Villes et Villages

Une journée à Wormhout, au cœur de la Flandre

Prêt pour une virée authentique et dépaysante au cœur du Cœur de Flandre ? Direction Wormhout, une charmante cité flamande où le temps semble glisser sur les briques beiges et les paysages verdoyants ! Entre son imposante église-halle, son géant qui rythme la vie locale et le doux murmure de la Peene Becque, ce bourg chaleureux condense tout ce qui fait le sel de la Flandre : de l’Histoire à rebondissements, des traditions vivaces et une convivialité légendaire. Chaussez vos baskets et ouvrez grand les yeux, Wormhout vous réserve une bien jolie parenthèse !

Wormhout est une commune rurale située en plein cœur du Houtland, une région naturelle transfrontalière de France et de Belgique, à une vingtaine de kilomètres de Bailleul, d’un côté, et de Gravelines, de l’autre.
Le bourg fait partie des villages où le flamand de France (ou « flamand occidental ») était couramment parlé dans le passé. La langue flamande a même été prédominante et utilisée par la majorité des habitants jusqu’à la deuxième moitié du 20e siècle ! Les enfants du primaire apprennent encore les rudiments de cette langue à l’école et les noms de nombreux lieux témoignent de la vigueur de cette langue ancestrale.

L’histoire de Wormhout

Wormhout est une commune de traditions et de nature, située au carrefour des routes entre Lille et Dunkerque, et entre Steenvoorde et Esquelbecq. C’est aussi un lieu très ancien, dont on retrouve la trace dès la fin du VIIᵉ siècle.
Son nom, d’origine germanique, peut s’expliquer de deux façons : soit par l’idée de « bois vermoulu » (hout = bois, worm = ver), soit par une interprétation liée au paysage, où worm renverrait à une lande et mout à une embouchure – Wormhout étant associée à la rencontre de cours d’eau (la ville est traversée par la Peene Becque et l’Yser).

Elle a été évangélisée après 695 par des religieux bretons, dont Saint Winoc, nommé abbé. Après les invasions normandes de 846, Wormhout a poursuivi son développement. La commune a ensuite traversé les grands tournants de l’histoire régionale : le Comté de Flandre est passé sous influence autrichienne puis espagnole au début du XVIᵉ siècle, avant que Wormhout ne devienne définitivement française en 1668. En 1750, le français a fait son entrée à l’école grâce à l’abbé Van de Walle.

Le XXᵉ siècle a aussi laissé sa marque : 158 Wormhoutois sont morts pendant la Première Guerre mondiale, la ville a connu l’occupation allemande en 1940, puis la libération le 6 septembre 1944. La reddition de la garnison allemande de Dunkerque a été signée le 9 mai 1945 à Wormhout.

Aujourd’hui, Wormhout est une petite commune accueillante. On y vient pour la douceur de vivre d’un bourg entouré de verdure, pour ses traditions bien ancrées et pour un patrimoine qui raconte des siècles d’histoire, entre influences flamandes et grands épisodes régionaux.

L’église Saint-Martin

Une véritable rescapée de l’Histoire flamande ! Fondée en 695 par Saint Winoc sur les rives de la Peene Becque, l’église Saint-Martin de Wormhout a traversé plus de treize siècles de tempêtes avant de devenir ce petit joyau du patrimoine nordiste, classé Monument historique depuis 1987.

Incendiée par les Normands en 881 (seul le tombeau de Saint Winoc survécut aux flammes !), puis de nouveau réduite en cendres lors de la bataille de Cassel en 1328, pillée par les Gueux en 1566, détruite par un incendie en 1591, puis étêtée de sa flèche durant la bataille d’Hondschoote en 1793… L’édifice est toujours là !

Reconstruite patiemment au fil des siècles, l’église actuelle est un modèle parfait d’hallekerque (église-halle) à trois vaisseaux, bâtie en briques beiges « de sable » sur un soubassement en grès, et couronnée par sa majestueuse tour-porche achevée en 1685.
Du haut de cette tour de 33 mètres, on peut apercevoir les monts des Flandres.

