Entre Flandre et Artois, Aire-sur-la-Lys déploie ses façades flamandes, ses ruelles pavées et son beffroi classé comme un livre d’histoire à ciel ouvert. Ici, le patrimoine se vit à chaque pas, sur la Grand-Place comme au bord de la rivière. Ville d’eau, de pierre et de mémoire, Aire-sur-la-Lys est une invitation à ralentir, à flâner, à s’émerveiller. Prêt·e à remonter le temps dans l’une des plus belles cités du Pas-de-Calais ?
Lovée entre Béthune et Saint-Omer, Aire-sur-la-Lys est une ville de caractère qui mêle avec charme patrimoine, nature et art de vivre à la flamande. Un peu à l’écart des grands circuits touristiques, elle mérite pourtant le détour — voire même une escapade 😉 Suivez le guide, je vous emmène dans les ruelles d’une ville qui a tant à raconter…
Présentation d’Aire-sur-la-Lys
Aire-sur-la-Lys, c’est d’abord une ville frontalière au destin mouvementé. Dès le Moyen Âge, sa position stratégique sur la Lys en a fait une place forte convoitée. Tour à tour flamande, artoise, bourguignonne puis espagnole, elle est devenue française en 1713, grâce au traité d’Utrecht. Peu après, Louis XIV a demandé à Vauban de la renforcer.
En 1715, Louis XIV a autorisé la construction d’un nouvel Hôtel de Ville, achevé en 1721 et le Beffroi en 1724. Grâce à l’intervention du cardinal de Fleury, ministre de Louis XV, la collégiale Saint-Pierre a été reconstruite en plusieurs étapes jusqu’en 1788. La ville a longtemps accueilli une importante garnison dans ses nombreuses casernes. Le 17 novembre 1722, une ordonnance royale a fixé pour plusieurs décennies les règles de l’urbanisme à Aire. C’est donc aujourd’hui, en grande partie, une ville du début du 18ème siècle.
Mais Aire n’était pas qu’un bastion militaire : elle a aussi été une cité commerçante florissante, réputée pour ses moulins, ses foires et sa collégiale. Cette richesse historique se lit aujourd’hui dans ses bâtiments élégants, ses places pavées et son beffroi classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Aire possède 23 monuments historiques à découvrir !
La collégiale Saint-Pierre
Surnommée la “petite cathédrale”, la collégiale est l’un des plus beaux édifices religieux du Pas-de-Calais. Son orgue monumental impressionne autant que son chœur gothique.
Construite au 17e siècle, l’église a été ruinée lors du siège de 1710, puis par le bombardement du 9 août 1944, les reconstructions successives ont toujours respecté son plan d’origine.


Vue de l’extérieur, la collégiale Saint-Pierre en impose. Avec ses grandes dimensions et sa silhouette élancée, elle domine le paysage d’Aire-sur-la-Lys. L’église suit un plan en croix latine, classique, mais efficace : une nef longue, un chœur arrondi et une façade massive qui dépasse le toit.

Sa façade blanche, en trois niveaux, attire le regard. Au centre, une large fenêtre éclaire la nef. On y voit des écussons, les armoiries de la famille Caverel, et deux dates : 1688 et 1837 — un clin d’œil à l’époque où l’armée utilisait la chapelle.
Le bâtiment mêle grès, briques rouges et pierres blanches, avec des touches décoratives discrètes.


L’intérieur de la collégiale Saint-Pierre est tout aussi impressionnant que son extérieur. Ici, chaque détail raconte une page d’histoire. Certaines peintures d’origine ornent encore les murs et les voûtes, témoins d’un passé préservé.


Au 19e siècle, un homme va transformer l’église : Mgr Édouard Scott, curé irlandais d’Aire pendant près de 60 ans, en a rénové tout l’intérieur avec passion. Il a, entre autres, fait installer une copie de la statue de Saint-Pierre de Rome, qui accueille les visiteurs.

Sous sa direction, l’église se pare de peintures murales, de vitraux colorés, d’un pavage en marbre et d’un mobilier néogothique signé par Auguste Boileau. Le jubé, la chaire, les autels latéraux ou encore le chemin de croix datent tous de cette époque.


