Après deux articles sur Amiens, je vous invite à rester dans l’Amiénois. Nous allons nous promener dans des réserves naturelles foisonnantes de vie, visiter le musée des hortillonnages et flâner sur l’eau, puis découvrir un incroyable parc qui vous fera vivre au temps de la Préhistoire. Sans oublier le second plus grand cimetière d’Amiens et ses tombes Art déco.
Si vous passez une semaine (ou plus) sur Amiens, vous aurez le temps de visiter des sites alentour, dans les villes qui bordent la capitale picarde. L’Amiénois est riche de musées, de marais et de réserves naturelles, d’édifices patrimoniaux et… je crois que j’écrirai un quatrième article ! 🙂
Le musée des hortillonnages
Commençant au cœur d’Amiens, mais étendus sur tout l’Est amiénois, les Hortillonnages constituent une mosaïque de jardins flottants entourés de canaux. Cultivés depuis 2000 ans, ces îlots à la terre fertile forment aujourd’hui une ceinture végétale de 2000 parcelles qui s’étendent sur 300 hectares. On y circule en barque à fond plat, permettant d’accoster facilement sur les berges fragiles des parcelles cultivées.


Implanté sur la commune de Rivery, juste à côté d’Amiens, le Musée des Hortillonnages propose d’illustrer la vie des hortillons, mais aussi de vous promener en barques électriques.

Cet écomusée planté au cœur des Hortillonnages vous explique la vie, l’histoire et le travail des maraîchers dans ce site exceptionnel. Vous apprendrez par exemple que l’origine du mot picard « hortillon » – qui signifie maraîcher – dérive du latin hortillus, petit jardin.

S’appuyant sur une importante collection de matériels et d’équipements réunis depuis des années par un couple d’hortillons, Thérèse et René Nowak, le musée se propose d’illustrer la vie des maraîchers d’hier et d’aujourd’hui. Un film documentaire, des cartes postales anciennes, des panneaux pédagogiques et nombre de vieux outils retracent l’histoire du site, principalement entre 1850 et 1950.

Si vous en avez l’occasion, je vous recommande la visite guidée qui est passionnante, car l’animateur connaît sur le bout des doigts la vie des hortillons, le travail sur les parcelles du 19e siècle à nos jours, la progression des différents outils utilisés, le mode de vie passé et les différentes activités, l’évolution des modes de culture, la faune et la flore des hortillonnages, tous les légumes cultivés, les souvenirs des hortillons, et même la ville d’Amiens d’antan.

Autrefois, les hortillonnages n’étaient que maraîchages. On y cultivait poireaux, choux et carottes pour les Amiénois. Aujourd’hui, ils ne sont plus qu’une poignée d’hortillons à cultiver la terre noire et fertile des Hortillonnages et à en faire leur métier.

La plupart des parcelles sont maintenant devenues des jardins d’agrément pour les Amiénois en quête de nature et de ressourcement.
La visite en barque
Afin de compléter la visite du musée, une promenade en barque à moteur électrique au fil des « rieux » de Rivery est proposée pour découvrir les Hortillonnages.
Ne passez pas à côté, c’est un petit moment de bonheur, de temps suspendu, de communion avec la nature…


La promenade en bateau permet de visiter une partie de cette petite « Venise du Nord », à la fois exceptionnelle et fragile.


Les hortillonnages sont principalement caractérisés par cette multitude de petites parcelles cultivées (les « aires »), entourées d’eau, accessibles uniquement en barque grâce à un réseau de petits canaux (les « rieux »).


Les rieux, où il fait bon se balader en barque, serpentent de marais en jardins, découvrant de magnifiques potagers, des vergers, mais aussi de jolies petites maisons et des cabanes de jardiniers.


