Niché dans l’écrin verdoyant du Parc naturel régional de l’Avesnois, Eppe Sauvage est un petit village où la nature règne en maître. Ici, les ruisseaux serpentent entre prairies et bosquets, les forêts encerclent doucement les maisons, et chaque chemin invite à la promenade. Ce coin paisible, à deux pas de la Belgique, respire la grande Thiérache, avec ses reliefs doux et ses paysages bucoliques. Au cœur du village, une église de pierre veille sur les lieux, témoin silencieux d’un passé riche et discret. Entre fraîcheur des sous-bois, chants d’oiseaux et clapotis de l’eau, Eppe-Sauvage est une parenthèse naturelle où l’Avesnois déploie toute sa beauté.
Petit bourg de 230 habitants entouré de forêts, Eppe Sauvage tire son nom de la rivière (l’Helpe) qui y coule et de sa situation au sein d’un pays boisé et autrefois peu habité (donc sauvage).
Le paysage qui l’entoure est vallonné, verdoyant et traversé par de nombreux ruisseaux. C’est un réel plaisir de s’y promener ! Il existe plusieurs chemins de randonnée qui passe par Eppe Sauvage, un sentier à la découverte de la faune et de la flore (3km), une boucle qui passe par le Val Joly (19km), une boucle d’Eppe-Sauvage à Sivry avec Baladavesnois et de nombreux autres…

Côté histoire, le village est connu dès le 13e siècle. En 1250, un château a été construit pour contrôler un passage stratégique sur la rivière Helpe. Détruit, reconstruit, il a été incendié lors des guerres franco-espagnoles, comme presque tout le village, par les troupes de Louis XIV.

A partir du 16e siècle, l’industrie du fer s’est fortement développée et le village comptait quatre forges différentes. Au 18e siècle, les Merode, seigneurs de Trélon, ont établit des hauts fourneaux, modernisant les anciennes forges. Cette activité sidérurgique n’a disparu qu’à la fin du 19e siècle, au profit des hauts fourneaux belges. Le village s’est reconvertit dans l’élevage de bovins et la laiterie.


Jusqu’au début du 20e siècle, il existait à Eppe Sauvage une scierie de marbre, une brasserie, deux moulins à farine (construits en 1672), plusieurs fabriques de bas et de sabots.




Vous pouvez aussi suivre un sympathique parcours transfrontalier de 8 km au départ d’Eppe-Sauvage à destination de Sautin, en Belgique. Munissez-vous de la brochure-jeu et laissez les enfants répondre aux questions du petit personnage nommé « Capsy ». Le parcours est jalonné de panneaux didactiques, de bornes à questions… Le tout pour découvrir la nature, le patrimoine local, les légendes ou encore l’histoire de la région.


Le château Voyaux (photos) a été construit au 16e siècle pour les seigneurs d’Eppe Sauvage, les Marchipont, puis a été racheté par les Polschet, riches maîtres de forge locaux qui possédaient une forge située sur l’Helpe-Majeure (transformée en ferme à la fin du 18e siècle).

Au début du 20e siècle, le château a appartenu au comte Culhiat du Fresne, avant d’abriter une colonie de vacances « Les Sapins » ouverte en 1930 par l’Institution Saint-Louis de Roubaix.

En 1774, la famille Polschet possédait également la forge du Marteau, aujourd’hui détruite, et a fait construire le château Maillard en brique et pierre bleue.

Les « tours de garde » du château Maillard était auparavant visibles depuis la route. Elles sont à présent cachées par une haie d’arbre touffus.

On aperçoit seulement les dépendances du château, l’étable, le fenil et une grange.

La laiterie d’Eppe Sauvage a été construite à la fin du 19e siècle, quand cette activité prenait de l’ampleur dans le village. Elle a depuis été transformée en habitation.

La Mairie a été édifiée en 1839, l’ancienne école des filles a été ajoutée en 1902. La pierre bleue – typique de l’Avesnois – est utilisée en soubassement, en encadrement, et pour les linteaux des ouvertures et sur la corniche.

Au centre du village, à deux pas de l’église, je vous invite à découvrir le chaleureux (et très rose ;-)) café « La vie sauvage » (ouvert du mercredi au dimanche). Outre de bons produits locaux à déguster, vous y trouverez un espace dédié à la région et à la visite de l’église en réalité virtuelle.

Édifiée aux 16e et 17e siècles, la massive église Saint-Usrmar est inscrite aux monuments historiques depuis 1947. Entrez-y si la porte est ouverte : vous allez être surpris.e !
L’église Saint-Ursmar d’Eppe-Sauvage
L’église est dédiée à saint Ursmar ou Ursmer, dont une statue en bois du 16e siècle se trouve en bout de la nef. Saint Ursmar, né vers 644 près d’Avesnes-sur-Helpe, mort le 18 avril 713 à Lobbes en Belgique, était un moine, évangélisateur de la Flandre et du Hainaut.
L’église, massive, possède un clocher en charpente, son soubassement est constitué de pierre calcaire et la maçonnerie de brique. De l’extérieur, elle semble bien austère…

L’intérieur va vous surprendre par ses couleurs. Les chapelles situées de part et d’autre du chœur sont voûtées en brique avec des nervures en pierre, tout comme le chœur.

Remarquez dans la nef, le joli chemin de croix peint sur toile : il date du 19e siècle.


La frise murale, de même que les peintures de l’Agneau Pascal et du Pélican (symbole de l’amour du Chist), ont été réalisés en 1936 par un artisan de Trélon, monsieur Trischer.