Les travaux sont salués à l’époque : on parle d’un style « troubadour » élégant et cohérent. En 1862, la collégiale est classée monument historique, récompensant ce travail de restauration et l’importance du lieu dans le patrimoine régional.



Au 20e siècle, la collégiale Saint-Pierre traverse de nombreuses épreuves. Les premières restaurations débutent en 1907 sous l’impulsion de Pierre Paquet, mais la Première Guerre mondiale interrompt tout. Des vitraux sont détruits, la toiture endommagée. Heureusement, grâce au maire Abel Delbende, l’armée britannique n’utilise pas la tour comme poste d’observation, ce qui évite des dégâts plus lourds.

En 1922, un ouragan frappe l’église, forçant à reprendre les travaux. Dès 1924, la tour et le chœur sont consolidés. L’architecte Huignard poursuit la restauration des balustrades, fenêtres et arcs-boutants. Mais la Seconde Guerre mondiale n’épargne pas le monument. En mai 1940, une bombe allemande souffle le flanc sud. En 1944, ce sont les bombes de la RAF qui détruisent la majorité des chapelles rayonnantes et endommagent le mobilier, les vitraux et les voûtes.

Après la guerre, de nouveaux travaux sont lancés. L’église est enfin rendue au culte en 1954, et le chœur est rouvert en 1981, puis repavé en 1983. Une histoire mouvementée, mais un monument toujours debout !



Malgré la longueur du chantier et des diverses restaurations durant l’époque moderne, la collégiale présente une belle unité stylistique.
Le rez-de-chaussée, la nef, le chœur, les voûtes hautes et la croisée d’ogives sont essentiellement gothiques.
L’élévation est à trois niveaux : grandes arcades, triforium et fenêtres hautes.
Les matériaux sont variés : le grès est utilisé pour le soubassement et les piles de la nef, la pierre calcaire pour celles des bas-côtés et du déambulatoire et de la brique pour les parois entre les chapelles.



Malgré les destructions liées aux conflits militaires, la collégiale possède un riche mobilier, comportant entre autres un buffet d’orgues de 1633, une statue de Notre-Dame Panetière de 1510 et une statue de la Vierge de facture flamande du 15e siècle. La chaire de vérité et le jubé sont quant à eux de 1845.


Le chemin de Croix a été installé en 1851 à la demande de monseigneur Scott.


La collégiale Saint-Pierre d’Aire-sur-la-Lys abrite de nombreuses pierres funéraires de nobles et de religieux.


Sur la gauche, la pierre tombale de Marguerite du Petit-Rieux, décédée en 1447. Le long texte explique qu’elle a fait un don à l’église pour que des prières soient dites en sa mémoire, mais aussi pour que de la nourriture soit distribuée aux pauvres. Les personnages sculptés représentent Saint Marguerite et Marguerite du Petit-Rieux à genoux devant la Vierge.


A gauche, la tombe du chanoine Jean Macarius, dit L’heureux, né à Gravelines et mort à Aire en juin 1616, à l’âge de 63 ans.

Les deux chapelles les plus intéressantes sont la chapelle du Sacré-Coeur et celle du Saint-Viatique.
La chapelle du Sacré-Cœur a été construite entre 1552 et 1559. Elle a d’abord été placée sous le vocable de Saint-Jacques le Majeur, patron de la ville, et l’on y a installé ce qui restait des reliques de cet apôtre. Pour orner la chapelle, les chanoines de la collégiale ont fait peindre en 1594 des fresques représentant l’histoire de saint Jacques.

Par la suite, la chapelle a subi diverses transformations, mais la fresque de Saint-Jacques a heureusement pu passer les siècles sans être détruites.
Dans les années 1840 et suivantes, l’architecte Boileau, le peintre Magnard et le sculpteur Tavernier ont totalement réhabilité la chapelle, installant un autel richement décoré et un retable de bois sculpté.
Une statue du Sacré-Cœur en bois polychrome a été érigée au-dessus de l’autel. La Chapelle a alors été placée sous l’invocation du Sacré-Cœur.