Je vous conseille d’opter pour la visite guidée en barque à cornet avec un batelier qui vous contera l’histoire de ces jardins. Vous pouvez même faire la visite sans passer par le musée (rdv à l’embarcadère au 54 boulevard Beauvillé), mais ce serait dommage de s’en passer !
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 21, Impasse Marcel 80136 Rivery
Horaires : du 30 mars au 31 octobre de 14h à 18h.
Tarifs : Visite du musée : adultes 9€ / enfants de 3 à 10 ans 6€ – Visite en barque : adultes 10€ / enfants de 3 à 10 ans 7€.
Le cimetière Saint-Acheul d’Amiens
Le cimetière Saint-Acheul n’est pas dans l’Amiénois, mais bien à Amiens même. Il est cependant moins connu que le grand cimetière de la Madeleine. Et c’est bien dommage, car il accueille des curiosités et de véritables œuvres d’art qui n’attendent que d’être découvertes.
Ouvert en 1863, le cimetière Saint-Acheul est un cimetière paysager qui prend modèle sur le prestigieux cimetière de la Madeleine. Destiné aux habitants de la Neuville et des quartiers sud d’Amiens, il occupe un site élevé par rapport à la ville et une superficie d’environ 7 hectares.
Beaucoup de sépultures ayant été dressées au milieu et à la fin du 19e siècle, elles présentent les caractéristiques de leur époque, et notamment de nombreux symboles funéraires sculptés.
Ici (tombe de 1876), l’ancre de marine représente l’espérance et le flambeau retourné, la vie qui s’éteint. Les végétaux sont des pensées et des fleurs de pavot, symbole du sommeil éternel, mais aussi des branches de lierre (l’immortalité) et de laurier (l’éternité).

Autre symbole que l’on retrouve souvent, le sablier ailé, qui représente le temps qui passe et s’envole…

Le A et le Ω représentent « l’Alpha et l’Omega » (première et dernière lettres de l’alphabet grec, « Je suis l’Alpha et l’Oméga, le commencement et le but », une citation tirée de l’Apocalypse) et la colombe est le symbole de l’Esprit saint.

Le tombeau de la famille Galmant-Lefebvre, datant de 1876, porte lui aussi un sablier ailé et des flambeaux inversés sur son fronton. Il présente un sarcophage en trompe-l’œil orné d’une guirlande de fleurs d’acanthe et d’un emblème de profession (un compas).
La feuille d’acanthe décorait régulièrement les sépultures des architectes et des artistes au 19e siècle : ses piquants évoqueraient les épreuves et les affres de la vie… Jean-Baptiste Galmant était entrepreneur en bâtiment et a créé son propre tombeau.

La partie ancienne du cimetière Saint-Acheul est méconnue du grand public. Elle héberge pourtant d’illustres personnages amiénois : des hommes politiques, des artistes, mais aussi de grandes familles de commerçants. Et la tombe de Joseph Pinchon, le créateur de Bécassine !
(Un plan de localisation des plaines et de tombeaux de personnalités est placé au niveau de l’entrée secondaire, à l’ouest).

Sur la sépulture de la famille Sourisseau s’élève une sculpture monumentale de marbre blanc intitulée Le lys brisé. Œuvre d’Auguste Rodin, elle a été réalisée en 1911, quatre années après le décès de Marius Sourisseau, jeune poète amiénois et grand admirateur de l’œuvre de Rodin.

Le cimetière Saint-Acheule possède plusieurs très belles tombes de style Art déco, qui valent à elles seules la visite.
La chapelle Despreaux-Digeon a été construite vers 1935 en pierre artificielle. Un oculus surmonte la magnifique porte en fer forgé et de très belles sculptures en bas-relief ornent les angles.


Les stèles funéraires des familles Paris-Goubet et Dantan-Marcel, datant des années 1930, sont fort semblables.
Les tombeaux en pierre bleue comprennent une stèle à jardinière intégrée, ornée d’incrustations en mosaïque. Les colonnes adossées à la stèle et la pierre tombale sont en pierre bleue pour la famille Paris-Goubet et en granit rose pour la famille Dantan-Marcel.


La famille Dian a créé de nombreuses supérettes à l’enseigne « Nova » et le premier hypermarché d’Amiens : « Delta », devenu par la suite « Mammouth », qui sera par la suite racheté par le groupe Auchan.
Le tombeau en granit gris porte la date de 19129 et de deux architectes. Le splendide bas-relief représentant une femme embrassant un bouquet de roses porte la signature du célèbre sculpteur Léon-Georges Baudry.

Si vous êtes passionné.e par l’Art déco, la ville d’Amiens organise deux visites du cimetière en avril et en mai, dans le cadre du « Printemps de l’Art Déco ».

Célèbre et prolifique sculpteur amiénois, Albert Roze a œuvré dans toute la Somme, réalisant de nombreuses sculptures dans des églises et des bâtiments civils, ainsi que des monuments aux morts de la Grande Guerre. Il a, notamment, sculpté des bustes pour certaines tombes du cimetière Saint-Acheul et la sépulture de Jules Verne au cimetière de La Madeleine.