L’église est le point de départ ou de passage de plusieurs circuits de randonnées.
Le « circuit du moulin de la Briarde » à Wormhout est une randonnée de 13,8 km qui traverse une réserve naturelle de 100 hectares, et relie le « circuit des chênes au château » à Esquelbecq. Le « circuit de la plaine au bois » est un parcours familial de 7km, historique et patrimonial, qui relie Esquelbecq à Wormhout.

Le curieux abri accolé à l’église, côté rue, permettait au garde champêtre de faire ses annonces après la messe.

Avant d’entrer dans l’église, attardez-vous un peu dans le « narthex », le vestibule de l’édifice.

Vous y trouverez plusieurs plaques commémoratives : les noms des prêtres depuis 1530, des maires depuis la Révolution, et une plaque aux morts de la Grande Guerre. On retrouve souvent les mêmes noms de famille : sans doute des frères ou des cousins…

La société des anciens militaires a fait graver une rare plaque présentant les noms des soldats morts pour la France depuis 1851 jusqu’à 1926, décédés dans les nombreux conflits (guerre de Crimée, guerre de 1870-1871, décès en mer…).

Une dalle funéraire du 16e siècle en pierre noire sculptée représente un calvaire. Les donateurs de la dalle sont représentés de chaque côté de la croix.

Une dalle funéraire en flamand commémore Pieter Michiels, né à Rexpoëde, pasteur d’Arenboutscappel pendant 16 ans, puis pasteur de Wormhout pendant 22 ans, décédé le 1er juillet 1718 à l’âge de 63 ans.

L’église est décorée de nombreuses boiseries de très belle facture, à commencer par le buffet d’orgue. L’orgue ancien ayant été détruit, le grand orgue actuel a été racheté à l’église Saint Éloi de Dunkerque. Il a été installé en 1856.

Les boiseries en chêne qui recouvrent les murs et les confessionnaux datent du début du18e siècle.

Trois confessionnaux, datés de 1731, décorés en style rocaille, ont été donnés à l’église par le curé Alexandre Van De Walle. L’un d’eux est sculpté d’un bas-relief représentant le Bon Pasteur.

Les trois autres confessionnaux, galbés, semblent être plutôt de la fin du 18e siècle.

Huit peintures attribuées à Jean de Reyn (un peintre baroque flamand né à Dunkerque) sont accrochées dans l’église, dont « La Vierge et Saint François », du 17e siècle. Ces tableaux proviennent des saisies révolutionnaires des couvents de Bergues, ils ont été placés dans l’église pour « éviter leur dépérissement ».

La clôture de chœur en chêne est richement sculptée de volutes, d’arabesques et de scènes bibliques. Elle a été a été offerte à l’église en 1731 par le curé Alexandre van de Walle.

L’église abrite un mobilier remarquable des 17ᵉ et 18ᵉ siècles, notamment trois retables sculptés.

Le très beau retable de la Sainte Famille est caractéristique du 17e siècle : deux colonnes encadrent une large travée surmontée d’une niche qui abrite le groupe sculpté. Les statues en plâtre – la Sainte Famille au centre et Saint Nicolas dans la niche haute – sont probablement de la fin du 19e siècle.

En 1876, M. Colesson, ébéniste à Wormhout, a sculpté une statue de la vierge à l’enfant. On pense donc que le retable (dédié à Notre-Dame des Larmes) destiné à recevoir cette statue est aussi du 19e siècle, bien que l’on retrouve ici la forme d’un retable du 18e siècle.

Dans le chœur, vous trouverez la date « 1613 », quand a débuté le vaste chantier de reconstruction de la nef de l’église Saint-Martin.

Les très belles stalles ont été réalisées par les ateliers Colesson, de Wormhout, auxquels on doit de nombreuses œuvres dans les églises de Flandre. Elles ont été mises en place en 1863.