C’est également vers 1843 que les voûtes, les murs et les piliers ont été peints. Malheureusement, ses magnifiques peintures ont été très abimées durant la Seconde guerre mondiale.
Les peintures murales de Saint-Jacques représentent non pas la vie du Saint, mais ce qui s’est passé après son décès : il a été décapité et sa tête, devenue relique, a été transportée jusqu’en France, où elle a permis des miracles.

La chapelle du Saint-Viatique est située le long de la nef latérale, en face de la chapelle du Sacré-Cœur. Les fondations de cette chapelle ont commencé vers 1560.
En 1804, l’abbé Asselin a rétablit la confrérie du Saint-Sacrement, qui aide les malades. Me Scott a donné à cette confrérie le nom de confrérie du Saint-Viatique et lui a attribué cette chapelle. Les travaux d’aménagement de la chapelle ont duré 17 ans, de 1866 à 1883. Ils ont été réalisés par l’architecte Magnard, le peintre Miaux, les sculpteurs Lavernier et Buisine, et le graveur Munier.

Sur la paroi occidentale, on a posé des plaques de marbre rappelant les noms des vicaires de Saint-Pierre depuis 1829 et des enfants de la ville devenus prêtres. Les armes qui figurent de chaque côté sont celles de cardinaux locaux.

Le tableau représente Sainte Isbergue recevant la visite de son frère Charlemagne, peint par l’arrageois Charles Demory. Elle était réputée pour guérir les malades des yeux et de la peau en les lavant avec de l’eau d’une source qui jaillissait sur le territoire du village d’Isbergues, à quelques kilomètres d’Aire-sur-la-Lys.

Au fond de la collégiale, vous trouverez une petite exposition racontant l’histoire de l’église : une maquette, une ancienne bible, des chasubles richement brodées…

Sur la gauche, une bannière créée par les portefaix (les « dockers » du 18e siècle) pour demander la protection de Notre Dame lors de l’épidémie de choléra à Aire en 1849, qui a fait plus de 200 morts.

La collégiale Saint-Pierre est LE bijou d’Aire-sur-la-Lys, vous ne pouvez pas ne pas la visiter 😉
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 4, Place Saint-Pierre 62120 Aire-sur-la-Lys
Horaires : tous les jours de 9h à 17h.
Le Baillage d’Aire-sur-la-Lys
Véritable bijou de la Renaissance flamande, cet ancien tribunal est unique dans le nord de la France. Sa façade sculptée attire tous les regards. Le Bailliage est classé aux monuments historiques depuis 1886.

Au tournant du 17e siècle, Aire-sur-la-Lys est entré dans une période florissante de paix et de grands travaux. Grâce à une économie en pleine forme, la ville a lancé de grands projets qui ont transformé son visage. En 1597, le maire Jacques de Caverel a obtenu l’autorisation de lever un impôt sur la bière et le vin pour bâtir un corps de garde sur la place du marché. Les nombreux artistes et artisans alors présents à Aire ont grandement embelli ce corps de garde.
L’édifice, de style Renaissance et de conception flamande, a été édifié entre 1600 et 1603. On l’appelle communément « le Bailliage », parce qu’à diverses reprises, entre 1634 et 1789, il a servi de siège au tribunal de la circonscription (le « bailli ») d’Aire.
De fines colonnes de pierre bleue supportent des arcades donnant sur la Grand’Place et la rue du Bourg. Le reste est construit en brique rouge et craie blanche sculptée, avec un peu de grès dur gris en soubassement du rez-de-chaussée.

La frise située au-dessus des arcades, finement sculptée, représente les attributs de la Toison d’Or, les initiales de la devise de la maison de Bourgogne (AIFM) et de nombreux trophées d’armes avec des hallebardes, des piques, des épées, des mousquets, des casques… Deux coquilles de Saint-Jacques marquent les extrémités de la frise.
Des personnages mythologiques, mi-hommes, mi-crocodiles, s’affrontent en combat singulier de chaque côté de la bretèche, un élément d’architecture typiquement flamand.

