Touraine » a effectué son dernier vol pour Air France en 1981.

La largeur du fuselage permettait d’asseoir, en classe économique, cinq passagers par rangées… dans des fauteuils qui n’étaient pas toujours roses fuchsias 😉

Une partie de la cabine a été aménagée en première classe, elle ne comporte que quatre sièges par rangée.

Vous pouvez bien entendu visiter le poste de pilotage et même vous y asseoir. Que de boutons et de cadrans, là aussi !



Une fois à l’intérieur du hangar principal, vous pourrez admirer une belle gamme d’aéronefs de toutes marques, certaines Françaises, qui ont tous une histoire à raconter : des avions d’observation, de chasse, de liaison, de transport…




Certaines pièces impressionnent par leur taille, d’autres par leur histoire ou leur originalité.



J’ai ressenti un petit pincement au cœur en voyant le planeur Castel C25S qui a participé au tournage du film « La Grande Vadrouille », l’un de mes films préférés. 🙂



Le musée regroupe des avions, mais aussi une variété d’autres matériels historiques tels que des hélicoptères, des planeurs, des camions de pompiers et des voitures anciennes.


Vous pourrez monter à bord d’un “C47” (ce qu’il en reste) qui était en action dans la nuit du 5 au 6 juin 1944.





Sur plus de 2 hectares, découvrez l’histoire aéronautique et industrielle de la ville d’Albert. Cette visite captivante à travers les années met en avant toutes les innovations de l’aéronautisme. Parcourez les espaces d’exposition de matériels industriels de Potez, Line, GSP, Betrancourt, qui ont fait la renommée de la ville.


Vous souvenez-vous de la bande dessinée « Les aventures de Tanguy et Laverdure » qui a inspiré la série « Les chevaliers du ciel » (1967-1970) ? Un « Mirage III » utilisé dans la série peut être admiré dans le musée.

Vous pouvez aussi suivre la visite de manière interactive grâce à une douzaine de QR code qui vous permette d’accéder à des anecdotes et des explications enrichies (audio, vidéo…).
Le Musée de l’Épopée de l’Aviation et de l’Industrie est le témoin vivant d’un passé industriel et aéronautique riche, un lieu unique dans la région.
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 17 Rue de l’Industrie, 80300 Albert
Horaires : le samedi (et sur rendez-vous les autres jours) de 9h à 12h et de 14h à 17h
Tarifs : 7€ / 6€ (ancien combattant, étudiants, enseignants, handicapés) / 5€ (de 6 à 18 ans). Pass Famille : 2 adultes + 2 enfants : 20€
Le cimetière d’Albert
Le cimetière municipal d’Albert accueille les tombes des anciens maires et de grands industriels de la ville, ainsi que de soldats tombés durant les deux guerres.
Commençons par l’Albert communal cemetery extension, le cimetière militaire britannique, qui jouxte le cimetière communal. Il a été utilisé par les unités combattantes et les ambulances de campagne d’août 1915 à novembre 1916.
Il y a maintenant 862 victimes de la Première Guerre mondiale et 25 victimes de la Seconde Guerre mondiale commémorées sur ce site.

Le cimetière britannique est accessible directement depuis la rue du 11 novembre, juste à côté d’une armoire électrique qui est recouvert de fresques représentant des soldats au repos.

Le Lieutenant Howard Orfeur, originaire de Colchester, vivait à Londres. Engagé comme simple soldat dans le 8e bataillon cycliste du Régiment d’Essex, il était devenu sous-lieutenant en janvier 1915 dans le 10e bataillon. Il avait participé à la bataille d’Albert en 1916 et s’est à nouveau battu près de la ville en août 1918. Il est décédé le 24 août à 29 ans.
Le lendemain, le capitaine Roger Tebbutt, du Cambridgeshire Regiment, est décédé à l’âge de 24 ans. Ancien étudiant du célèbre King’s College de Cambridge, il s’était engagé dans l’armée en 1912 et avait été mobilisé en France début 1915. Il avait été hospitalisé à plusieurs reprises pour maladies ou blessures. En juillet 1918, il avait été transféré au 10e bataillon du régiment d’Essex. Il a été touché par l’explosion d’un obus allemand.