L’un des deux vitraux du chœur représente Saint Winoc faisant l’aumône dans son abbaye. L’autre figure Saint Martin célébrant la messe. Ils ont été réalisés par les ateliers Bazin et Latteux-Bazin du Mesnil-Saint-Firmin, dans l’Oise.
Le maître-autel du 18e siècle est en bois taillé, peint et doré pour donner l’illusion du marbre.

Dans le chœur, le lambris et le « cul de four » (la voûte hémisphérique en demi-coupole sculptée) sont du 18e siècle.

Dans la chapelle des fonts baptismaux, les fonts en marbre gris avec couvercle en cuivre célèbrent les baptêmes depuis le début du 18e siècle.

Vous pouvez contacter l’office du tourisme Terre de Flandre, qui organise des visites guidées pour les groupes.

Une balade à Wormhout

Promenons-nous dans la ville pour découvrir ses points d’intérêt. Quand je suis venue à Wormhout, durant l’été, j’ai profité d’une visite guidée organisée par l’Office du tourisme.

Non loin de l’église se dresse un kiosque à musique qui a été acheté à la ville de Cassel en 1929, démonté puis remonté pièce par pièce et inauguré en juillet 1930. Celui que la commune possédait depuis le 19e siècle avait été endommagé durant la Première Guerre mondiale. Lors du carnaval, les « masquelours » (carnavaleux) tournent autour lors du rigodon.

En face du kiosque à musique, de l’autre côté de la rue, le monument aux morts rend hommage aux 185 hommes morts durant les deux conflits mondiaux.

Des panneaux informatifs sont disséminés dans la commune pour mettre en valeur certains éléments existants ou disparus. Ainsi, le château Morael, en réalité une grande maison bourgeoise, a été détruit le 27 mai 1940, lorsque la place de Wormhout a été bombardée.
La famille Morael a ensuite acquis le château d’Esquelbecq en 1946 « en remplacement ».

Autre panneau, celui qui raconte l’histoire et la vie de l’un des courts d’eau qui traverse la ville, la Peen Becque. L’eau potable n’est arrivée qu’en 1958 à Wormhout. Aussi, les habitants allaient y puiser leur eau pour préparer leur repas, se laver, nettoyer leur linge… Les enfants y nageaient et les pêcheurs y trouvaient des anguilles.

La ville de Wormhout dispose de trois parcs pour vous promener ou occuper vos enfants : le parc Dehaene, rue de Ledringhem ; le parc de la Prairie, route de Steenvoorde et le parc de la Plaine, entre la rue de l’Église et l’allée du Muguet.

Lors de ma venue à Wormhout, je me suis posée sur le banc du kiosque du parc Dehaene pour un très agréable pique-nique.

Oh… mais que voyons-nous au loin ? Ces poteaux me disent quelque chose…

Et oui ! Ce sont des mâts de tir à l’arc flamand, qui se pratique à la verticale, sur des « perroquets » perchés au sommet.

L’ancienne gare de la ville, désaffectée depuis les années 1950, est devenue un logement privé.

La ligne était desservie par des locomotives à vapeur…

Juste en face, une fresque créée par le graphiste dunkerquois « Toutspray » en 2021 rappelle ce passé pas si lointain… La gare de Wormhout était située sur la ligne de chemin de fer secondaire d’Herzeele à Saint-Momelin de la « Société générale des chemins de fer économiques ». Elle a été mise en service en 1910, lors de l’ouverture de la section Herzeele – Esquelbecq, et fermée en 1951 lors de la suppression de la ligne.

J’ai même trouvé une photographie montrant le train passant en plein milieu de la ville !

Vous croiserez aussi de nombreuses maisons présentant de belles ferronneries sur leur façade, ce qui donne un charme particulier à la ville.

La Salle Saint-Martin, anciennement cinéma Familia, est une salle polyvalente et paroissiale souvent utilisée pour des réunions publiques, des événements associatifs, des expositions et des projections culturelles. Sa remarquable façade de briques jaunes est de style Art déco.