L’architecte Anatole Bienaimé a créé plus d’une centaine de villas au Touquet-Paris-Plage, dont plusieurs sont classées. La tombe familiale est ornée d’un buste sculpté par Albert Roze, représentant son fils mort prématurément en 1912.

Albert Roze a réalisé la sculpture posée sur la sépulture des familles Victor Pauchet et Butler d’Ormond (une copie de la Vierge dorée, réalisée pour le clocher de la basilique d’Albert).
Le grand chirurgien Victor Pauchet exerça à Amiens jusqu’en 1914. On lui doit de nombreuses innovations techniques qui lui valurent une notoriété internationale, au point qu’une clinique amiénoise porte son nom. Il avait épousé Ghislaine de Butler d’Ormond.

Jean Catelas, député communiste de la Somme à partir de 1936, a joué un rôle important dans l’organisation des Brigades Internationales lors de la guerre civile espagnole. Déchu de son mandat de député, il a été condamné à cinq ans de prison en 1940, mais a été exécuté en 1941 en représailles à l’assassinat d’un officier allemand.

Les deux anges de cette chapelle néogothique (construite en 1866 et typique du 19e siècle) portent un flambeau retourné et une couronne de fleurs mortuaire. Le tympan de cette sépulture, l’une des plus anciennes du cimetière, figure un angelot portant une croix, symbole de la foi.



La famille Devred possède des magasins de vêtements dans tout le pays. Henri Devred a ouvert sa première maison de mode masculine en 1902 à Amiens.
La très jolie chapelle, datée de 1915, a été construite en pierre calcaire et couverte d’un dôme surmonté d’une croix. Le fronton est orné d’une grille en fer forgé à motifs végétaux qui protège un vitrail.

Le monument funéraire de la famille Roussel-Maréchal est daté des années 1920. La statue de pleureuse enserrant une croix provient des fonderies du Val d’Osne, à Paris.
La figure de la pleureuse agenouillée tenant une couronne mortuaire dans la main se retrouve sur trois tombes différentes du cimetière Saint-Acheul, toutes du 19e siècle. Cette statue en fonte provient des fonderies de Tusey, dans les Vosges.

Dès sa création, le cimetière a été planté de végétaux, de nombreux arbres résineux et feuillus, et de bosquets.

La tombe de Marie Jean-Baptiste Cosette a été construite en 1911 par ses amis, qui ont fait graver « Hommage de ses anciens camarades » sur la tombe. L’élégant buste en haut-relief est signé du sculpteur amiénois Paul Beaugrand.

La chapelle néogothique de la famille Joly-Cahon, construite en 1904 en briques vernissées et en pierre calcaire, porte un bas-relief représentant des griffons et un matériel d’architecte. Dans la Bible, Dieu est le « grand architecte de l’Univers », mais c’est aussi un symbole plus personnel, car Oscar Joly était entrepreneur en bâtiment à Amiens.

À gauche : la tombe de Paul Tellier. Il a été sénateur de la Somme en 1904 avec la Gauche républicaine, mais il est mort au cours de son mandat. Sa tombe est ornée d’un buste d’Albert Roze.
À droite : Adrien Fauga, fondateur en 1901 de la fédération socialiste de la Somme, qui repose sous un buste de Louis Leclabart.

Certains endroits du cimetière Saint-Acheul, plus verdoyants, avec des tombes un peu moins entretenues, font penser à l’autre grand cimetière d’Amiens, celui de la Madeleine.

Des pins noirs d’Autriche ont été plantés dans le cimetière vers 1870.

Terminons avec les tombes les plus « spectaculaires » du cimetière.
D’abord, le tombeau néo-roman de la famille Melin, en marbre, avec sa très jolie mosaïque bleu et or, ses lettres Alpha et Omega, et ses sculptures de vignes. Il a été réalisé entre 1925 et 1930, date du décès d’Henri Melin, fondateur des comptoirs frigorifiques de Picardie et vice-président du syndicat de la boucherie d’Amiens.