On peut s’étonner du nombre de pierres tombales disséminées dans l’église. Elles proviennent de l’ancien cimetière qui se situait auparavant autour de l’église. Ce sont celles d’anciens prêtres et des maîtres des forges, notamment de la famille Polschet.
Ainsi un Martin Polschet « écuyer, seigneur de Veaux » (c’est-à-dire de Voyaux) est décédé en 1614 et « Messire Nicolas Philippe Polschet de Voyaux, écuyer » est décédé en 1767.



Il y a aussi dans l’église des statues de saints régionaux : Ghislain (patron des femmes enceintes) et Etton (d’origine irlandaise).

Les autels sont en marbre de Rance (Belgique) reconnaissable parce que veiné de rouge. Celui consacré à Saint Ursmar, en bois peint, est entouré de deux tableaux du début du 17e siècle.


L’église possède deux retables (un dans chacune des chapelles) datés du tout début du 17e siècle. L’un d’eux, dans le transept droit, représente la vie de Saint Ursmar : la naissance du saint, sa nomination en tant qu’évêque, et sa mort au milieu des moines de son abbaye.

On trouve aussi dans cette chapelle, une peinture ancienne « abbaye de Lobbes en 1740 ». Pourquoi donc une représentation de cette abbaye belge sur ce mur ? Parce que Saint Ursmar en a été le premier abbé et y a développé les bâtiments monastiques.

En 1993, pour fêter ses 400 ans, l’église a été restaurée, mais le temps a fait son œuvre et la municipalité va réhabiliter la totalité de son église (et notamment les peintures ?).
Dans le chœur, les vitraux, la croix de procession et la statue de la Vierge datent du 19e siècle.

Sur la tribune d’orgues, un grand retable encadre une descente de croix du 18e siècle.

Dans le transept gauche, chapelle de la Vierge, un triptyque en bois peint – également de la fin du 16e siècle – représente des scènes de la vie de la Vierge.


En face du triptyque de la Vierge a été créé en 1880 une grotte imitant celle de Lourdes, avec sainte Bernadette, offerte par le curé de l’époque et sa famille.


L’église accueille aussi un mémorial pour les soldats et civils nés à Eppe-Sauvage et décédé durant la Première Guerre mondiale.
Arthur Wattiez est ainsi décédé de maladie en captivité à Erfurt, en Allemagne, tout comme Emile Fosset dans le camp de prisonniers de Sennelager. Fernand Godebille est décédé à Negorci, en Serbie, alors que que Allyre Carlier est tombé à Verdun en mars 1916.

Un beau vitrail restauré représente « Sainte Elisabeth de Hongrie qui donne aux pauvres ». La sainte était de la famille des Mérode (dont le château se dresse dans la ville voisine de Trélon). Eppe Sauvage faisait alors partie du marquisat de Trélon. En regardant bien, à droite, en rentrant dans l’église, tout en haut sur les restes d’un très ancien vitrail jaune de la Renaissance, on peut d’ailleurs lire la devise des Mérode : « Plus que jamais Terlon ».

Juste en face de l’église se dresse l’ancien presbytère que les fers d’ancrage date de 1823. Le soubassement, l’encadrement des baies, le bandeau, ainsi que la corniche, sont en pierre bleue.


La « transylvestre » est une large boucle que l’on fait plutôt à vélo, qui part du lac du Val Joly, traverse Eppe Sauvage et la frontière jusqu’à Sivry, puis fait le tour d’un bois. C’est un circuit très vallonné et boisé qui vous emmène dans une nature très riche et sauvage entre France et Belgique.

Sur ce circuit de promenade d’une vingtaine de kilomètres, les richesses naturelles s’offrent au promeneur : forêt, bocage caractéristique de l’Avesnois, petites rivières, lac du Val Joly… Les communes d’Eppe-Sauvage, en France, et de Sivry, en Belgique, se sont véritablement impliquées dans le projet en installant des panneaux informatifs et ludiques.





En avril 1943, deux bombardiers britanniques de la Royal Air Force sont tombés sur le territoire d’Eppe Sauvage.
C’est d’abord dans la nuit du 15 avril 1943 que l’avion Lancaster W4951, au retour d’un raid sur Stuttgart, a été abattu. Il s’est écrasé dans la forêt de Trélon, tuant ses sept occupants – âgés de 20 à 22 ans – qui ont été enterrés au cimetière militaire de Maubeuge (dont l’officier Henry Clement, navigateur).
Deux nuits plus tard, le 17 avril, l’avion Halifax HR663, au retour d’un bombardement sur Pilsen, a subit le même sort. Il s’est écrasé dans la rivière Le Monbliart. Sur les sept occupants de l’avion, le mitrailleur de queue – Graham Willams – a été tué, le mitrailleur de la tourelle supérieure – sergent Neil – a été grièvement blessé, puis fait prisonnier. Les cinq autres occupants, après avoir sauté en parachute, ont réussit à regagner la Grande-Bretagne avec l’aide de la résistance française et belge.

Comme nombre de village de l’Avesnois, le territoire d’Eppe-Sauvage est parsemé de chapelles et d’oratoires (précisément 10 oratoires et 6 chapelles !).



Depuis l’ouest d’Eppe-Sauvage, vous pouvez rejoindre le parc du Val-Joly via une passerelle pédestre.

Le lac du Val Joly, contenu par un barrage en béton armé pour réguler le débit de l’Helpe Majeure, est situé en partie sur la commune d’Eppe Sauvage. Plus vaste étendue d’eau au nord de Paris (180 ha), il héberge de nombreuses espèces d’oiseaux. C’est un lieu de promenade très agréable seul, en famille ou entre amis.
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