Rue du Bourg, au centre des frontons des fenêtres du 1er étage, deux cartouches « ANNO » et « 1600 » indiquent la date de construction de l’édifice.
Le niveau supérieur est orné de statues : les 3 vertus théologales (Foi, Espérance et Charité), les 4 vertus cardinales (Prudence, Justice, Force et Tempérance), les 4 éléments (Feu, Air, Eau et Terre) et 1 personnage, représentant peut-être Pierre Framery, maître d’oeuvre de l’édifice.

Le baillage accueille l’Office du Tourisme « du pays d’Aire ». Donc, si vous voulez réserver une visite guidée de la ville, du beffroi, de la collégiale, de la chapelle, ou réserver un vélo, etc., contactez l’Office du Tourisme.
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 1, Grand Place 62120 Aire-sur-la-Lys
Horaires : Du mardi au samedi, 9h30-12h30 et 14h-18h. Fermé le lundi et le dimanche.
La Grand Place et l’hôtel de ville
Bordée de maisons aux pignons à redents, la Grand’Place respire l’ambiance flamande. Installez-vous en terrasse pour en profiter pleinement. De tout temps, la Grand Place a été un lieu d’échange de marchandises et de biens. Elle était, et elle est encore, le coeur économique de la cité.
Avec sa forme triangulaire, la place d’Aire-sur-la-Lys nous rappelle le passé fortifié de la ville. Elle est ouverte sur l’ensemble monumental que forment l’Hôtel de ville et le Beffroi.


Après le retour d’Aire-sur-la-Lys dans le giron français en 1713, la ville a obtenu un privilège royal exceptionnel, la construction d’un nouvel Hôtel de Ville. Le projet a été confié à Héroguel, architecte du roi, et l’édifice a été élevé entre 1716 et 1721.
Au fil des siècles, le bâtiment a évolué. Des boutiques ont occupé le rez-de-chaussée jusqu’en 1830 et la bibliothèque municipale les a remplacés en 1891 (elle y est toujours !). La mairie ne prend place qu’au 1er étage de l’aile gauche. La grande salle est devenue la salle des fêtes, la chapelle a été transformée en bureau et le greffe en salle des mariages.
Le fronton est presque aussi haut que le corps de bâtiment. Au départ, y étaient représentés un buste et les armes de Louis XIV… Depuis, les armes de la ville ont remplacé le buste, entourées par la force et la justice. Mais le roi soleil est encore présent : dans la partie haute, on reconnaît une tête d’Apollon, dieu du soleil, emblème de Louis XIV.

Le beffroi a été reconstruit sur l’arrière de l’hôtel de ville. De style baroque et carré, il a été construit en même temps que l’Hôtel de Ville auquel il est accolé et avec lequel il communique.
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Grand Place 62120 Aire-sur-la-Lys
Horaires : L’hôtel de ville est ouvert du lundi au vendredi de 8h à 12h et de 13h30 à 18h, et le samedi de 9h à 10h. Fermé le dimanche.
Le Beffroi
Majestueux et élancé, le beffroi trône sur la Grand-Place, symbole de l’émancipation des villes flamandes. Le guetteur qui s’y installait était chargé de surveiller les alentours et de donner l’alerte en cas de danger, d’incendie…

Le beffroi actuel, en briques et pierres, a été construit en 1724, avec son horloge et son carillon. Restauré de nombreuses fois, il est classé au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2005 et culmine à 58 mètres de haut.

Suivez-moi, nous allons grimper les 236 marches du Beffroi (pfiou !). J’ai pu bénéficier d’une visite guidée organisée par l’Office du Tourisme d’Aire. Il nous a raconté l’histoire mouvementée du beffroi.
Regardez bien… Est-ce que l’un des chiffres vous semblent différent de d’habitude ?

Le beffroi comporte 7 étages. Au 3e niveau, on trouve le tambour de ritournelles du carillon et le mécanisme d’horlogerie d’Henry Lepaute (un horloger français qui était également ingénieur-mécanicien spécialisé dans les phares).