Ensuite, la sépulture des familles Masson-Mollet-Lamy, dont le monument est de style néogothique (construit vers 1887), mais la niche en mosaïque et dégradés d’oranges représentant un calvaire a été créée vers 1920. L’édicule contient un sarcophage en pierre calcaire et mosaïque dorée, qui semble dater lui aussi des années 1920.
Camille Mollet et Louis Masson étaient notaires à Amiens, Edouard Lamy était ingénieur des arts et manufactures et président d’honneur de la société industrielle d’Amiens. Est également enterré Jacques Lamy, mort en Argonne en 1915 à l’âge de 22 ans.

Les familles Henneveux et Wilde ont fait élever une sépulture en 1908, qui a sans doute été modifiée par la suite, avec des roses stylisées caractéristiques sur le fronton, une mosaïque dorée et une police de caractères typique de l’Art déco.

Enfin, la sépulture de la famille Choquet Carnoy, elle aussi influencée par l’Art déco. On retrouve des vignes sculptées et des mosaïques dorées. Le tombeau porte – entre autres – la signature du sculpteur Albert Roze, qui a réalisé la décoration du monument.

Les magnifiques mosaïques représentent des feuilles et des grappes de vigne, entourées de treilles en forme de spirales. Les chapiteaux des colonnes sont ornés de feuilles de fougères.


Le portail d’entrée de la sépulture représente des végétaux stylisés (en haut) et des « vagues » (en bas), motifs art déco.

Juste devant l’entrée du cimetière se dresse un bâtiment dont le fronton vaut le coup d’œil. L’entreprise Lamolet était spécialisée en « caveaux en tous genres, chapelles et monuments funéraires »… Elle a réalisé nombre des sépultures du cimetière.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 260, Rue de Cagny 80090 Amiens
Horaires : tous les jours de 8h à 17h
La Nécropole Saint-Acheul
Le cimetière militaire occupe une parcelle mitoyenne du cimetière civil.
La nécropole nationale d’Amiens Saint-Acheul regroupe les dépouilles de soldats morts durant la Première Guerre mondiale et plus particulièrement ceux tués lors des combats de la Somme.

Ce cimetière rassemble 2740 combattants français, douze Britanniques, neuf Belges, un Russe, un travailleur chinois ainsi que des Indochinois et des Malgaches, pour la période 1914-1918, et dix Français pour 1939-1945 (bataille d’Abbeville).


Le soldat André Blard, originaire de l’Eure, est décédé en mars 1915 à Amiens, à l’âge de 27 ans, de « maladie contractée en service ». Des épidémies de fièvre typhoïde et de dysenteries ont ravagé les rangs des soldats durant ce conflit où des centaines de milliers d’hommes ont vécu dans des conditions d’hygiène souvent très mauvaises.


Dans le cimetière, un monument aux morts financé par le Souvenir Français a été réalisé par le sculpteur Albert Roze. Il a été inauguré le 27 juillet 1924 en présence du maréchal Joffre.
Une statue de femme représentant une allégorie du deuil a été rajoutée devant ce monument en 1925.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 21, rue Ernest Cauvin 80000 Amiens
Horaires : tous les jours de 8h à 17h
La Réserve naturelle de l’étang Saint-Ladre
Les réserves naturelles humides ne sont pas rares dans l’Amiénois, dont les pieds baignent dans la Somme…
À 5 km au sud-est d’Amiens, la jolie Réserve naturelle de l’étang Saint-Ladre, à Boves, s’étend sur 13 hectares. Les plans d’eau et marais de la réserve sont devenus en 1979 le premier site de Picardie classé en réserve naturelle d’État.

Un sentier de découverte, accessible aux PMR et jalonné de panneaux explicatifs, permet de connaître la faune, la flore et l’histoire de la réserve. La réserve naturelle de l’étang Saint-Ladre abrite plus de 1100 espèces végétales et animales.



Vous y découvrirez une très grande diversité de milieux. Tendez l’oreille et ouvrez grand vos yeux, la balade va éveiller vos sens.




La réserve naturelle se caractérise par une très grande diversité de milieux.
Les plus originaux sont les « tremblants », des radeaux flottants de végétation qui se développent à la surface des étangs. Ils hébergent des espèces végétales particulières, telles les sphaignes (des mousses de tourbière).

Dix espèces de mousses occupent les tremblants de l’étang Saint-Ladre et en font l’un des sites les plus riches de la région. Vous croiserez aussi des nénuphars blancs, « bioindicateur » d’une bonne qualité d’eau.

