Le Musée franco-américain de Blérancourt, installé dans le château de Blérancourt au cœur de l’Aisne, raconte une page méconnue et pourtant essentielle : les liens tissés entre la France et les États-Unis, notamment autour de la Grande Guerre et de la reconstruction.
Unique en France, ce musée incarne l’amitié et les liens profonds qui unissent la France et les États-Unis depuis des siècles. Plus qu’un simple musée, c’est un véritable mémorial qui célèbre les idéaux partagés, les épreuves traversées ensemble et les échanges culturels qui ont façonné l’histoire de nos deux nations. Pour les passionnés d’histoire et les touristes en quête de sens, Blérancourt offre une immersion fascinante dans un chapitre essentiel des relations internationales.
Le château de Blérancourt
Les premières traces de la seigneurie de Blérancourt remonteraient à 1445. À l’initiative de Bernard Potier de Gesvres et son épouse Charlotte de Vieux-Pont, un nouveau château a été construit à partir de 1612 sur des vestiges médiévaux. Déclaré bien national en 1792, le corps principal du château a été démantelé, puis ses matériaux vendus.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, la région de l’Aisne est durement touchée. En 1917, le château de Blérancourt, situé à quelques kilomètres des lignes de front, devient le quartier général pour le Comité Américain pour les Régions Dévastées (CARD) avec l’arrivée de la riche Américaine Anne Morgan, qui s’est installée dans les ruines…
C’est ici que l’action bienveillante d’Américains francophiles va prendre une forme concrète et profondément humaine.



Pourquoi Blérancourt est-il un lieu clé de l’amitié franco-américaine ?
L’action d’Anne Morgan ne s’arrête pas à l’aide humanitaire. Elle perçoit l’importance de ce lieu comme un symbole durable des liens entre la France et les États-Unis. C’est pourquoi, au lendemain de la guerre, elle prend l’initiative de racheter le château de Blérancourt pour y créer un musée qui pérenniserait cette amitié.
Entre 1923 et 1924, Anne Morgan lance la restauration es deux pavillons du château de Blérancourt afin d’y recevoir comme il se doit les donateurs américains venus découvrir les régions de Picardie en pleine reconstruction.

Dans la foulée, Anne Morgan crée en 1923 l’association Les Amis de Blérancourt, pour enrichir les collections d’un « Musée de la coopération franco-américaine » qu’elle fonde l’année suivante avec son amie Anne Murray Dike. D’abord installé dans le pavillon sud, ce premier musée raconte en miroir deux élans de solidarité : la participation française à la guerre d’indépendance américaine, puis l’aide américaine pendant la Première Guerre mondiale.

Le lieu devient vite trop petit, car les collections s’enrichissent : en 1928, l’association décide de construire un bâtiment sur l’emplacement de l’aile nord, en s’appuyant sur des murs anciens. Ce nouveau musée est dédié à la mémoire d’Anne Murray Dike. En 1929, le château et ses collections sont cédés à l’État français. Enfin, en 1938, un second pavillon est reconstruit côté aile sud : le « pavillon des volontaires », consacré aux souvenirs des volontaires américains, avec notamment une ambulance de l’American Field Service.



Depuis, le projet culturel du musée s’est étendu aux relations artistiques franco-américaines, présentées dans le pavillon Gould, construit en 1989.
Au final, le musée est pensé comme un mémorial franco-américain en deux volets, retraçant les grands temps forts de cette amitié entre les deux pays.


Visiter le Musée franco-américain
Les collections du musée vous emportent dans un voyage à travers l’histoire et les arts.

Le Musée franco-américain du Château de Blérancourt abrite des collections uniques qui retracent plus de trois siècles de relations entre la France et les États-Unis. Elles sont organisées autour de trois grandes thématiques : les idéaux, les épreuves et les arts.
1. Les idéaux des Lumières et la Guerre d’Indépendance américaine

Le premiers thème explique la naissance de l’amitié franco-américaine au 18e siècle autour d’idéaux communs de liberté et de démocratie. Cette amitié naît réellement de la participation militaire française à la Guerre d’Indépendance qui oppose les États-Unis à l’Angleterre (1775-1781).

À la fin de 1776, Benjamin Franklin, chargé de défendre la cause des « insurgés » en France, a été reçu par le roi Louis XVI. Des volontaires appartenant à l’aristocratie française (tel le jeune marquis de Lafayette) se sont enrôlés en grand nombre.
Lafayette en France et le général George Washington aux États-Unis ont incarné cet esprit de liberté et ont œuvré pour l’indépendance américaine.