Au 4e et 5e niveaux se trouvent les cloches, deux grosses cloches et le râtelier des quatorze cloches du carillon. Tous les quarts d’heure, on entend le carillon du beffroi chantonner, il rythme la vie des habitants d’Aire-sur-la-Lys. Si vous êtes mélomane, vous reconnaîtrez facilement « Il pleut bergère ». Pour les autres mélodies… c’est une découverte 😉

La plus grosse cloche, la « bancloque », pèse 500 kg. Elle était utilisée pour la publication des « bans », mais elle annonçait aussi le début et la fin des heures de travail. Maintenant elle sert à annoncer les heures et les demi-heures.

La plus grosse cloche du carillon pèse 260 kg, la plus petite 26 kg. Sur les cloches, on distingue le blason, des feuilles de vigne, des guirlandes de roses ainsi que des personnages. Ce sont les cloches supérieures qui jouent les différentes ritournelles.


Des panneaux disséminés sur les murs vous racontent l’histoire du beffroi et de la ville, intimement liés, les incendies de 1872 et de 1914, les missions des guetteurs, l’agrandissement de la ville et la place du beffroi…


Au 7e niveau, on accède à l’intérieur du campanile, vaste pièce octogonale où une table d’orientation vous indique où il va falloir regarder pour distinguer les terrils, le marais audomarois ou les collines d’Artois.

Vous avez désormais accès au plus beau panorama de la ville, ses admirables monuments historiques, ainsi qu’une vue imprenable sur les alentours. Un horizon exceptionnel des terrils du bassin minier aux monts de Flandre…


Et, bien sûr, vous pouvez observer la Grand-Place et le toit de l’hôtel de ville (en tout cas, son fronton, qui paraissait si grand tout à l’heure).

Avant de redescendre, levez la tête pour admirer la structure en bois et acier de la charpente du campanile.

Il est possible de visiter le beffroi le week-end et durant les vacances : réservez auprès de l’office du tourisme. Cette visite n’est pas autorisée pour les enfants de moins de 12 ans pour des raisons de sécurité et impossible pour les personnes à mobilité réduite.
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Grand Place, 62120 Aire-sur-la-Lys
Horaires : d’avril à septembre, le samedi à 15h. En juillet, août et septembre, visites supplémentaires le mardi et le jeudi à 15h. Et sur demande, toute l’année, à l’office de tourisme.
Tarifs : 2€ pour les adultes / 1€ enfants et étudiants.
La chapelle Beaudelle
Face à la Lys, dans un cadre paisible, la chapelle Beaudelle attire le regard. Construite en 1877 dans un style néo-gothique, elle est liée à l’histoire généreuse d’un habitant d’Aire : Jean-Baptiste Beaudelle. À sa mort, il lègue toute sa fortune pour créer un hospice dans sa ville natale. Une chapelle est bien sûr prévue pour accompagner le lieu.

Située place du Rivage, elle occupe un endroit stratégique : ce secteur fut, jusqu’au 20e siècle, le vrai port de la ville, où les marchandises arrivaient par la Lys, avant d’être déchargées sur les quais.

Aujourd’hui, la chapelle a changé de rôle. Rénovée en Centre d’Interprétation Touristique, elle est devenue le point de départ idéal pour explorer Aire-sur-la-Lys. On y trouve deux tables tactiles interactives, avec plus de 50 lieux d’intérêt à découvrir, classés par thème et présentés de façon ludique et claire.

À l’intérieur de la chapelle Beaudelle, vous trouverez aussi une reproduction du plan-relief de la ville d’Aire-sur-la-Lys (l’original est installé au Palais des Beaux-Arts de Lille). Cette maquette montre la ville telle qu’elle était en 1745, avec ses remparts, rues et bâtiments fidèlement reconstitués. Un seul regard suffit pour comprendre l’évolution de la ville à travers les siècles.