Roselières et bas-marais forment une mosaïque avec les fourrés de saules et les bois de bouleaux.




Jusqu’au 17ème siècle s’étendaient ici des prairies, mais l’extraction de tourbe pour le chauffage, au cours des 18ème et 19ème siècles, a créé les étangs qui composent aujourd’hui la réserve.
La réserve naturelle de l’Etang Saint-Ladre représente d’ailleurs une véritable archive de l’histoire et de l’identité des tourbières du bassin de la Somme.


L’eau chargée en calcaire était utilisée dans les prairies avoisinantes pour le blanchiment sur pré des linges tissés. Les plantes aquatiques étaient fauchées pour fabriquer le chaume des toitures ou pour tapisser les sols humides… L’activité humaine a façonné le marais actuel et ses caractéristiques écologiques.



Pour la flore, 274 plantes différentes ont été recensées dont 25 sont exceptionnelles en Picardie et 10 sont légalement protégées !
Certaines sont magnifiques, telle la « gentiane des marais » aux grandes corolles bleues. Elle fleurit en août dans la réserve.

La réserve naturelle abrite de nombreux oiseaux typiques des marais, dont le Martin-pêcheur et la Gorgebleue à miroir, car la roselière accueille une foule d’insectes.

Un audioguide vous permet de visiter la réserve naturelle en compagnie d’un « guide virtuel ». Des QR codes disposés tout au long du sentier vous permettent de lancer les séquences sonores via votre smartphone.

Sur le site, vous croiserez peut-être l’une des 27 espèces de libellules, 8 espèces de sauterelles et criquets et 18 espèces très rares de papillons… Ouvrez l’œil !

Afin de préserver les milieux fragiles de la réserve, l’utilisation des vélos, VTT, trottinettes, etc., est interdite au sein du périmètre de la réserve. Les petits vélos d’enfants font exception. Les chiens sont strictement interdits sur ce parcours, même tenus en laisse.

Le marais Saint-Ladre est classé en zone « Natura 2000 », c’est-à-dire reconnu au sein du réseau européen des écosystèmes naturels à protéger prioritairement.
Des visites gratuites sont organisées par le Conservatoire d’espaces naturels de Picardie en juillet et août, les vendredis et les samedis, à 14h30 et 16h30.
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Chemin de Fortmanoir 80440 Boves
Parking à l’entrée de la Réserve, près du pont sur l’Avre
Le Marais des 3 vaches
Je vous invite à faire une autre promenade nature autour d’Amiens, au milieu des étangs, près de Longueau et Cagny.
Le Marais des trois vaches, facilement accessible, est un lieu apprécié des familles pour se promener ou faire un pique-nique. Pour la pause déjeuner ou le goûter, des tables et bancs sont disséminés entre le parking et l’étang.


Jusqu’au 19e siècle, l’homme a creusé des étangs pour exploiter la tourbe (utilisée comme combustible). Dans les années 1950, les prairies humides étaient encore louées à des agriculteurs et à des maraîchers, et les étangs à des sociétés de pêche. Depuis, la ville d’Amiens, propriétaire du site, l’a aménagé en espace naturel de loisirs.


Suivez le chemin aménagé pour découvrir les différents habitats naturels qu’héberge cette zone humide.


Le 18 décembre 2017, le marais des Trois Vaches a été inclus dans le site Ramsar : « Marais et tourbières des vallées de la Somme et de l’Avre« , une zone humide d’importance internationale.
Vous croiserez des temps à autre le long du parcours des panneaux explicatifs et ludiques qui vous feront découvrir la flore et la faune du marais. J’ai découvert, par exemple, l’existence de la Garche… 😉 Ah non, c’est le Gardon et la Perche !

Le marais de Trois Vaches est composé d’un ensemble de milieux, aquatiques, amphibies et terrestres, comprenant des étangs en cours d’envasement, une petite portion de l’Avre, d’anciens marais tourbeux alcalins reboisés…



Les étangs sont en cours d’envasement par l’arrivée d’eaux du réseau pluvial. Sur les parties envasées prospèrent des prairies humides, des roselières « eutrophes » (où prolifèrent végétaux et bactéries) et des saules cendrés. Des peupleraies anciennes occupent les parties terrestres.

Le site permet le développement des milieux particuliers. Dans les étangs, on croise des groupements de Nénuphars jaunes, des herbiers flottants à Lentilles d’eau et à Hydrocharide (qui ressemble au nénuphar).