Le cimetière de Wormhout

Un cimetière, c’est un livre d’histoire à ciel ouvert : à Wormhout, les noms de famille qui reviennent, les tombes de personnalités locales, les sépultures des grandes familles bourgeoises et le cimetière militaire composent, pierre après pierre, la mémoire de la ville.

Né à Wormhout, l’abbé Gérard Lescroart a été pris en otage par les Allemands en août 1944. Il a été embarqué dans le tristement célèbre « train de Loos » : 1250 prisonniers ont été déportés, seuls 130 en sont revenus. L’abbé a survécu à Dachau. Il a ensuite été curé de Socx, près de Dunkerque, pendant 35 ans.

La tombe de deux anciens maires de la ville, issus de la même famille, Albert et Robert Dehaene. La sépulture accueille aussi le corps du caporal Frédéric Plecy, décédé en octobre 1916 à l’âge de 38 ans, dans la Meuse.

Ernest Wemaere, docteur en médecine, a été conseiller du département de 1892 à 1919, quelques années après Albert Dehaene.

Albert Goetgheluck, un cavalier, est décédé à l’hôpital de Dusseldorf en avril 1925. Il faisait sans doute partie des troupes françaises d’occupation en Allemagne (entre janvier 1923 et août 1925).

De nombreux membres de la famille Achte sont enterrés dans le cimetière de Wormhout, dont un prêtre qui exerçait à Saint-Pol-sur-Mer.

Le soldat Paul Matton est décédé à l’âge de 19 ans, le 30 septembre 1918 à l’hôpital de Sens, « d’une broncho-pneumonie grippale », sans doute la terrible grippe espagnole.

Roger Vannobel était un « marsouin », un soldat du régiment d’Infanterie Coloniale du Maroc. Il est décédé le 20 septembre 1947, à l’âge de 21 ans, à Haiphong, durant la guerre d’Indochine, « des suites de maladie contractée en service ».

On trouve de nombreuses croix en fonte moulée dans le cimetière. Elles étaient surtout communes au 19e siècle, et choisies sur catalogue, mais ont été utilisées jusqu’au milieu du 20e siècle.

J’ai vu cette « pleureuse » dans de nombreux autres cimetières : c’est un modèle qu’on devait choisir sur catalogue et qui a eu du succès.

Le cimetière britannique de Wormhout

Le cimetière britannique de Wormhout accueille très peu de tombes de la guerre 1914-1918, mais plus de 100 victimes de la guerre 1939-1945, parmi lesquelles plus de 30 sont non identifiées. Nombre des soldats appartiennent aux mêmes régiments, le Worcestershire Yeomanry et le Royal Warwickshire Regiment.

Le 10 mai 1940, l’attaque de l’armée allemande débuta et l’armée britannique se replia en franchissant la frontière belge. Lord Gort, général d’armée, conscient de la possibilité d’une retraite vers le nord, en direction de la côte, utilisa la 48e division d’infanterie pour couvrir les 45 kilomètres du canal de La Bassée. Le Worcestershire Yeomanry faisait partie de la 48e division.
Leur mission était de protéger le flanc ouest de l’armée britannique en tenant des points d’appui stratégiques, comme les passages de canaux. Le régiment infligea de lourdes pertes à l’ennemi en soutenant le 2e bataillon du Royal Warwickshire Regiment qui tenait la ville de Wormhout.
80 des hommes de ces mêmes troupes ont été assassinés le 28 mai 1940 par les SS de la division blindée Leibstandarte Adolf Hitler, après avoir rendu les armes. Ils sont enterrés dans ce cimetière et dans celui d’Esquelbecq. Ce crime de guerre est appelé « Le massacre de Wormhout« .

Le lieutenant David Padfield occupait la fonction d’officier des transmissions (Signals Officer) au sein du Royal Warwickshire Regiment. Durant la bataille de France, les liaisons avec la compagnie A étant coupées, David Padfield s’est mit en route avec le soldat West pour tenter de rétablir les communications. Ils se sont retrouvés face à face avec un char allemand, suivi de soldats de la SS. Padfield a immédiatement dégainé son pistolet et a été abattu.
Walter Stanford et Albert Ayriss étaient eux aussi membres du Royal Warwickshire Regiment et sont décédés le 27 mai 1940, lors du bombardement aérien de Wormhout. Le lendemain, Ronald Butcher, soldat dans un régiment antichar du Worcestershire Yeomanry, a été assassiné par les SS.