Et enfin, quatre vidéos thématiques, mêlant archives historiques et images tournées par drone, sont projetées sur grand écran. Une immersion visuelle pour mieux découvrir l’histoire et le patrimoine d’Aire-sur-la-Lys.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Place du Rivage 62120 Aire-sur-La-Lys
Horaires : pendant la saison estivale du mardi au dimanche de 10h à 12h et de 15h à 18h30.
Tarif : L’entrée est gratuite.
L’église Saint-Jacques
Son nom complet vaut le détour : Église Saint-Jacques-le-Majeur-et-Saint-Ignace-de-Loyola !
L’église Saint-Jacques est l’ancienne chapelle du collège des Jésuites, qui a été actif entre 1615 et 1762. Sa construction, longtemps retardée par les guerres, n’a commencé qu’en 1682. Grâce au soutien de la famille de Caverel, les travaux ont avancé rapidement. La chapelle a été terminée en 1688.
La façade en pierres blanches est constituée de 3 étages. Au milieu du 2e étage, des écussons portent les armes des Caverel et les dates 1688 et 1837 (l’Armée a utilisé la chapelle de 1795 à 1837).


Après le départ des Jésuites, le bâtiment a connu de nombreux aléas et c’est la mobilisation des Airois, notamment à travers le Comité de Sauvegarde créé en 1975, qui a sauvé l’église de la ruine.

L’église Saint-Jacques est l’un des monuments les plus caractéristiques du style baroque néerlandais, ouvert, lumineux et sobre.
L’église a été désacralisée et vous pouvez y admirer durant l’année des expositions variées.
On retrouve exposés 14 panneaux sculptés en bois doré du 18e siècle, récemment restaurés, qui proviennent de la Collégiale Saint-Pierre. L’autel, les stalles, les lustres et la chaire ont été installés en 1853.


Mais c’est surtout le fond de l’abside qui attire l’attention : une œuvre saisissante, « La Gloire », créée en 1858 par un artiste local nommé Magnard, recouvre tout un mur.

INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 21, rue de Saint-Omer 62120 Aire-sur-la-Lys
Horaires : Ouverture et visites guidées d’avril à septembre, selon le programme d’exposition. Renseignez-vous auprès de l’Office du Tourisme.
Tarif : l’entrée est gratuite.
Mais Aire-sur-la-Lys, ce n’est pas que des pierres : c’est aussi une ville d’eau et de verdure. La Lys serpente doucement autour des maisons, créant une atmosphère paisible. On y croise des cygnes, des pêcheurs, et même parfois des canoës.
Pour une pause nature :
- Baladez-vous dans le jardin public, ombragé et fleuri.
- Plongez dans les étangs des Ballastières
- Empruntez les berges aménagées de la Lys ou explorez les alentours à vélo.
Le jardin public d’Aire-sur-la-Lys
Depuis 2022, le jardin public d’Aire-sur-la-Lys a changé de visage. Cet espace vert de 5 hectares est devenu un lieu incontournable pour les familles, les sportifs et les promeneurs.



Les chemins sont larges, accessibles aux poussettes et aux personnes à mobilité réduite. La mare, transformée en véritable plan d’eau avec un joli jet, apporte fraîcheur et sérénité. Les plantations, elles aussi, ont retrouvé leur éclat.


Le parc propose désormais une plaine de jeux moderne avec tyrolienne, un parcours sportif de 14 points pour bouger en plein air et un grand skate-park au fond du jardin, près du city-stade.


Vous pouvez flâner au bord de l’eau, observer les différentes essences d’arbres ou vous poser sur les bancs, les fauteuils ou même des chaises longues.


Et vous croiserez sans doute d’étranges murs en brique. Ces anciennes « portes-mitraillettes » permettaient aux nombreux militaires qui stationnaient à Aire-sur-la-Lys aux 19e et 20e siècles de s’entraîner au tir.

Des panneaux explicatifs transparents permettent de redécouvrir les principaux monuments de la ville.