Des fragments de roselières et de prairies humides mêlées de formations herbacées hautes, qui sont des milieux peu fréquents en Picardie, hébergent une flore et une faune remarquables.

Le Marais des trois vaches accueille 98 espèces d’oiseaux où la bécassine des marais, le grand cormoran et tarin des aulnes côtoient les habituels foulques macroules, poules d’eau, canards, cygnes et grèbes huppés.


INFORMATIONS PRATIQUES :
Adresse : 476, Chaussée Jules Ferry 80090 Amiens
Le parc de Samara
À 15 kilomètres à l’ouest d’Amiens, le grand parc de Samara vous conte 750 000 ans d’Histoire de l’Homme, depuis les premiers peuplements dans la Somme jusqu’à la guerre des Gaules. Vous pouvez y passer une journée à parcourir ses 30 hectares. Situé sur le territoire de La Chaussée-Tirancourt, Samara est à la fois un parc naturel et un parc archéologique de plein air.
Si, comme moi, vous êtes passionné.e d’histoire, d’archéologie, de découverte et de nature, vous allez adorer ce parc !

Le parc a reconstruit des habitats et permet de découvrir la vie quotidienne des Hommes de la région au travers des démonstrations, qui nous prouvent l’interaction entre l’Homme et la Nature depuis les débuts de l’Humanité.

À Samara, l’archéologie est vivante. Les médiateurs culturels accompagnent les visiteurs, petits ou grands, pour leur proposer d’apprendre en s’amusant 🙂

Non loin de l’entrée, vous pouvez assister à une courte « conférence » donnée par un médiateur bien sympathique sur un sujet différent selon les jours ou les périodes. Le jour où je suis venue, elle était consacrée à la place (insoupçonnée) des femmes durant la Préhistoire. Attendez-vous à être surpris.e !


Comme je vous le disais, Samara est aussi un parc naturel qui permet de se promener tout en découvrant différents espaces naturels : un jardin botanique, un marais, des pelouses calcaires…
Vous trouverez sous les arbres des panneaux explicatifs qui vous permettront de les reconnaître et de découvrir leurs particularités.


Vous pouvez vous essayer au tir à la sagaie sur des animaux sculptés dans le bois. C’est loin d’être évident, nos ancêtres étaient bien habiles…


Nous avançons vers la seconde partie du parc, qui accueille le marais et le camp mésolithique.

Le parc offre à tous les visiteurs un espace de découverte des gestes et des techniques de nos ancêtres préhistoriques. Si les démonstrations sont ludiques et compréhensibles par tous, chaque reconstitution est basée sur des études scientifiques.

Les médiateurs sont tous des passionnés et des spécialistes des différentes périodes de l’Histoire. Ils partagent avec les visiteurs leurs connaissances sur les techniques, l’artisanat, mais aussi les légendes et les mythes.

Un autre animateur vous explique comment étaient construits les habitats entre 10 000 et 5 000 ans av. J.-C., en tressage d’osier recouvert de peaux de rennes ou de chevaux. Les animateurs prennent le temps de répondre aux questions des visiteurs et d’expliquer les techniques, de manière abordable.

Vous pouvez ensuite faire une promenade autour du « bassin de lagunage » et le marais, un parcours entre roselière et saulaie parsemé de panneaux vous expliquant la faune et la flore des mares et leurs spécificités.



Samara est un véritable sanctuaire de la nature : 80 espèces forestières d’Europe et d’ailleurs, des essences végétales aux particularités intéressantes et des anciennes fosses d’extraction de tourbes.


Le parcours des marais comprend 9 panneaux qui évoquent l’évolution du marais.



« C’est au milieu du 19e siècle que Jacques Boucher de Perthes, directeur des douanes en poste à Abbeville, découvre des silex taillés et des restes d’animaux fossiles dans les carrières d’Abbeville. Pour lui, il s’agit de la preuve indéniable de l’existence de l’homme préhistorique. Boucher de Perthes est aujourd’hui considéré par les préhistoriens comme le premier d’entre eux. »
Wikipedia
Ensuite, les portes de la seconde partie du parc s’ouvrent à vous, celle qui accueille le pavillon des expositions, le parcours historique de la préhistoire aux Gaulois et les démonstrations des artisans.