Le Major Cecil Chichester-Constable a servi comme lieutenant au sein du Royal Warwickshire Regiment. Peu après le début de la Première Guerre mondiale, il a été fait prisonnier. Il a tenté de s’évader à plusieurs reprises et refusait d’obéir aux ordres de ses geôliers, si bien qu’il a été placé en cellule jusqu’à la fin du conflit. Ce confinement solitaire l’a traumatisé. Le 27 mai 1940, il dirigeait un bataillon et a compris que les chars allemands les encerclaient. Déterminé à ne plus jamais être fait prisonnier, Cecil Chichester-Constable a ordonné à ses hommes de se replier vers Dunkerque. Il aurait été vu pour la dernière fois « se dirigeant vers l’ennemi, un pistolet à la main ».
Il est entouré de jeunes soldats morts dans la vingtaine : l’artilleur Austin Reilly, d’un régiment antichar du Worcestershire Yeomanry, ainsi que les soldats Frank Bedford et Harry Bush, du Royal Warwickshire Regiment.

L’artilleur Charles Whitehouse du Worcestershire Yeomanry, le soldat Frank Williams du Royal Warwickshire, l’artilleur Sidney Eames du Worcestershire Yeomanry, l’artilleur Frank Ginns du Worcestershire Yeomanry.

Le corps de Joseph Fahy n’a été retrouvé qu’après la guerre. La date précise de son décès n’est donc pas connue, « entre le 10 mai 1940 et le 29 mars 1941″…
Christopher O’Hare n’avait que 22 ans. L’artilleur John Edkins était originaire de Birmingham. La dédicace de Frederick Lewis est très émouvante : « À la douce mémoire de mon cher fils. Tendrement aimé, terriblement regretté. Maman. »

L’un des rares soldats de la Première Guerre mondiale enterrés à Wormhout est le « Company Quartermaster Serjeant » Henry Saunders. Ce sergent major était responsable des approvisionnements de sa compagnie.

Accolée aux tombes britanniques se dresse une colonne portant les noms de Laurent de Breyne, « Lieutenant adjudant major démissionnaire en 1814 », « adjoint au maire de la commune » et de son fils Charles de Breyne « lieutenant-colonel en retraite » officier de la Légion d’honneur.

Heneage Finch, 9e comte d’Aylesford, capitaine au 69e Régiment de la Royal Artillery, a été tué au combat le 28 mai 1940 à l’âge de 31 ans. Il s’était marié en avril 1940 et son propre père, capitaine, était décédé au même âge en septembre 1914.
Le caporal artilleur John Coleman, lui, n’avait que 19 ans quand il est décédé.

L’équipage du bombardier Avro Lancaster ND766 avait pour mission de détruire les bases de V1 autour de Saint-Omer. Le sergent Kevin Boulger est décédé le 24 juin 1944 lorsque l’avion a été abattu par un chasseur allemand durant la nuit et s’est écrasé avec tout l’équipage. Les sept hommes sont décédés.
Le sous-lieutenant Donald Lunt est décédé entre le 22 et le 26 mai 1940. Il n’avait que 22 ans.
L’artilleur antichar Walter Sharps est lui aussi est décédé entre le 22 et le 26 mai 1940. Il avait 33 ans et était père de famille.

Le Major John Crichton, 5e comte d’Erne, était un noble, militaire et politicien anglo-irlandais qui a servi dans les Royal Horse Guards avant d’être tué au combat le 23 mai 1940, à Cassel, à l’âge de 32 ans. Son père, le Vicomte Henry Crichton, avait été tué en octobre 1914. Il est l’un des 56 parlementaires britanniques morts durant la Seconde Guerre mondiale.
Le sergent Jock Watson, ingénieur de bord, était dans le même bombardier que Kevin Boulger, qui s’est écrasé le 24 juin 1944. Il avait 22 ans.
Albert Perry, du Northamptonshire Regiment, avait 21 ans lorsqu’il est décédé.