Le jardin public d’Aire- sur-la-Lys se trouve le long du boulevard de la Manutention. Trois entrées permettent d’y pénétrer. On peut se garer sur la place du Château ou allée du Parc. Il dispose de toilettes sèches gratuites.
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Boulevard de la Manutention
Horaires : du 1er avril au 30 septembre, de 9 h à 21 h. Du 1er octobre au 31 mars de 9h à 17h.
Les étangs des Ballastières
De nombreux marais s’étendent aux portes de la ville. Ces paysages verdoyants dessinés par les saules, frênes, aulnes et peupliers, abritent une faune caractéristique : vanneaux huppés, grands cormorans, cygnes, colverts, foulques macroules, hérons cendrés, tourterelle des bois, lapins et hérissons cohabitent dans ces espaces où la terre se mêle à l’eau.


Au nord de la ville, les étangs, issus de l’extraction de ballaste, forment une réserve naturelle sur 109 ha nommé « Les Ballastières ». Vastes plans d’eau entourés d’une végétation semi-aquatique, ils constituent un site privilégié pour l’observation des oiseaux et un petit paradis pour les pécheurs. Les étangs abritent des poissons des gardon, brème, carpe, brochets et perches.


Les Ballastières offrent un paysage unique, qui change au fil des saisons. Ces anciennes carrières de graviers sont aujourd’hui devenues un véritable havre de nature et de loisirs.



Peu à peu réhabilité, le site est préservé et valorisé pour favoriser la biodiversité. On y a installé une roselière, créé des mares, et même introduit des bovins rustiques pour entretenir les espaces naturellement. Une partie du site est fermée pendant la saison de nidification (du 1er avril au 30 juin), pour respecter le rythme de la faune.


Des sentiers balisés vous invitent à explorer ce décor vivant et apaisant. Et pour les curieux, un poste d’observation ornithologique permet d’admirer les nombreuses espèces d’oiseaux qui ont fait des Ballastières leur maison.



Un lieu à découvrir, entre détente, silence et émerveillement.

Le site est géré par Eden 62 qui en programme une visite 3 fois par an. Le reste de l’année, l’Office de Tourisme d’Aire-sur-la-Lys peut proposer des visites thématiques du lieu.
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Chemin de la Ballastière 62120 Aire-sur-la-Lys
Horaires : le site est ouvert toute l’année, mais une partie est inaccessible au printemps, en période de nidification.
Promenade architecturale à Aire-sur-la-Lys
Terminons notre découverte d’Aire-sur-la-Lys par une promenade. Chaque rue raconte un chapitre du passé. La ville offre une pause hors du temps, idéale pour les curieux, les flâneurs et les amateurs de patrimoine.
A partir du jardin public, boulevard de la manutention, nous longeons les anciennes casernes militaires, devenues logements civils depuis bien longtemps.
(Vous pouvez suivre la promenade « à livres ouverts », une balade d’une durée d’une heure et demie qui vous invite à la découverte du patrimoine d’Aire-sur-la-Lys au travers de panneaux d’interprétation).



Deux rivières, la Lys et la Laquette, traversent la ville et renforcent son charme.




Impossible de visiter Aire-sur-la-Lys sans tomber sous le charme de son centre historique. Le centre-ville d’Aire-sur-la-Lys a gardé tout le caractère des villes flamandes du Moyen Âge. Entouré par les boulevards modernes qui ont remplacé les anciennes fortifications, il offre un labyrinthe de rues étroites, courtes et parfois sinueuses.

La ville s’organise autour de nombreuses places animées : la Grand-Place, la place Saint-Pierre, la place du Rivage, ou encore la place du Château… Autant de lieux de vie qui donnent du rythme à la cité.

Le cœur historique, autour de la rue du Bourg, se trouve légèrement au sud de l’ancien tracé des remparts.



En haut : dans le passage Hunnebelle se situe une charmante petite maison qui présente une équerre, un compas et un rabot semblant indiquer qu’un maître d’oeuvre habitait là en 1704.
En bas : au 6, Rue de Saint-Omer, cet immeuble du 18ème siècle était une auberge qui accueillait
les pèlerins comme l’indiquent les enseignes : le voyageur et le bourdon.

En effet, depuis le 9e siècle, Aire-sur-le-Lys se trouvait sur la route que prenaient les pèlerins anglais pour se rendre à Compostelle.