Vous êtes accueilli.e par « l’allée des stèles », où des bas-reliefs et des colonnes gallo-romaines figurant sur les sépultures ont été reconstituées à l’identique.




Dans la zone d’animations et démonstrations techniques, vous pouvez assister à des démonstrations artisanales : travail du métal, poterie ou tissage, mais aussi apprendre la technique d’allumage du feu, la taille du silex, le travail du bois, etc.

Premier atelier, celui de la teinture, du filage et du tissage. On découvre d’abord les différentes fibres qu’utilisaient les Gallo-Romains (la laine, le lin, les fourrures…), puis les plantes qui permettaient de teinter les tissus, dont la fameuse « waide » bleue d’Amiens.


Si vous êtes volontaires, vous pourrez même essayer des vêtements recréés comme à l’époque !


Vous pouvez ensuite admirer l’habileté du vannier qui tresse des paniers en osier tout en vous expliquant les différentes techniques de vannerie et leur évolution dans le temps, les espèces végétales utilisées (osier, saule, noisetier, ronces…) et les différents objets qu’il est possible de confectionner.

Nous approchons ensuite de l’espace des reconstructions, où nous allons découvrir des habitats construits avec les techniques et les matières dont les archéologues ont connaissance, dans leur ordre chronologique : tentes nomades du paléolithiques, puis maisons basses néolithiques, et enfin, des habitations des âges du bronze et du fer…

Les enfants sont assis bien sagement devant une tente paléolithique couverte de peaux, car ils vont assister à une impressionnante démonstration de taille de silex. C’est tout un art…


Vous apprendrez ensuite à allumer un feu avec du foin et un champignon 😉 Cela demande du doigté et de la patience… et émerveille les enfants.

Nous avançons dans l’espace et dans le temps, pour parvenir au néolithique, une période marquée par l’agriculture, l’élevage, la poterie, le tissage… et le développement de l’architecture.

Cette très belle maison de l’âge du Fer permet de s’imaginer à quoi ressemblait un habitat celte chez les Normands et dans le sud de l’Angleterre.

Enfin, les greniers sur pilotis de la ferme gauloise côtoient la grande maison commune aux murs intérieurs peints, où un animateur conte des légendes aux enfants…

Entrons à présent dans le Pavillon des expositions, à l’architecture en coupoles de béton. Il accueille une exposition permanente sur la préhistoire dans la Somme, une exposition temporaire, et des scènes de vie reconstituées des différentes périodes de la Préhistoire et de la période gallo-romaine.

Au sein de la boutique archéologique du Pavillon des expositions, vous découvrirez des reproductions d’objets archéologiques réalisés par les médiateurs de Samara et des artisans partenaires (céramique, métallurgie, tissus, bois, silex, os…). L’espace librairie offre un très large choix d’ouvrages sur l’archéologie, la Préhistoire et l’Antiquité. La boutique propose également des bijoux d’inspiration celtique, de jeux et de peluches, ainsi qu’une gamme d’objets marqués Samara.

Deux expositions permanentes de 1200 m² présentent 600 000 ans d’Histoire et retracent un siècle d’archéologie en Somme.

Les objets présentés sont des copies ou des reconstitutions, il est donc possible de les toucher et, parfois, de les manipuler.


Lorsque je me suis rendue à Samara, l’exposition temporaire était consacrée aux casques des soldats de l’Empire romain et à leur évolution durant les siècles.