Dans les cimetières britanniques, les soldats décédés le même jour, voir en même temps (souvent à cause d’un obus), sont enterrés ensemble, dans des tombes presque collées les unes aux autres…
Tous ces artilleurs sont ainsi décédés le 14 juillet 1916.


Le Major William Edmond-Jenkins, après une carrière militaire où il avait atteint le grade de capitaine, avait décidé de devenir agriculteur et s’était installé au Canada, en 1913. En 1914, il s’est de nouveau engagé. Il a été tué à l’âge de 35 ans, lors de la bataille de la Somme. Sur cette photo, il est au dernier rang, 6e en partant de la gauche.
Le Capitaine Talbot Noyes est décédé 10 jours plus tard durant la même bataille. Il était le fils d’un éminent pasteur né à Bruxelles. Engagé comme simple soldat au début de la guerre, il était devenu capitaine. Il avait 30 ans.


Ces deux tombes mettent en valeur le travail de la Commonwealth War Graves Commission (dont vous pouvez visiter le centre français au sud d’Arras).
À gauche, la tombe du capitaine d’artillerie Edward Nottidge, décédé en novembre 1916 près de Thiepval, a subi les assauts du temps.
À droite, la tombe « tout neuve » du soldat Roger Rawlence a été re-gravée il y a peu. Il a été tué par un obus allemand tiré sur son véhicule blindé, à un carrefour à Albert, le 1er septembre 1944.

Le lieutenant-colonel Robert McDonnell Thomson, originaire de l’Ontario, a été blessé dans la région de Courcelette. Alors qu’il était transporté pour être soigné dans un poste de secours, l’ambulance a été touchée par une bombe.

Le Major Charles Blair Wilson, né en Écosse, est décédé durant la bataille de la Somme à 21 ans. En mai 1914, à l’âge de 19 ans, il était partit au Canada pour travailler et lorsque la guerre avait éclaté en août, il s’était immédiatement engagé dans les Royal Highlanders canadiens à Montréal en tant que lieutenant. Il était arrivé en France en 1915 et avait participé à la sanglante bataille d’Ypres en juin 1916. Grâce à son courage et son efficacité, il avait été promu Capitaine puis Major. Sa compagnie creusait des tranchées près de Courcelette sous un feu nourri lorsqu’il a été tué par des tirs de mitrailleuse.

Le lendemain, le Lieutenant-Colonel Roland Playfair Campbell, du Canadian Army Medical Corps, originaire de Montréal, est décédé durant la bataille de la Somme, lui aussi à Courcelette. Alors qu’il organisait l’évacuation des blessés sur le champs de bataille le 16 septembre, il a été tué par des tirs d’obus.

Le Général de brigade Henry Clifford est sans doute l’officier le plus gradé enterré dans ce cimetière. Lui aussi décédé durant la bataille de la Somme, alors qu’il inspectait une tranchée, il avait servi durant la Guerre des Boers et avait été décoré de la médaille Distinguished Service Order en 1915. Il avait 49 ans.

Le capitaine Hill et le soldat Hardee sont décédé en mai 1940, lors de l’invasion de la France et de l’évacuation vers Dunkerque.
Le capitaine Edward Frank Hill, qui dirigeait un escadron du Queen’s Own Royal West Kent Regiment, est décédé à l’âge de 32 ans.
Macolm Hardy, soldat du Queen’s Own Royal West Kent Regiment, originaire de Londres, n’avait que 20 ans. Son épitaphe est émouvante : « Sa vie est un magnifique souvenir, sa mort un chagrin silencieux ».


Un peu plus loin dans le cimetière, à côté de tombes civiles, se dressent 5 tombes de militaires « enterrés non loin ». Ils ont sans doute été inhumés après les combats, mais des obus sont tombés sur leurs tombes, comme cela arrivait souvent.
Le Général de brigade Randle Barnett-Barker a été tué le 24 mars 1918 à l’âge de 48 ans, alors qu’il commandait la 99e Brigade d’infanterie. Barker et son état-major se trouvaient au bord d’une route à Gueudecourt, en train de rédiger les ordres de retraite, lorsqu’un obus tomba, tuant Barker et son capitaine d’état-major, Edward Bell. Ce dernier, âgé de 32 ans, décoré pour sa bravoure, était un joueur de football professionnel dans l’équipe de Southampton. Sont également décédé l’artilleur John Squire, 36 ans, et le Sous-lieutenant William Varley, 26 ans, originaire d’Australie.