Le capitaine Reginald MacGregor, né en Écosse, mais vivant Londres, était médecin militaire. Il est décédé à 28 ans en avril 1916.

La maison musée de Jeanne Devos

Ne venez pas à Wormhout sans visiter la maison musée de Jeanne Devos !

Situé dans un écrin de verdure, au sein d’une très belle maison flamande du 18e siècle, cet ancien presbytère de Wormhout, construit par le célèbre Abbé Vandewaele, a été la résidence de Mademoiselle Jeanne Devos, célèbre photographe, et de l’Abbé Lamps, anciens maîtres des lieux.

Pionnière passionnée, Jeanne Devos a transformé un destin fragile en une incroyable aventure artistique !
Née à Bailleul, Jeanne a été frappée par la tuberculose après les ravages de la Première Guerre mondiale. Pour se soigner, elle a été envoyée au vert en 1922 chez un ami de la famille, l’abbé Joseph Lamps. C’est le début d’une alliance hors du commun : en 1923, lors d’un séjour curatif en Corse, l’abbé l’a initiée à la photographie (autochromes et stéréoscopie). Une révélation ! À leur retour, l’abbé l’a embauchée comme gouvernante à la cure — un choix qui a fait jaser et défiait les conventions de l’époque.

Libre et curieuse, Jeanne a pris le goût des voyages (Paris, Biarritz, le Périgord…) avant de faire une rencontre décisive vers 1933 avec l’artiste Joseph Dezitter. Dès 1936, armée de son objectif, elle a sillonné les routes flamandes pour capturer sur le vif toute l’authenticité de sa région : scènes de la vie rurale, métiers d’autrefois, mariages, fêtes populaires et croyances locales. Un témoignage photographique inestimable sur l’histoire du Nord !

Vous y ferez la rencontre de l’adorable Yvonne, ancienne dame de compagnie de la photographe et gardienne de sa mémoire. Elle vous guidera dans toutes les pièces de la maison, en vous contant nombre d’anecdotes.

Le Musée Jeanne Devos accueille les collections et le mobilier dont elle a fait don à la Ville de Wormhout, à son décès.
Vous serez étonnés par l’atmosphère particulière de cette maison qui vous ramène d’un coup dans le passé ; celui des souvenirs d’enfance, des senteurs oubliées, des nombreux artistes qui ont fréquenté ces lieux et y ont laissé leurs œuvres. Des aquarelles de Simons, des gravures et céramiques de Jeanne Champillou, des peintures et des sculptures d’Augustine Collesson, des gravures, des meubles, des aquarelles de Joseph Dezitter…

Le mobilier, la tapisserie, les carrelages, la décoration, les tableaux sont ceux des maisons d’autrefois, et les nombreux objets restés à leur place, vous racontent la quotidienne de nos aïeux.

La pièce du fond est l’occasion de découvrir les travaux de photographie de Jeanne Devos, première femme photographe professionnelle du Nord.

Ces photos ont été choisies parmi 100.000 clichés de paysages, de scènes champêtres, de moissons, d’événements extraordinaires de nos villages.

Vous pourrez consulter les albums de photos d’écoles, de mariages, de baptêmes, de communions, de processions et de fêtes populaires avec la joie des retrouvailles.
Le 7 septembre 1944, lors de la libération de Bissezeele, l’abbé Lamps et Jeanne Devos prennent plus de 150 photographies du passage de la 5e Brigade d’infanterie canadienne.

Jeanne Devos a laissé une œuvre riche et émouvante. Des milliers de visages et d’instants de bonheur.

Vous pourrez visiter la petite école reconstituée par Jeanne Devos. Une chambre présente la mode et la lingerie du 20e siècle.