Avant de partir, faites un tour à la « boutique nature » située à l’entrée du parc.
Vous pourrez y acheter des produits locaux (thé, biscuits, cidre, terrines…), le miel des ruches de Samara et de l’hydromel, la Cervoise Samara, des objets en argile ou en cuir, ainsi que des minéraux, des peluches d’animaux de la forêt, des livres pour petits et grands sur la nature et l’histoire.
La boutique est accessible à tous, même sans billet d’entrée à Samara !
Les chiens, même tenus en laisse, ne sont pas admis sur le parc. Seuls les chiens guides et d’assistance sont acceptés. Il est possible de pique-niquer dans le parc, et un restaurant vous accueille à l’entrée du site.
Le parc Samara organise des ateliers (hôtel à insectes, Préhisto’mômes, Art & Nature, tissage, teinture frappée, linogravure…), des balades « nature & archéo » et des événements (Printemps du département en mars, Fêtes préhistoriques et Artisans de Lug en août, Journées du Patrimoine en septembre, Samonios en novembre). N’hésitez pas à visiter l’agenda pour en connaître les dates et les modalités.
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Rue d’Amiens / D191, 80310 La Chaussée-Tirancourt
Horaires : ouvert d’avril à début novembre. Du lundi au vendredi, de 9h30 à 17h30. Le week-end, les jours fériés et pendant les vacances scolaires de la zone B, de 10h à 18h. En juillet et août, tous les jours de 10h à 18h30.
Tarifs : Adultes : 13 € / Réduit : 10 € (enseignants, étudiants, demandeurs d’emploi, PMR et plus de 65 ans, enfants de 4 à 12 ans) / Forfait famille (2 adultes + 2 enfants) : 35 €. Les chèques vacances sont acceptés.
Le Grand Marais de la Queue à Blangy-Tronville
Terminons par une balade dans un autre marais ! Le Grand Marais de la Queue, à Blangy-Tronville, offre aux curieux une extraordinaire palette naturelle. La commune a confié la gestion de cet espace naturel de 15 hectares au Conservatoire d’espaces naturels de Picardie en 1990.

Un panneau d’accueil vous invite à suivre le sentier de découverte balisé, en commençant sur la droite.

Cet étang aux rives boisées donne au promeneur la sensation de contempler une nature vierge. C’est pourtant l’homme qui a créé et qui entretient ce paysage, lui imprimant sa trace et lui conférant son originalité. Cette ancienne tourbière, en activité jusque dans les années 50, est aujourd’hui composée d’espaces variés où la faune et la flore s’épanouissent.
Munissez-vous de jumelles pour l’observation, empruntez le sentier de découverte et venez découvrir cette mosaïque de couleurs, d’espèces et de milieux.

Les étangs abritent une végétation luxuriante et variée. Face à l’étang, vous remarquerez en juin, presque en son centre, les larges feuilles des nénuphars blancs.




Le marais est composé d’une mosaïque de milieux comprenant des étangs, des prairies pâturées, des bois de bouleaux, des fourrés de saules… En marchant jusqu’à l’étang Lapierre, avant de revenir sur vos pas, vous découvrirez les paysages caractéristiques du marais.


En continuant tout droit, le sentier vous invite à faire le tour de l’étang Colette. En scrutant la surface de l’étang, vous pourrez observer les Poules d’eau, Foulques et Canards colverts en train de se reposer ou de se nourrir.


Le Grand Marais de la Queue, comme les autres zones humides de l’Amiénois, joue un rôle fondamental dans l’épuration des eaux et dans la régulation des crues. En effet, la tourbe stocke d’importantes
quantités d’eau pendant les crues, agissant comme une éponge.

L’entretien régulier de cette tourbière en fait un important réservoir de biodiversité. Vous pourrez, par exemple, observer une multitude d’oiseaux aquatiques. Mais sous l’eau, à la surface, dans les airs, sur
terre, les espèces se développent et se multiplient !

De nombreux insectes profitent également des lieux comme cette superbe libellule, la Cordulie bronzée, mais aussi des oiseaux comme le Blongios nain, petit héron qui établit son nid à proximité des étangs, dans des bouquets de saules.


234 plantes ont été recensées sur le site. Parmi elles, 34 sont rares et exceptionnelles en Picardie. Dans les friches de la clairière, des plantes colorent le marais en été : au jaune des lysimaques succède le mauve des salicaires. La Grande Douve, sorte de bouton d’or géant, offre des floraisons spectaculaires.


Le conservatoire d’espace naturel Picardie et le Conseil général de la Somme proposent un circuit de découverte du Grand marais de la Queue. Il commence au parking de l’église de Blangy-Tronville, et l’on pénètre dans le marais par un chemin herbeux dans la rue du Mail.
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : depuis le sentier situé entre les numéros 33 et 37, rue du Mail 80440 Blangy-Tronville
J’espère que cet article vous aura donné des idées sur les choses à faire, quoi voir et quoi visiter dans l’Amiénois pour une journée ou un week-end.
Puisque vous êtes dans le coin, vous pouvez passer un week-end à Amiens, voir une semaine. Mais vous pouvez aussi passer une journée à Corbie, un peu plus à l’est.
Si vous aimez vous promener dans des marais habités où des maraichers cultivent des légumes, vous pouvez aussi visiter la maison du marais de Saint-Omer.
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