Belgique, Insolite et Terroir

Le Musée de la rubanerie de Comines, en Belgique

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À Comines, le ruban n’est pas un simple détail de mercerie : c’est une véritable histoire locale, faite de métiers, de gestes et d’ingéniosité textile. Le Musée de la Rubanerie cominoise vous plonge dans cet univers à travers un parcours vivant, où l’on découvre l’évolution du tissage et l’incroyable variété d’usages du ruban au fil des siècles.

Entre patrimoine industriel, machines impressionnantes et savoir-faire transmis avec passion, la visite a ce petit quelque chose de fascinant… même si vous n’êtes pas du tout expert en textile !

La rubanerie à Comines : une histoire de reconversion… puis de succès mondial

À Comines, le textile ne relève pas du folklore : il a longtemps façonné la ville. Dès le Moyen Âge, la cité est une place drapière en rivalité avec Ypres. Mais en 1367, une ordonnance réserve à Ypres les draps de grande largeur : Comines doit alors s’adapter et se spécialiser dans des pièces étroites (moins de 30 cm).

Musée de la rubanerie cominoise, les différentes matières tissées

Cette contrainte devient une opportunité, et le ruban prend peu à peu de l’importance. Après la séparation de la ville en deux en 1713 par le traité d’Utrecht (la Lys devenant une frontière), un marchand de lin originaire d’Ypres, Philippe Hovyn, obtient en 1719 l’autorisation de créer une manufacture de rubans à Comines, notamment pour viser le marché français en contournant certains droits de douane.

Les métiers se multiplient, et la rubanerie cominoise finit par rayonner très loin : au début du XXe siècle, le ruban utilitaire fabriqué ici représente une part énorme de la production mondiale. On parle alors des fameux « Bleus Vintes », surnom donné aux rubaniers reconnaissables à leur grand tablier bleu, symbole d’une époque où Comines s’impose comme une référence.

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Aujourd’hui, la rubanerie cominoise compte encore de nombreuses entreprises en activité, avec les entreprises du groupe Fauchille et Sigier-Capelle.

La naissance du Musée de la Rubanerie

Quand l’industrie textile entame sa grande transition technologique et que de nombreuses machines anciennes risquent tout simplement de partir à la casse, un homme décide de « vaincre l’indifférence » : Simon Vanhée (1923–1994). Son idée est simple et précieuse : préserver ces mécaniques, mais aussi la mémoire et les gestes qui vont avec.

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Soutenu par la Société d’Histoire de Comines-Warneton, la Ville, ainsi que des industriels, ouvriers et passionnés, il pose les bases du musée et en devient le premier conservateur.

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Le 20 juillet 1985, le musée ouvre : un lieu de collecte, d’inventaire, de conservation et de mise en scène d’un savoir-faire local. Avec le temps, cette démarche est reconnue officiellement : depuis 2008, le musée est reconnu par la Fédération Wallonie‑Bruxelles.

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Le musée de la rubanerie aujourd’hui

Le Musée de la Rubannerie à Comines est un musée atypique présentant des métiers à tisser toujours fonctionnels. Véritable atelier vivant, il est le seul à proposer cette expérience en Belgique, voire en Europe.

Le grand atout du Musée de la Rubanerie cominoise, c’est d’ailleurs qu’il ne se contente pas d’exposer : il fait fonctionner. Les pièces maîtresses, ce sont les métiers à tisser, dont certains datent des années 1700 : on en découvre plusieurs dizaines, avec l’évolution des techniques au fil des siècles.

Et surtout, on réalise à quel point le ruban est partout : lacets, mèches, sangles, étiquettes, volets roulants, ceintures de sécurité…

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Le musée propose des QR code à scanner pour écouter des audioguides décrivant les différents métiers, ainsi qu’un jeu de piste pour les plus jeunes.

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La visite guidée, quant à elle, se déroule de manière chronologique. Les premiers métiers manuels, souvent très beaux, occupaient la pièce principale de la maison.

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Le métier à barre se compose d’un bâti à l’intérieur duquel des cames, doublées d’un arbre à came en croix, donnent le mouvement aux navettes. Cette mécanique s’actionne grâce à un mouvement de bielle entraîné par la barre.

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Les métiers à aiguilles, venus de Suisse et d’Italie, ont petit à petit remplacé les métiers à navettes.

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Ce métier « à demi-lune » possède un battant à crémaillère. La navette a un mouvement de demi-lune.

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Autour de ces machines, le musée présente des vitrines de navettes, des échantillons de rubans multicolores, des documents historiques, ainsi que des outils et appareils utilisés pour la préparation et la finition du ruban.

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La visite ouvre aussi des portes inattendues : procédé Jacquard avec ses cartes à trous, techniques de tressage, et même l’histoire (surprenante) de la fermeture à glissière.

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Le fonctionnement des tresseuses permet la réalisation du simple lacet aux câbles les plus divers. 

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Durant la visite, vous entrez aussi parler du « marmouset ». Cette poupée appartient au folklore local. Elle fait référence à l’apprenti rubanier revêtu de la tenue traditionnelle du rubanier. 

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Le musée de la rubanerie de Comines est un lieu vivant, guidé par des bénévoles et anciens rubaniers qui transmettent avec passion, et qui s’adapte à tous les publics — des enfants fascinés par les machines aux techniciens et artistes curieux de comprendre les gestes et les matières.

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Que vous soyez en fauteuil roulant, malentendant, malvoyant, ou que vous ayez des besoins spécifiques, le musée s’engage à rendre votre visite aussi enrichissante que confortable.

Le musée de la rubanerie organise des expositions et des événements tout au long de l’année. Rendez-vous sur sa page facebook pour connaître son agenda.

A VOIR A PROXIMITE :
Vous êtes juste en face de la jumelle de Comines, en France, où vous pouvez admirer la surprenante église Sainte Chrysole. Et vous êtes à équidistance d’Armentières (et son beffroi), de Wambrechies, pour vous promener, et de Tourcoing, où vous pouvez passer la journée.

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