Le miroir n’est pas seulement un miroir… Les articles de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789) y défilent, tout comme la Déclaration d’indépendance américaine (1776), qui l’a inspirée.

Les collections comprennent des documents historiques rares et des objets d’époque qui illustrent cette période fondatrice.
(La Statue de la Liberté a été offerte aux États-Unis par la France en 1886 en signe d’amitié).

La suite de la visite est consacrée aux « Images d’indiens », car les relations culturelles entre la France et l’Amérique du Nord ne datent pas de la guerre d’indépendance, mais du 15-16e siècle.

François Ier a commandité des expéditions qui ont permis d’explorer la côte atlantique des États-Unis actuels, Terre-Neuve et la côte du Labrador, les rivages orientaux de la Floride…

Une représentation idéalisée de « l’Amérique » en 1745, sous forme d’une femme portant des plumes colorées, tenant une corne d’abondance, assise sur un alligator, symbole de la Louisiane, terres nouvellement conquises par la France.

Cette partie aborde aussi le côté plus sombre des relations entre la France (l’Europe) et les États-Unis, et notamment l’esclavage, et les clichés racistes.
L’abolitionnisme, apparu dans les années 1770 (inspiré, entre autres, par les idées des Lumières de Montesquieu, Voltaire, Rousseau), souhaitait mettre fin au système esclavagiste, tout d’abord en abolissant la traite négrière et le commerce triangulaire, puis l’esclavage lui-même.


2. Les épreuves partagées : de la Première Guerre mondiale à nos jours
Installé dans la section moderne du musée, le second thème présente une grande partie des collections du musée, consacrée aux « épreuves » durant lesquelles la France et les États-Unis ont combattu côte à côte. La Première Guerre mondiale y occupe une place prépondérante.

Au bas de l’escalier, vous êtes accueilli par un buste d’Anne Morgan. Fille du célèbre et richissime banquier américain John Pierpont Morgan, active et indépendante, elle refuse très tôt le mariage puis participe à la fondation d’associations féminines aux États-Unis, soutient des grèves de femmes ouvrières et milite pour le vote des femmes. À la mort de son père, en 1913, elle hérite d’une fortune considérable.
Visionnaire, elle refuse de rester inactive face à la détresse des populations civiles françaises. Dès 1914, elle collecte des fonds pour les victimes de guerre et, en 1917, l’armée française lui confie le domaine de Blérancourt. Anne Morgan, qui a alors 44 ans, y installe des baraquements provisoires et, avec son amie Anne Murray Dike (médecin canadienne), fonde le « Comité Américain pour les Régions Dévastées » (CARD) en 1918.
L’engagement humanitaire d’Anne Morgan était tel qu’elle a reçu la Légion d’honneur en 1924 avec Anne Murray Dike.


Nous y reviendrons, mais faisons d’abord un petit détour par le préambule qui aborde la guerre d’Indépendance américaine et l’aide apportée par les Français. Car cette aide explique pourquoi les Américains ont voulu « rendre la pareille » aux Français durant la Première Guerre mondiale.

Près de 10 000 soldats français ont participé à la Guerre d’Indépendance. Leur présence au siège de Yorktown, du 28 septembre au 19 octobre 1781, a permis au conflit de s’achever par la capitulation anglaise. La France a reconnu l’indépendance des États-Unis d’Amérique dès 1783.

Pendant la Grande Guerre, les États-Unis sont d’abord restés neutres. Le président Wilson n’a engagé les soldats américains en France qu’en 1917.
Pourtant, très tôt des personnalités, comme la célèbre écrivaine Edith Wharton, ont apporté leur aide et des milliers de volontaires américains ont rejoint l’hôpital américain de Neuilly ou l’American Field Service. D’autres se sont battus dans la Légion étrangère ou ont intégré l’escadrille française La Fayette.

L’un des arguments utilisés pour motiver les Américains à s’engager dans la guerre a été de rappeler la participation des Français à la Guerre d’Indépendance.
Ici, une affiche de propagande où l’on voit le marquis de Lafayette serrer la main de « l’Oncle Sam », personnage emblématique des États-Unis.

Cette autre affiche, qui rend hommage aux jeunes gens décédés dans l’American Field Service (de jeunes volontaires américains venus pour sauver des vies sur les champs de bataille de la Première Guerre mondiale), rappelle elle aussi la Guerre d’Indépendance et l’amitié franco-américaine.