Les tombes des « personnalités » d’Albert sont reconnaissables aux pancartes informatives dorées présentes à leurs pieds.
Né à Albert en 1817, notable généreux, Hippolyte Devaux a légué tout son argent à l’hôpital et à l’hospice d’Albert. Plusieurs rues de villes de la Somme portent son nom.


Dans la chapelle de la famille Laruelle-Quelin, on peut admirer deux jolis vitraux représentant Henri Quelin, gendarme, et Marthe Quelin, décédée à 30 ans.


Pierre Émile DUPLAN (1837-1891) a été maire d’Albert de novembre 1887 à mai 1891.

Le premier cimetière d’Albert, qui se trouvait autour de l’église, a été déménagé rue Victor Hugo. Au début du 19e siècle, par mesure d’hygiène, les corps ont de nouveau été exhumés pour être ensevelis loin du centre-ville, dans le cimetière actuel. Ce petit monument comporte une épitaphe en latin qui se traduit par : « Ici reposent les ossements des anciens de la ville. »

Le célèbre avionneur Henry Potez (1891-1981) a créé en 1916 – avec Marcel Dassault – une société de production d’avions et tous deux ont inventé l’hélice aérienne Potez-Bloch qui équipa la majorité des avions alliés. En 1919, il a créé sa propre entreprise de fabrication d’avions, qui s’est ensuite installée à Méaulte, près d’Albert. Cette usine a été le centre de production aéronautique le plus important du monde avec 5000 salariés (les fameux POTEZ 25 et 63 ont servi durant la Seconde Guerre mondiale), avant de devenir Airbus.
Il a été maire d’Albert d’octobre 1947 à mars 1959.


Henri Hénon était un industriel français, pionnier de l’industrie de la caravane de loisirs en France, dès 1928. « Proche d’Henry Potez, il a construit ses caravanes avec les mêmes procédés que pour la construction des aéronefs : une ossature bois recouverte de coton encollé. D’une conception nouvelle, ils étaient à transformation instantanée, permettant de dissimuler les objets et donnant l’impression, une fois fermés, de cabines de Paquebot. » (wikipedia)


Le cimetière communal d’Albert possède aussi un carré militaire français regroupant les tombes de 126 soldats bretons, principalement des 19ème et 118ème Régiments d’Infanterie, morts dans ce secteur de la Somme de l’automne 1914 à l’été 1915. Une petite stèle, à l’entrée de ce carré, rappelle leur engagement : on peut y lire « À nos soldats bretons 1914 – 1918 ».

Jean Le Flohic, originaire de Landévant dans le Morbihan, est décédé en décembre 1914 à Ovillers-la-Boisselle, près d’Albert. Il avait 21 ans.
Le Sergent Adolphe Nicolas, originaire de Morlaix dans le Finistère, est décédé à Ovillers-la-Boisselle, le 14 juillet 1915. Il avait 29 ans.

Le Brigadier Pierre Chevrier, du 35e régiment d’artillerie, originaire de Bouin en Loire-Atlantique, est décédé à Albert, en décembre 1914. Il avait 21 ans.
Jérome Kerhamon (de son vrai nom Guillaume), né à Spézet dans le Finistère, est décédé de ses blessures en février 1915 à Albert. Il allait avoir 33 ans.

Mathurin Le Banner, né à Plélo, dans les Côtes-d’Armor, est décédé de ses blessures à Albert. Il avait 21 ans.
Jean Kerouredan, originaire de Plozévet dans le Finistère, est décédé en mai 1915 à Ovillers-la-Boisselle. Il venait d’avoir 32 ans.