A gauche : au n°10 de la rue Saint-Pierre, une belle construction datée de 1759, en pierre et en brique. C’est l’hôtel particulier des barons Dard, tous deux maires de la ville.
A droite : dans le passage des Hallettes, vous pouvez distinguer Notre-Dame-de la Délivrance derrière une vitre.

Nous nous rapprochons de la collégiale Saint-Pierre… dans la rue Saint-Pierre.

Là aussi, pas mal de maisons anciennes sont encore debout, dont une, au 8, place des Béguines, qui porte l’année 1723 juste en dessous de son toit, encadrant deux petits personnages.


A côté de la collégiale, le collège Saint-Marie a été construit par les Jésuites entre 1621 et 1639. L’ensemble scolaire est installé dans un vaste bâtiment de brique et de pierre représentatif du style classique régional. Pour l’anecdote, l’écrivain Georges Bernanos (auteur de Sous le soleil de Satan et Journal d’un curé de campagne) a effectué une partie de sa scolarité au collège Sainte-Marie.

Deux plaques vissées sur la façade du bâtiment principal commémorent la mémoire des 18 militaires décédés durant la Bataille de la Lys, autour de la collégiale, le 23 mai 1940. Parmi eux, des soldats du 9e Bataillon de Chars de Combat, originaire de Verdun, des tirailleurs marocains, et des soldats d’un groupe de reconnaissance de corps d’armée, des éclaireurs originaires de Compiègne.

A droite : au 7, rue de Saint-Omer, cette maison classée est typique de celles reconstruites à Aire après 1713. Cette maison de 1716 a servit de « prototype » à Héroguel, l’architecte de l’hôtel de ville. Les enseignes sont décorées des attributs de l’ébéniste et du faïencier.

A gauche : l’Hospice de Saint-Jean-Baptiste, fondé au 12e siècle, qui accueillait les malades, les infirmes et les indigents. A partir du 18e siècle, il a reçu les soldats blessés et malades. La porte est magnifique avec ses bas-reliefs de feuillages. La façade du bâtiment présente des pilastres corinthiens.

Le secteur navigable de la Lys, entre les Grands Moulins et la Porte de l’eau, constitue depuis le Moyen Âge le lieu d’implantation privilégié du commerce et de l’industrie. Le 19e siècle, marqué par un essor industriel sans précédent, a vu s’élever brasseries, tannerie, vannerie, scierie, et fonderie le long des rives de la Lys.



Terminons par de petits « coups de coeur » personnels…
Au 32, rue du Bourg, la façade insolite de la maison dite « la maison des têtes ». En 1865, son propriétaire, horloger-orfèvre, a sculpté en s’inspirant très librement des styles romain, gothique, néo-gothique et
mauresque, la porte d’entrée, les volets et les motifs ornementaux de la façade.

Un décor exubérant, pseudo-médiéval, se déploie sur un damier de briques rouges et noires.


Le joli tympan coloré du fronton de la marbrerie Decorvée Boudry, en marbre polychrome, date de 1880.

Quelques vestiges des fortifications sont encore visibles, car ils ont survécu au démantèlement réalisé au 19e siècle. La porte de Beaulieu est une porte d’eau qui faisait partie de l’ancienne enceinte d’Aire-sur-la-Lys et contrôlait l’entrée des eaux de la Lys dans la ville.


Si vous appréciez de vous promener au bord de l’eau, poussez jusqu’à la halte fluviale, lieu de promenade encore trop méconnu.





Il existe d’ailleurs plusieurs sentiers de randonnées à Aire et autour de la ville.
En conclusion…
On vient à Aire pour admirer son architecture flamande, pour déguster une carbonade en terrasse, pour s’émerveiller devant la collégiale, ou tout simplement pour prendre le temps. Et on repart souvent avec l’envie… d’y revenir.
Entre patrimoine, nature et douceur de vivre, Aire-sur-la-Lys est une destination idéale pour un week-end en Hauts-de-France. N’attendez plus pour découvrir cette ville pleine de charme – et de surprises !
Puisque vous êtes dans le coin, passez un week-end à Béthune, découvrez Lillers la ville de la chaussure, ou passez une journée à Arques, voire un week-end à Saint-Omer.
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