On découvre ensuite la création du CARD et son action durant et après la Grande Guerre.
Les huit premières volontaires américaines sont arrivées à Blérancourt en mars 1917. Au total, 350 bénévoles sont venues dans l’Aisne aider les civils en détresse. Filles de bonne famille des États-Unis, elles ont payé elles-mêmes leur voyage en paquebot, leur tenue de travail et leur séjour.

Composées majoritairement de femmes, les équipes du CARD ont apporté une aide précieuse aux sinistrés, distribuant vêtements, couvertures, ustensiles, vivres, outils agricoles, semences et bétail. Orchestrée par Anne Morgan, elles ont participé activement à la reconstruction morale et sociale de la région, redonnant espoir et joie de vivre à des populations éprouvées dans une région détruite à 90 % lors du conflit mondial.


Ces infirmières-visiteuses et conductrices-mécaniciennes ont sillonné la région à bord de Ford-T et de camions Dodge pour secourir, soigner, conseiller la population et ravitailler 130 villages à partir de 5 centres établis à Blérancourt, Coucy-le-château, Anizy, Vic-sur-Aisne et Soissons.


Elles étaient là pour secourir, mais aussi pour reconstruire. Pensant sur le long terme, elles ont également formé la jeunesse en organisant des ateliers de menuiserie, des foyers et jardins d’enfants, des écoles ménagères, des clubs de théâtre, des ciné-clubs, des clubs de scoutisme, des clubs de sports et des bibliothèques qui ont perduré bien après leur départ.

À la tête du Comité pour les Régions Dévastées, Anne Morgan et Anne Murray-Dike ont poursuivi jusqu’en 1924 leur action humanitaire et ont participé à la reconstruction de l’Aisne.

Des volontaires ont créé des bibliothèques publiques à Blérancourt, Vic-sur-Aisne, Anizy-le-Château, Coucy-le-Château et Soisson où des bibliothécaires américaines ont formé leurs collègues françaises.
Anne Morgan s’est inspirée de la New York Public Library dont elle a importé le modèle, jusqu’alors inédit en France : l’accès libre aux ouvrages, le prêt sur place ou à domicile, les sections pour les enfants, des meubles adaptés.

Pour ceux qui ne pouvaient pas se déplacer dans ces bibliothèques, Anne Morgan a fait installer des étagères de livres à l’arrière des Ford T de ses infirmières-visiteuses.
Ce concept importé par Anne Morgan dans l’Aisne en 1920 régit encore toutes les bibliothèques publiques de France.

Dès la création du CARD et les premières levées de fonds, Anne Morgan a eu une idée géniale et pionnière pour l’époque : elle a embauché un photographe et un opérateur cinéma. Ils ont sillonné le département en binôme pour immortaliser l’état de dévastation de l’Aisne et les actions des bénévoles du comité.
En montrant ces reportages aux riches Américains, Anne Morgan a fidélisé ses donateurs et en a convaincu de nouveaux. Il reste des milliers de ces clichés et 12 films au musée franco-américain de Blérancourt.
Anne Morgan était si convaincante que les véhicules ont été offerts par Ford, qui a aussi donné au CARD des tracteurs pour permettre une reprise rapide de l’agriculture. Singer a envoyé dans l’Aisne des machines à coudre. Anne Morgan fait même rénover les terrains de jeu de boules picards…


Ces reportages ont également permis à Anne Morgan de mettre en lumière la compétence, l’utilité, la pugnacité des femmes et leur rôle social, à une époque où la plupart n’avaient même pas le droit de vote.



L’une des pièces maîtresses du musée est une ambulance de l’American Field Service de 1917, un symbole fort de l’engagement des volontaires américains.


Le musée possède un rare drapeau français signé de pilotes français et américains des escadrilles françaises La Fayette et des Cigognes (escadrille Guynemer).
L’« Escadrille Lafayette », une unité de volontaires américains constituée en 1916, avant l’entrée des États-Unis dans la Grande Guerre. L’escadrille, financée par des Américains francophiles, était composée de cinq officiers français et de 38 pilotes américains.

En 1939, Anne Morgan est revenue en France pour créer le Comité américain de secours aux civils, dont une antenne était installée à Blérancourt, une autre dans les Ardennes, et une troisième en Limousin. Lors de l’invasion allemande de mai 1940, le CASC a encadré l’exode des populations civiles vers le Sud et aidé à l’installation des habitants.

En juin 1945, Anne Morgan était de retour en France en juin 1945, au moment de la libération, accompagnée de nombreux volontaires américains et de neuf tonnes de matériel et de vivres. Le CASC a poursuivi son œuvre sociale et humanitaire jusqu’au début des années 1950.