Jean CARON (1900-1945), commerçant en grains, a été maire d’Albert d’avril 1941 à juin 1943. Résistant discret et efficace, il a été arrêté par la Gestapo en mai 1943 et déporté. Il est mort en avril 1945 à Nordhausen, au camp de concentration de Dora, en Allemagne.

Albert Toulet (1833-1887) a été un grand animateur de la vie industrielle et métallurgique locale. Mécanicien, il est très vite devenu ingénieur et a créé son propre atelier de machine-outil à Albert. Il a été maire d’Albert de mai 1883 à novembre 1887. Son buste est devant l’Hôtel de Ville (à droite).


INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 1, rue Jean Mermoz 80300 Albert
Horaires : Tous les jours de 8h à 20h, sauf le dimanche à 17h.
Le parc du vélodrome
Terminons notre visite d’Albert par une promenade dans le poumon vert de la Cité d’Ancre, le parc Vélodrome.

D’une surface de 24 hectares (dont 7 protégés), il offre aux amoureux de nature un espace de promenade sécurisé où l’on croise des promeneurs et des amateurs de course à pied. Le site du Vélodrome, dont l’accès est réservé aux piétons et aux cyclistes, est traversé par l’Ancre.

Mais pourquoi ce nom de Vélodrome ? Simplement parce que l’endroit était à l’origine une piste d’essai cycliste de 333 mètres pour l’usine de cycles Rochet. Mais à la suite d’inondations, le vélodrome a été abandonné et remplacé par un étang creusé en 1906. Un second étang a ensuite creusé et un terrain de football aménagé entre les deux étangs, puis, des années plus tard, un practice de golf.
« Les étangs du Vélodrome » sont devenus un lieu prisé des pêcheurs et des promeneurs.


En 2013, la ville d’Albert a rénové et transformé cet espace de loisirs pour qu’il réponde aux normes du développement durable. Le site est devenu un lieu propice à la promenade, une zone sportive offrant un parcours de santé, ainsi qu’un espace pédagogique.


Des allées permettent de faire le tour des étangs et une allée permet de rejoindre la gare en longeant la voie ferrée.

Des radeaux végétalisés ont été installés sur le deuxième étang, ils constituent des îlots de verdure pour le refuge et la nidification des oiseaux, mais aussi une zone de reproduction idéale pour les poissons grâce aux racines des plantes qui s’y développent.

En plus des saule, iris, et prêle des marais, on peut aussi observer les plantes plus rares comme le myosotis des marais, le plantain d’eau, la bardane des bois, le chardon crépu, la menthe aquatique, le trèfle champêtre…


On voit dans cet espace de nombreuses espèces telle le canard colvert, la poule d’eau, le cygne, l’oie, le héron cendré, le cormoran, mais aussi des grenouilles, libellules et poissons.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 1, avenue Charles Quéret 80300 Albert
Horaires : 24h/24 et 7j/7
Albert est une base parfaite pour explorer les sites de mémoire de la Somme. En une journée ou un week-end, vous pouvez combiner culture, nature et émotion, dans un cadre à taille humaine.
Vous pouvez aussi découvrir la ville en quelques heures par le biais d’un sentier balisé.
De plus, Albert est entourée de paysages champêtres et de chemins de randonnée faciles d’accès :
- 🚶♂️ Balade le long de l’Ancre : un sentier paisible pour marcher au bord de l’eau.
- 🚴♀️ Parcours vélo vers Thiepval ou Pozières, deux hauts lieux historiques à quelques kilomètres.
- 🪻 Au printemps et en été, la campagne environnante est un véritable patchwork de couleurs entre superbes champs de coquelicots et cultures de colza.
Puisque vous êtes dans le coin, visitez le Mémorial de Thiepval (à 7 km), impressionnant monument dédié aux soldats disparus lors de la bataille de la Somme. Le Pays du Coquelicot est un vaste domaine du tourisme de mémoire. Vous pouvez aussi passer un week-end à Corbie, ville voisine.
J’espère que cet article vous aura donné des idées sur les choses à faire, quoi voir et quoi visiter à Albert pour une journée ou un week-end.
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Très intéressant ce reportage sur Albert. Merci
Merci beaucoup 🙂