Ne quittez pas les lieux sans une balade dans le jardin romantique de Jeanne Devos, où elle repose, aux côtés de l’abbé Lamps. C’est eux qui ont planté les arbres et les fleurs.

Prévoyez un peu de temps pour apprécier tout le charme du musée et les tendres histoires d’Yvonne.
La gardienne et les amis du musée vous reçoivent en flamand ou en français. Je vous recommande de réserver votre visite.

Le moulin Deschodt

Le moulin Deschodt est situé au lieu-dit « le Riecle », au milieu des champs, à environ 3 km au sud-est du village. C’est un moulin à vent sur pivot en bois construit en 1756 par Ignace Coudeville et inscrit aux Monuments Historiques. Seul rescapé des onze moulins de la commune, il est restauré par les Amis des Moulins et propose des visites guidées plusieurs fois dans l’année.

L’ancien meunier, Abel Deschodt, a fait don de son moulin à la ville de Wormhout en 1966. La municipalité a ensuite entrepris de gros travaux pour le remettre en état.

Aujourd’hui, le moulin Deschodt est l’un des édifices phares des Hauts de Flandre. Il est d’ailleurs surnommé “Le Géant des Flandres” en référence à sa taille imposante : des ailes d’une envergure de 24 mètres et un poids d’environ 80 tonnes.
Parfaitement entretenu (toutes les pièces sont d’origine), le moulin a été doté en 1983 de nouvelles ailes métalliques qui permettent de faire tourner la meule.

Ce moulin pouvait pivoter à 360° sur lui-même. Grâce à ses ailes, il exploitait les variations du vent pour actionner deux meules qui broyaient le grain en farine.

Le moulin a été démonté et déplacé de 200 mètres en 1891, par Désiré Demeerseman, pour qu’il soit plus près de la ferme.

On trouve de nombreuses inscriptions sur le moulin, des deux charpentiers qui l’ont construit, des anciens meuniers, des artisans qui ont rénové le moulin… mais aussi de l’émission « Échappée belle  » (France5) qui a participé à la rénovation de la grange !

Avant la visite du moulin, on vous propose de jeter un œil dans la belle grange rénovée (admirez son toit décoré du lion flamand !)

En 1921, Abel Deschodt a acheté le moulin presque à l’état de ruine et l’a restauré. En l’absence de vent, le moulin pouvait alors être actionné au moyen d’un moteur à huile lourde puis, après la guerre, d’une ancienne locomotive à vapeur.

En 1963, le moulin a été équipé d’un moteur électrique et continuait de moudre bien que ses ailes soient immobiles.

Le moulin n’est pas accessible aux personnes à mobilité réduite : il faut grimper un escalier bien raide pour y entrer, puis un second, digne d’une échelle, pour accéder à son étage.

Le guide de l’association « Les amis du moulin » qui vous recevra vous expliquera tout de l’histoire et du fonctionnement du moulin, des céréales qui y étaient moulues, des différents meuniers qui s’y sont succédé et de leur travail.

Tout est en bois, tout est d’origine. Le moulin est une véritable pièce de musée, mais un musée bien vivant !

Les dates de visites guidées sont disponibles sur le site de l’Office de Tourisme des Hauts de Flandre.

Wormhout a définitivement plus d’un tour dans son sac ! Balades au fil de l’eau, petits détails à observer dans les rues, ambiance conviviale : Wormhout se découvre facilement, au rythme d’une journée tranquille… et donne souvent envie de revenir. Que vous soyez passionné d’Histoire, curieux de traditions ou simple amoureux de belles pierres et de grands espaces, ce coin de Flandre vous promet une escapade aussi chaleureuse qu’enrichissante.

À VOIR À PROXIMITÉ
Wormhout a pour voisine le beau village d’Esquelbecq et celui de Ledringhem (et son musée de la vie rurale). Vous pouvez aussi passer une journée à Bailleul, découvrir les liens de Rubrouck avec la Mongolie, ou faire le tour des remparts de Gravelines ou ceux de Bergues. Ne ratez pas la belle église d’Arneke.

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