3. Les échanges artistiques et culturels franco-américains
En 1989, le musée a bénéficié d’une rénovation majeure qui a marqué un tournant : les collections se sont davantage ouvertes aux échanges artistiques entre la France et les États-Unis. À cette occasion, l’aile sud a été agrandie grâce à une extension.


Des œuvres d’artistes français en Amérique et d’artistes américains en France témoignent de cette inspiration mutuelle, du 18e siècle à nos jours.

Peintures, sculptures, affiches et objets d’art composent une collection qui illustre la manière dont les cultures se sont influencées et enrichies.


À l’étage, la visite est pensée comme une promenade : un grand mur d’accrochage en bois guide le parcours de façon fluide. Le choix des matériaux — notamment le marbre et le sycomore américain — crée une ambiance calme et lumineuse.





Dans la seconde moitié du 19e siècle, la France a été la destination privilégiée de nombreux artistes américains qui venaient y parfaire leur formation. Les écoles d’arts et les ateliers parisiens attiraient peintres et sculpteurs du monde entier. Les colonies artistiques proches de la capitale (Barbizon, Auvers-sur-Oise, Giverny, Grez-sur-Loing), celles de Honfleur en Normandie, de Pont-Aven en Bretagne, accueillaient volontiers les peintres étrangers.






Avant la Première Guerre mondiale, les artistes américains ont continué à venir chercher des conseils auprès des maîtres français. De nombreuses femmes fréquentaient alors les ateliers des peintres et des sculpteurs.
Durant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux artistes européens ont fui la guerre et le nazisme et ont trouvé refuge et inspiration aux États-Unis, devenus le symbole de la liberté retrouvée.




Les jardins et l’arboretum
Planté en 1986 sur le côté droit du château, l’arboretum rassemble des espèces nord-américaines d’arbres tels que l’épicéa, le gainier du Canada, l’érable ou le chêne rouge.




En 1986, les « jardins du Nouveau Monde » ont été plantés dans les anciens espaces du potager du château. Ces cinq jardins contemporains sont composés de plantes d’origine américaines qui fleurissent successivement du printemps à l’automne.



Le jardin rose (floraison juin-juillet-août). Deux pelouses rectangulaires marquent l’entrée du jardin. Au centre de chacune d’elles est planté un tulipier de Virginie.


Le jardin jaune (floraison juillet-octobre), composé de deux parties.

Le jardin blanc (floraison avril-mai), créé à l’initiative des American Friends of Blérancourt.

Le jardin de la mémoire (floraison fin mai-début juillet). Il se veut un hommage aux soldats, américains, britanniques et français, morts au cours des deux guerres mondiales.

Infos pratiques :
- Durée de visite conseillée : 2 h à une demi-journée
- Stationnement : parking juste en face du musée
- Avec enfants : poussette, toilettes, pause/goûter dans les jardins
- Accessibilité (PMR) : le musée est accessible aux personnes à mobilité réduite. Il faut traverser une longue allée pour parvenir jusqu’au musée en lui-même.
Si vous aimez l’histoire, vous ressortirez avec une vision plus humaine des liens France–Etats-Unis. Mais le Musée franco-américain du Château de Blérancourt est bien plus qu’un musée d’histoire et d’art. J’ai particulièrement apprécié comment, par le biais de l’action humanitaire d’Anne Morgan lors de la Première Guerre mondiale, et la richesse de ses collections, le musée nous invite à comprendre et à célébrer ce lien transatlantique unique.
Une visite à Blérancourt est une expérience enrichissante, qui nourrit l’esprit et le cœur, et rappelle l’importance de la solidarité internationale. ❤️
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : Place du général Leclerc 02300 Blérancourt
Horaires : le château est ouvert tous les jours de 10h à 12h30 puis de 14h à 18h. Fermeture les mardis, 1er janvier, 1er mai et 25 décembre.
Les jardins du Nouveau Monde sont ouverts tous les jours de 8h à 19h.
Tarif : gratuit pour tous. Exposition temporaire : 6€ / 4,50€
Visite de Blérancourt
Après la visite du musée et du jardin, je vous recommande de vous promener dans le village, dans les pas d’Anne Morgan, pour comprendre à quel point « les dames du CARD » ont laissé une empreinte sur la ville et la région.
Le circuit « Sur les pas d’Anne Morgan » relie les 5 centres du CARD (Blérancourt, Soissons, Anizy, Coucy-le-Château et Vic-sur-Aisne) grâce à une signalétique historique, une application mobile et des animations spécifiques.


Un monument commémorant le travail d’Anne Murray Dike, qui a dirigé le CARD, se dresse à gauche de l’entrée du château. Il la représente entourée de villageois et d’enfants, devant le château de Blérancourt. « Anne Murray Dike. Elle sut aimer, consoler et créer ».

La salle des fêtes, située en face du château, porte le nom d’Anne Morgan.

Et l’école a été nommée en hommage à Anne Murray Dike.


L’ancienne halle bâtie par les seigneurs de Blérancourt au Moyen-Âge se trouvait sur le même emplacement que l’Hôtel de Ville actuel. Comme elle menaçait de s’effondrer, le maire a décidé de construire un nouvel hôtel de ville en 1848.



Sous l’escalier, vous pouvez admirer une très jolie fresque de 2017 représentant des soldats français dans les tranchées, dont l’un d’eux, Eugène, écrit à ça son épouse Alice.


L’église Saint-Pierre-ès-Liens, située dans les hauteurs de Blérancourt, date du 16e siècle.

Son porche est encadré d’un riche décor sculpté, aux armes de la famille bienfaitrice, et en particulier de Jeanne Félicie Potier de Gesvres.

Deux dalles funéraires, elles aussi du 16e siècle, encadrent la porte de l’église.

La docteure Anne Murray Dike était tellement attachée à la région qu’elle a demandé à être enterrée à Blérancourt plutôt qu’à Paris, où elle vivait. Décédée d’un cancer en 1929 à l’âge de 50 ans, elle repose sous une tombe simple en marbre gris. Ses pieds sont dirigés vers le château de Blérancourt, ancien siège du CARD. Une plaque de marbre commémorative, rappelant son engagement et son œuvre social, est scellée dans le mur de l’église et surplombe sa sépulture.

L’église possède des vitraux de style art déco de 1926 créé par Louis Mazetier.
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse : 2 Rue de l’Église, 02300 Blérancourt
Horaires : l’église est rarement ouverte à la visite (Printemps de l’Art déco, Journées du Patrimoine…).
Non loin de l’église, sur les grilles qui entourent le cimetière sont attachées des panneaux informatifs dévoilant le patrimoine funéraire intéressant à observer.

Les panneaux informatifs soulignent les aspects décoratifs et les particularités des croix en fonte disséminées dans le cimetière. Et effectivement, certaines sont très jolies.


Le Sous-Lieuteunant Emile Chabeaux, né dans la Meuse, est décédé en mai 1917 d’une maladie contractée en service, à l’âge de 43 ans.

Le sous-lieutenant d’artillerie Ernest Collier est décédé à l’âge de 29 ans à Blérancourt le 2 avril 1918. Né en Afrique du Sud, il avait émigré avec ses parents à Londres.


Robert Briet, né en Seine-Maritime, le 17 juillet 1917. Il avait fêté ses 25 ans huit jours plus tôt.
Né non loin d’Oran, Jean-Baptise Estebe est décédé de ses blessures à Blérancourt le 14 juillet 1917. Il avait tout juste 20 ans.

Né non loin d’Alger et membre du 13e régiment de tirailleurs algériens, Abdelkader Ali Cherif est décédé à Blérancourt le 1er septembre 1944, fusillé par les Allemands. Il avait 28 ans.

Blérancourt a beau être un petit village de l’Aisne, il concentre une histoire étonnamment vaste : celle d’une seigneurie ancienne, d’un château plusieurs fois transformé, puis d’un lieu sauvé des ruines pour devenir un espace de mémoire.
En parcourant le château de Blérancourt et le musée franco-américain, on comprend que le patrimoine n’est pas seulement affaire de belles pierres, mais aussi de liens tissés entre des personnes, des territoires et des époques — de la reconstruction d’après-guerre à l’amitié franco-américaine. Que vous veniez pour l’architecture, pour l’histoire locale ou par curiosité, la visite de Blérancourt vous laissera une impression durable.
Puisque vous êtes dans le coin, passez un week-end à Noyon, visitez la cité des bateliers de Longueil-Annel, parcourez les ruines du château de Coucy ou la ville art déco de Chauny. Vous n’êtes pas loin, non plus, de la belle ville de Soissons.
Cet article vous a donné envie de découvrir le musée franco-américain de Blérancourt ? Enregistrez-le pour plus tard, partagez-le avec un·e ami·e prêt·e à partir à l’aventure… et surtout, n’hésitez pas à me faire part de vos découvertes personnelles !



